Hold-up sur l’eau potable (1/4) : la fin de l’abondance. Par Vincent Held

Alors que l’écologie officielle déclare la guerre aux paysans et à leurs « méga-bassines », de formidables quantités d’eau potable sont tout tranquillement exportées hors d’Europe (et notamment de France) par tanker, à coups de centaines de milliers de mètres cubes. Un authentique pillage organisé – et qui a vocation à se systématiser au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer.

On se souvient en effet que le président français n’avait pas hésité à appeler à un « plan de sobriété sur l’eau » à la faveur d’un mois de février 2023 « au 4ème rang des mois de février les plus secs depuis 1959 », d’après Météo France. Or, il aura suffi de cette annonce alarmiste pour que des records de pluviométrie soient observés dans le pays au cours des mois suivants!

Malgré le caractère tragicomique de ce catastrophisme, l’idée d’un rationnement de l’eau potable en Europe ne doit cependant pas être prise trop à la légère.

Car depuis de nombreuses années déjà, l’eau potable fait l’objet d’échanges internationaux aussi lucratifs que discrets :

« Daniel Zimmer, directeur général du World Water Council à Marseille, affirme qu’il y a de réelles chances pour que des flottes entières de tankers transportent [à l’avenir] de l’eau d’un pays à l’autre. L’expédition d’eau par voie maritime est déjà une réalité, par exemple entre la France et l’Algérie ou entre la Turquie et Israël. (Reuters, février 2007)

Ainsi donc, si l’État français annonce son intention de forcer ses administrés à réduire leur consommation d’eau potable, cela ne l’empêche nullement de laisser des sociétés privées exporter cette « marchandise » à l’étranger à l’aide de tankers, contre monnaie sonnante et trébuchante !

Il faut dire qu’en plus d’héberger le puissant World Water Council, la France se trouve être la patrie de ces deux géants mondiaux de la « gestion des eaux » que sont Veolia et Suez (laquelle aura d’ailleurs co-fondé le World Water Council avec l’ONU et la Banque mondiale). Or, ces deux groupes affichent ouvertement leur ambition de maximiser le commerce international de l’eau potable ! Et ce via leur étroite collaboration notamment avec ces multinationales de l’eau en bouteille toujours assoiffées de nouvelles ressources que sont Coca-Cola et Nestlé…

« Coca-Cola assèche des sources dans un village indigène mexicain – forçant les habitants à acheter de l’eau en bouteille. L’usine d’embouteillage consomme plus d’un million de litres par jour. » (The Independent, septembre 2017)

« Alors que Nestlé extrait des millions de litres de leurs terres, ces résidents [indigènes de l’Ontario] n’ont pas accès à l’eau potable » (The Guardian, octobre 2018)

« En Chine […] les autorités locales creusent des puits plus profonds pour accéder à l’eau potable, un accès devenu plus difficile, car 80% des eaux souterraines des principaux bassins fluviaux sont impropres au contact humain’ […] 85 % de l’eau des principaux fleuves de [Shanghai] était imbuvable en 2015, selon les normes officielles, et 56,4 % était impropre à toute utilisation […] A Tianjin, la principale ville portuaire de Chine du Nord, qui compte 15 millions d’habitants, 4,9% de l’eau seulement peut être utilisée comme source d’eau potable. » (The Guardian, juin 2017)

Marché de l’eau : de gigantesques débouchés mondiaux !

C’est ainsi qu’en mai 2019, la Chambre du commerce chinoise aux Pays-Bas avait expliqué que « les producteurs d’eau en bouteille doivent continuer à s’investir sur le marché chinois ». Après avoir bondi de 43 à 49 milliards (!) de dollars en un an, le marché chinois de l’eau en bouteille devait en effet continuer à croître de quelque 12,5% (soit plus de 5 milliards de dollars !) par année… [2] Une opportunité d’affaires tout simplement colossale !

Or, la Chine n’est évidemment pas le seul débouché pour les exportations de nos multinationales de l’eau en bouteille !

Dès 2009 en effet, une étude du cabinet de conseil McKinsey avait ainsi identifié les quatre marchés prioritaires suivants pour les exportations d’eau potable : l’Inde, la Chine, le district de Sao Paolo au Brésil – et l’Afrique du Sud.

Cette analyse avait d’ailleurs été co-produite par McKinsey « avec le soutien actif de chacun des membres » du Water Resources Group. Or, il faut bien le souligner : ce groupement d’intérêts « hébergé » par la Banque mondiale et animé par le World Economic Forum, rassemble non seulement Veolia et Suez, mais aussi Coca-Cola, PepsiCo, Nestlé, ainsi que Shell et BP (penser ‘tanker’)… et même la Confédération suisse, qui finance d’ailleurs activement les efforts de lobbying des entreprises en question ! [3]

L’omniprésence, au sein des organes dirigeants du Water Resources Group, de Gim Huay Neo, la patibulaire directrice du « Centre pour la nature et le climat » du World Economic Forum, mérite ainsi d’être relevée… Car en 2024, au cours de la session annuelle du World Economic Forum en Chine, celle-ci n’aura pas hésité à réclamer une taxation punitive sur la consommation d’eau ! Au nom de « l’écologie », bien évidemment.

Toujours est-il qu’au niveau de l’UE, l’équivalent du Water Resources Group s’appelle Water Europe et qu’il est, pour sa part, chapeauté par la Commission européenne. Or, là encore, il s’agit de mettre en rapport de grandes entreprises actives dans la commercialisation de l’eau potable (dont Veolia, Suez, Coca-Cola – et Shell !) avec leurs clients potentiels :

« Actuellement, Water Europe est engagée dans quatre activités [sic] de l’Union européenne : la Chine, l’Inde, l’Iran et l’Afrique du Sud. » (Rapport annuel 2018-2019 de Water Europe, watereurope.eu)

Avec l’idée bien arrêtée d’inciter les Européens à réduire leur consommation d’eau au profit de ces partenaires économiques assoiffés d’eau en bouteille.

En 2019, la présidence tournante de l’UE était sponsorisée par… Coca-Cola !

L’on sera donc peu surpris d’apprendre que l’idée de faire payer aux populations européennes leur consommation d’eau « au prix du marché mondial », correspond précisément à un projet déjà esquissé par la Commission de l’UE en 2007 !

« La Commission préconise fortement le recours aux instruments fondés sur le marché […] Néanmoins, indépendamment des ressources financières dont ils disposent, les ménages devraient avoir accès à un approvisionnement en eau adéquat. » [5]

Or, le terme « adéquat » peut revêtir des significations fort diverses…

Mais voyons plutôt ce texte voté par l’Assemblée nationale française le 15 juin 2016, qui expliquait les choses de façon plus précise… et même assez brutale !

C’est ainsi qu’au-delà de la satisfaction de nos « besoins élémentaires », l’accès à l’eau courante pourrait bientôt devenir fortement dépendant des « ressources financières » de tout un chacun ! Or, ces « besoins élémentaires » pourraient être beaucoup plus restreints qu’on ne le pense… Car le « droit à l’eau » tel que défini par l’ONU en 2010 (et auquel se réfère le texte de l’Assemblée nationale ci-dessus) se résume à « l’hydratation et à l’hygiène » des individus. Soit une consommation de l’ordre de 50 à 100 litres par personne et par jour, à en croire le site web de l’ONU. A titre de comparaison, une douche de 5 minutes consommerait 60 litres d’eau et un tour de machine à laver entre 45 et 110 litres

« Peter Brabeck veut taxer l’eau […] Selon lui, chaque être humain a droit à 25 litres d’eau par jour. Quiconque dépasse cette quantité doit payer [une taxe]. Si l’eau n’est pas reconnue comme un bien cher, elle est gaspillée, explique-t-il. » (20minutes.ch, avril 2009)

« Peter Brabeck [le président de Nestlé] a parfaitement raison. […] Cette ressource, l’eau, va devenir plus chère.«  (Doris Leuthard, ministre suisse de l’Environnement, juin 2013) [7]

Une citation plus ancienne, qui remonte à 2005. Si la rhétorique a quelque peu fluctué au cours des années, l’état d’esprit, lui, est bien resté le même…

En fin de compte, il faut bien admettre que l’authentique prédation silencieuse sur l’eau potable actuellement en cours en Europe est parfaitement cohérente avec la multiplication des « compteurs d’eau numériques » que l’on observe aujourd’hui à travers le continent… Car quelle utilité y aurait-il pour tout un chacun à suivre sa consommation d’eau en temps réel, à moins d’un renchérissement drastique du prix de celle-ci ?

« Quand on lui demande si l’eau sera un jour plus chère que le pétrole, M. Chaussade [le directeur général de Suez] répond : « oui, probablement ». » (« L’eau va devenir plus chère que le pétrole« , Financial Times, mars 2017)

Mais les personnes privées ne sont évidemment pas les seules visées par les multinationales de l’eau en bouteille et leurs affidés de la sphère politique…

Consommation d’eau : l’agriculture et l’élevage dans le collimateur !

Car l’agriculture et l’élevage semblent bien, quant à eux, avoir été  totalement exclus du « droit à l’eau » de l’ONU, celui-ci se résumant, comme nous venons de le voir, à « l’hydratation et l’hygiène » des individus. Un état de fait souligné par le « président émérite » de Nestlé Peter Brabeck, entretemps devenu président du World Economic Forum :

« [L’]eau indispensable à l’hydratation et à l’hygiène ne représente qu’1,5% de l’eau utilisée par l’humanité. Pour préserver nos ressources, il est indispensable de donner de la valeur aux autres 98,5% qui servent notamment à remplir les piscines, laver les voitures, arroser les terrains de golf et surtout à l’agriculture. Laquelle, avec l’irrigation, représente 71% de la consommation totale. » (Le « président émérite » de Nestlé Peter Brabeck, en juin 2018) [8]

Ainsi donc, ce plaidoyer de Nestlé – qui met sur un pied d’égalité le fait d’arroser un champ ou un terrain de golfe, d’abreuver une vache ou de remplir sa piscine, est somme toute parfaitement logique.

Il s’agit en effet de réduire au strict minimum la consommation d’eau là où elle rapporte peu (agriculture, élevage, consommation des ménages modestes…), afin de l’offrir, dûment embouteillée, aux populations urbaines aisées de Chine, d’Inde, de la Péninsule arabique, etc.

L’on commence ainsi à comprendre comment, récemment encore, une intervenante un peu ahurie du World Economic Forum a pu comparer l’agriculture et l’élevage… à un « génocide », rien de moins !

Il est au demeurant tout à fait exact que l’agriculture traditionnelle peut aujourd’hui être largement remplacée notamment par des produits de synthèse (viande, lait et œufs synthétiques, etc.) et autres « produits à base d’insectes ». Des solutions à la fois plus rentables pour les investisseurs – et beaucoup moins gourmandes en eau !

Il suffit dès lors de ne pas trop se préoccuper de l’effet de ces productions sur la santé des populations appelées à les ingurgiter, pour comprendre leur époustouflant intérêt commercial.

C’est ainsi que l’eau pourrait finir par se voir rationner, dans nos contrées, au nom d’impératifs écologiques et autres « pénuries » plus ou moins inventées. Par exemple via l’introduction d’une taxation de plus en plus abrupte au-delà de certains seuils de consommation…

A ce propos, il serait d’ailleurs grand temps d’ouvrir enfin le débat sur les opérations de « pulvérisations aériennes » qui se déroulent juste au-dessus de nos têtes… Car ces épandages réputés non-existants – et pourtant largement confirmés par nombre de publications institutionnelles – sont notoirement susceptibles de causer des sécheresses plus ou moins localisées et plus ou moins durables ! Ou, à l’inverse, de fortes précipitations, tempêtes et autres « événements météorologiques extrêmes »

« Récemment, l’ensemencement [de l’atmosphère] a été proposé comme une méthode [pour réfléchir les rayonnements solaires]. Des programmes […] sont en cours dans plus de 40 pays de la planète. » (Publication de l’Organisation météorologique mondiale sur « l’ensemencement [atmosphérique] à l’échelle planétaire« , mars 2017)

Mais il s’agit là d’un sujet à la fois plus vaste et subtil à aborder qu’il n’y paraît – et que nous réserverons donc pour une autre occasion.

« Fin de l’abondance » : une réalité qui tranche avec l’alarmisme politico-médiatique !

Toujours est-il que si l’alarmisme récurrent des médias helvétiques quant à un supposé « manque d’eau » dans le pays est manifestement destiné à une population crédule et mal informée, la réalité est très différente et, au demeurant, fort bien documentée. De fait, la très-discrète « macro-région » européenne EUSALP, qui se trouve inclure l’ensemble de la Suisse, concentre notoirement les principales disponibilités en eau potable d’Europe de l’Ouest.

Toute la question est dès lors de savoir comment acheminer efficacement ces précieuses ressources jusqu’aux infrastructures portuaires qui permettront de les expédier outre-mer…

Ce sera l’objet de notre prochaine publication.

Vincent Held

Références

[1] Énergie fossile : « La fin de l’abondance, d’accord, mais pour tout le monde », Le Monde, 12/10/2022.

[2] « Chinese importers for bottled water | China market opportunities », China Chamber of Commerce in the Netherlands (dccchina.org), 05/03/2019.

[3] « Water Resources Group reçoit un soutien important de la Suisse, puisque 7,4 millions de francs lui sont alloués (2012-2017) au titre des contributions de la DDC. » (Voir p. ex.  « Accès à l’eau. Un droit humain » (interpellation n°18.3203 de la députée Arslan Sibel), parlament.ch, 14/03/2018.) Sur les relations incestueuses entre Nestlé et le Département du développement et de la coopération (DDC) de la Confédération suisse, voir notre Civilisation en crise (2020).

[4] « Water in China: Everywhere and Nowhere », EURObiz (Journal of the European Union Chamber of Commerce in China), septembre/octobre 2012.

[5] « Communication de la Commission au Parlement européen et au Conseil – Faire face aux problèmes de rareté de la ressource en eau et de sécheresse dans l’Union européenne », eur-lex.europa.eu, 18/07/2007.

[6] « Proposition de loi adoptée par l’Assemblée nationale visant à la mise en œuvre effective du droit à l’eau potable et à l’assainissement », senat.fr, 15/06/2016.

[7] Débats du Conseil national sur la motion « Pour une interdiction du négoce de l’eau » (Objet n°11.3705), parlament.ch, 19/06/2013.

[8] China’s Growing Thirst for Water Stirs Backlash Overseas, wsj.com, 05/09/2019

8 réflexions sur “Hold-up sur l’eau potable (1/4) : la fin de l’abondance. Par Vincent Held

  1. C’est simple, ils veulent s’en mettre plein les poches et que nous, les » humains  » on disparaisse. Tous les moyens sont bons pour les eugénistes de Davos.

  2. Pingback: Hold-up sur l’eau potable (1/2) : la fin de l’abondance – Matière à réflexion

  3. Coca-Cola, Nestlé, Mc Kinsey, l’ONU, la Banque Mondiale, le WEF, etc. Ce sont des experts, des lobbies, des financiers et des multinationales mondialistes maçonniques dont le principe moteur est un mythe idéologique. Ils poursuivent un but politico-religieux qui n’a pas d’assise réaliste et rationnelle. Car le mondialisme est une utopie mythologique antique qui ne correspond à rien de sérieux et de raisonnable. Il s’agit d’une vision prophétique d’initiés illuminés sataniques ayant pour vocation d’assouvir leur propre orgueil démesuré et de nourrir à l’infini leurs propres intérêts pécuniers et hégémoniques sur l’Humanité.

    Je ne dis pas qu »il n’y a pas de problème avec l’eau ou l’écologie.

    Ce que je veux révéler, c’est que les personnes qui se sont emparées des manettes dans presque tous les domaines économico-socio-politiques ne sont pas honnêtes, ni fiables, ni morales, ni crédibles. On ne peut pas leur faire confiance. Il leur manque la conscience. Elles fonctionnent par le machiavélisme et le mensonge. L’éditorialiste Nicolas Baverez a écrit dans le Figaro en 2018 que le XXIe siècle sera machiavélien. Venant d’un représentant des superloges, cet avertissement est éloquent.

    L’analyse historique des derniers siècles nous confirme que les projets de l’élite politico-financière, disciple de Rothschild et des loges ésotériques judéo-égyptiennes kabbalo-maçonniques, sont contraires aux intérêts et à la dignité de l’être humain et de l’Humanité dans son ensemble. Les projets gnostico-kabbalistes sont à deux vitesses entre l’élite et l’Humanité. Les élites pratiquent une science nazie sans conscience. Pour eux la morale n’est pas universelle. Ils ont refusé Dieu et le Décalogue. Leur dieu est Lucifer. Le léopard ailé qui se trouve devant l’ONU à New-York est une chimère satanique. La City de Londres est entourée de 14 statues de dragons, emblèmes du Diable. Les élites s’adonnent à des cultes ritualistes pédosataniques.

    Les mondialistes gnostiques essaient de tout regrouper autour d’une minorité d’experts scientifiques cooptés et de décideurs qui reçoivent des consignes sous la menace de serments d’allégeance maintes fois répétés dans les loges. Les consignes sont données lors des réunions de Bilderberg, de la Trilatérale ou de Greenberg, etc. Leurs intentions sont la spoliation, le pillage, la manipulation mentale, l’esclavagisation, les génocides, les pseudo-pandémies, les vaccins ARN-m toxiques, les empoisonnements alimentaires ou par épandages aériens, les guerres, le terrorisme, les perversions, le communisme, etc.

    Chaque nation est souveraine pour gérer les ressources en eau. Les instances supra-nationales criminelles auto-élues ne sont pas dignes de confiance, car elles poursuivent une idéologie mythologique égocentrée contraire aux intérêts communs et à la prospérité universelle.

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