Banque nationale suisse (BNS)

Malgré une structure impeccable et une stabilité qui ont fait leurs preuves, le département fédéral des finances, sous la direction de M. Villiger, s’est attelé de 1996 à 2003 à redéfinir la BNS de fond en comble. Les autorités chargèrent des groupes d’experts successifs de restructurer la politique, la législation, la gestion monétaire, la politique de placement et la distribution des bénéfices de la BNS.
Cette redéfinition du modèle de la BNS s’est soldée par une loi adoptée en 2003, sans avoir été soumise à référendum. Son entrée en vigueur est passée quasiment inaperçue du grand public. D’un jour à l’autre et contrairement à l’esprit de la Constitution, la BNS est ainsi devenue souveraine, ne devant plus rendre de comptes aux autorités…

24 réflexions sur “Banque nationale suisse (BNS)

  1. Bonsoir (vivant aux Philippines, c’est deja la nuit ici ^^). Je suis entrain de lire un article sur le site de la TSR, indiquant que non seulement la BNS investit dans les gaz de schiste aux Etats-Unis (alors que cette energie est pour le moins combattue partout pour ses effets nuisibles tant sur l’environnement que sur les populations avoisinantes…), mais qu’en plus, ses placements pour le moins « hasardeux » lui ont coute la bagatelle de 489 millions de dollars de perte, donc un demi-millard de nos francs plus ou moins !

    D’une part sa charte ethique lui interdit d’investir dans ce genre d’;activites, mais de plus lorsque la BNS est interrogee, elle se permet de repondre « qu’elle n’a pas de comptes a rendre » !!!

    Je trouve pour le moins scandaleux que dans notre democratie directe, l’organe faitier de la finance suisse, s’estime exonere des obligations qu’impose notre systeme politique… Deja lors de la liberation du taux plancher, la BNS a montre son arrogance envers le peuple suisse et ses representants.

    Je peux comprendre que la BNS aie besoin d’une certaine marge de manoeuvre et ne peux conduire une politique monetaire stable, en systematiquement devant rendre des comptes pour tous ses actes… Maintenant lorsque cette administration prend des decisions contraires a sa Charte ethique, ou qui impactent gravement notre economie, j’estime que ses decisions devraient au moins etre discutees, voire meme annulees !

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    • George, la BNS a clairement pris l’option des marchés étrangers. Par ailleurs, elle a installé une agence à Singapour. A mon avis, elle est en train de ruiner la Suisse. Mais ceci est mon avis personnel. Je vous invite à lire mon dernier papier à son sujet: https://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2015/05/21/la-bns-est-fan-de-wall-street-par-liliane-held-khawam/. Par ailleurs, elle a sous-traité son trafic de paiements aux banques privées. Et certaines ont créé une banque privée installée à Francfort. Celle-ci est le passage obligée du trafic de paiement en tout cas européen… https://lilianeheldkhawam.wordpress.com/?s=allemagne&submit=Recherche .
      Bonne découverte…

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      • Bonjour Liliane, après avoir lu aussi tous les commentaires intéressants aussi des liens, je vis aussi en Asie, ce que je constate c’est qu’il y a bien une guerre commerciale mondiale actuelle avec le silence le plus absolu des medias sur la question des monnaies, est dans ce conteste il me semble que la politique de la BSN n’est pas si mauvaise vue le conteste et il me semble quelle est bien la meilleure option dans cette guerre économique, ici je ne veux pas parler de politique, des classes pauvres et riches, parce qu’on est tous dans le même bateau, si l’économie suisse s’effondre, les pauvres n’auront plus d’assistance et la classe moyenne deviendront pauvres et les riches…… seront moins riches et payerons moins d’impôts pour les nouveaux pauvres.

        La BNS a user de son droit régalien de créer plus de 500 milliards « à partir de rien » avec cet argent la BSN a acheter des actions des meilleures entreprises dans le monde, basé uniquement sur la force de la seule puissance reconnue de notre économie, les contrariens diront les actions vont tomber, peut-être bien, mais pas le pourcentage de cette position des actions dans les entreprises.

        La BNS a réussi a enrichir la Suisse et sur ce point personne ne peut nier le fait.

        Les critiques économiques puisses bien être constructive dans un débat économique, mais le fait de décrire une critique sur une base de vue politique c’est la pire des choses pour maintenir une saine économie, sur ce point la meilleure solution à mon avis est bien la indépendance politique de la BNS. le résultat économique confirme.

        Quand la politique sans mêle spécialement avec notre actuel gouvernement plutôt désemparé sur une saine gestion, commence les problèmes.

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      • Bonjour jean! Vous avez raison sur toute la ligne sauf si l’argent qui finance le bilan n’est pas créé de rien mais emprunté au trafic de paiement et aux dépôts des banques auprès d e la BNS. Or, je suis 990,999%1000 que c’est cette dernière hypothèse qui est juste.
        Regardez bien cet article. https://lilianeheldkhawam.com/2016/01/29/bns-taille-et-financement-du-bilan-2015-liliane-held-khawam/
        La BNS a emprunté auprès des marchés pour financer UBS.
        Sauf que depuis 2011, ils passent par le compte de virement des banques. La directive de FINMA sur les liquidités aidant, la BNS finance le marché US avec NOTRE argent et NOS retraites…

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      • Oui Liliane, je crois que mon commentaire était plutôt naïf comme par hasard j’ai lu cet article sur la DWN après avoir écrit mon commentaire, la DWN en admirations de la BNS.

        http://deutsche-wirtschafts-nachrichten.de/2016/09/04/schweizer-notenbank-haelt-mehr-an-aktien-an-facebook-als-mark-zuckerberg/

        Le cas d’école de la UBS est exemplaire. Après tout puisque le système bancaire mondiale est interconnecté se serait aussi illogique de ne pas L’être, la Chine, la Russie, l’Iran, tous des pays potentiellement ennemis, selon les médias, tous dans le même panier. Plutôt ironique la situation, c’est-à-dire que si le système financier plonge, il n’y aura aucun pays survivant financièrement.

        Avec une puissance nucléaire comme la BRI à Bâle ce serait aussi étonnant que la Suisse échappe à cette collusion du casino mondiale.

        Voilà aussi l’explication du pourquoi la BNS a refuser de faire avec les 635 milliards un fond souverain comme la fait la Norvège avec la vente de son pétrole, ( la Suisse n’a que du vent en montagne et dans les grosses banques) en réalité c’est 635 milliards sont inexistants puisque ce n’est que de la monnaie scripturale, ce n’est que du vent comme tout le système financier mondial actuellement, plutôt effrayant soupçon pour commencer une nouvelle journée, je vais dépenser aujourd’hui encore plus mon virtuel » devenu inexistant » argent. (smile)

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      • Jean, cet argent n’est pas du vent. C’est l’argent que la Poste, les banques cantonales, etc déposent auprès de la BNS.
        Cet argent n’appartient pas la BNS. C’est une dette de la BNS auprès du système bancaire suisse.
        D’où la confiscation des dépôts en cas de coup dur. Les dépôts ce sont aussi nos caisses de pension.
        Et c’est pour ça qu’elle ne peut pas faire de fonds souverain….

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  12. En lisant tous les articles consacrés par LHK à la politique monétaire menée par la BNS, on est frappé de prime abord par le penchant de Liliane pour les chiffres et les graphiques. Mais à vrai cela n’est guère surprenant du fait que Liliane est économiste et comme ses collègues elle préfère donner le primat aux faits pour étayer son argumentation. De fait, l’orientation de la politique monétaire suscite des interrogations au cours de ces dernières années du fait que le franc suisse se trouve isolé comme monnaie refuge sur le Continent, alors que la fréquence des crises tend à augmenter. En gros, on reproche à la BNS d’acheter trop de dollars et d’actions américains et parfois des actions en perte de vitesse ou non éthiques (actions du complexe militaro-industriel américain).. Il y a une part de vérité dans cette présentation des faits, mais la situation semble aux yeux du candide que je suis plus complexe pour la BNS dans la mesure où l’institution considérée comme le parangon en matière d’indépendance et de sérieux monétaire se trouve, depuis l’éclatement de la crise des dettes souveraines dans la zone euro, plutôt dans une situation subie que choisie.
    Le mandat de la BNS lui impose de défendre la qualité de la monnaie émise tout en gardant un oeil vigilant sur la conjoncture et tout particulièrement sur l’emploi. Les dirigeants de la BNS continuent à se référer à la stabilité des prix, alors que l’inflation est un mal imaginaire et que la déflation est une vraie menace.
    Il me semble que la politique monétaire suisse a atteint ses limites et qu’aujourd’hui la BNS ne maîtrise plus son destin, car l’efficacité de ses actions est fortement conditionnée par les incertitudes affectant la zone euro, sans doute en raison de la forte dépendance de la Suisse vis-à-vis de l’UE.De ce point de vue, la planche de salut résiderait sans doute dans une diversification des échanges économiques. Mais force est de constater qu’une telle stratégie ne pourrait porter ses fruits qu’à long terme, en attendant le franc pourrait faire souffrir les exportateurs tout particulièrement si les partisans du « leave » l’emportaient en Grande-Bretagne. Le voile d’ignorance sera levé sous peu..
    Plus généralement, la discussion sur le mandat de la BNS pourrait cesser d’être un tabou. S’il est admis que la monnaie est une affaire trop sérieuse pour être confiée à des politiciens préoccupés par le court terme et l’agenda électoral, il est aussi vrai que la gestion de la monnaie confiée à des techniciens non élus au suffrage universel suscite des interrogations, et ce d’autant plus que les dirigeants de la banque centrale prennent des décisions ayant des conséquences économiques, sociales et politiques. En résumé la Suisse devrait résoudre l’équation suivante : mettre à l’abri la BNS des lobbies en tout genre et dans le même temps rendre plus responsables les membres du directoire, quitte à réviser à la baisse leurs rémunérations ou le budget de l’institution en cas de mauvaises décisions au plan technique.

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    • Noël, vous dites « En résumé la Suisse devrait résoudre l’équation suivante : mettre à l’abri la BNS des lobbies en tout genre et dans le même temps rendre plus responsables les membres du directoire, quitte à réviser à la baisse leurs rémunérations ou le budget de l’institution en cas de mauvaises décisions au plan technique. »
      Je suis d’accord avec cette conclusion en ajoutant que les membres du directoire -y c précédents-ne doivent pas bénéficier d’immunité si un jour il était prouvé qu’ils ont fait passer les intérêts de tiers étrangers devant ceux de la Suisse qui les mandate.
      Pour le reste, je ne vais pas revenir sur mes écrits ici. Mais il est facile de prouver l’évolution rigoureuse de la politique de la BNS vers l’adhésion à l’euro.
      Des faits, des rencontres, des choix stratégiques sont là pour le prouver.
      Quant à la politique pro-américaine, je ne peux expliquer les causes mais les résultats sont là.
      Ce que l’on peut lui reprocher est la dichotomie entre son discours pro exportateurs suisses dans la zone euro et les investissements américains.
      Les suisses sont capables d’entendre la vérité et même de l’accepter même si elle les désavantage.
      Mais discourir sur la nécessité d’augmenter la taille du bilan pour des raisons liées à l’euro et agir contre l’euro en soutenant le dollar est difficile à défendre…

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      • La BNS donne l’impression au profane qu’elle tourne en rond. Désormais elle ne dispose que de deux instruments à savoir l’intervention sur les marchés en raison de son pouvoir illimité de création monétaire., et les taux d’intérêt négatifs. Mais force est de constater que cette dernière mesure est fort contestée, sans parler du fait qu’elle est une innovation inédite dans l’histoire monétaire : le prêteur verse des intérêts à l’emprunteur : c’est le monde qui marche sur la tête! A mon sens ces mesures non-conventionnelles constituent un cautère sur une jambe de bois tant que la Suisse reste fortement dépendante de la zone euro, sachant que l’adhésion à l’UE n’a jamais été en odeur de sainteté auprès d’un grand nombre de Suisses. A ce propos le CF vient d’abandonner le projet d’adhésion avec sans doute la bénédiction de la gauche qui y était favorable.. En attendant Godot, les taux d’intérêt négatifs comportent le risque de mettre sur la paille les caisses de pension et les petits épargnants comme votre serviteur : j’ai un compte d’épargne à la BCV détenu en toute légalité (déclaré à mon fisc). La BCV ne m’inverse aucun intérêt, en revanche elle prélève tous les mois 30 CHF

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  13. La BNS donne l’impression au profane qu’elle tourne en rond. Désormais elle ne dispose que de deux instruments à savoir l’intervention sur les marchés en raison de son pouvoir illimité de création monétaire., et les taux d’intérêt négatifs. Mais force est de constater que cette dernière mesure est fort contestée, sans parler du fait qu’elle est une innovation inédite dans l’histoire monétaire : le prêteur verse des intérêts à l’emprunteur : c’est le monde qui marche sur la tête! A mon sens ces mesures non-conventionnelles constituent un cautère sur une jambe de bois tant que la Suisse reste fortement dépendante de la zone euro, sachant que l’adhésion à l’UE n’a jamais été en odeur de sainteté auprès d’un grand nombre de Suisses. A ce propos le CF vient d’abandonner le projet d’adhésion avec sans doute la bénédiction de la gauche qui y était favorable.. En attendant Godot, les taux d’intérêt négatifs comportent le risque de mettre sur la paille les caisses de pension et les petits épargnants comme votre serviteur : j’ai un compte d’épargne à la BCV détenu en toute légalité (déclaré à mon fisc). La BCV ne m’inverse aucun intérêt, en revanche elle prélève tous les mois 30 CHF;

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    • La BNS finance la croissance de son bilan par endettement. Reste le cashflow ou le flux opérationnel déficitaire depuis plusieurs années à cause de ses mauvaises intuitions, mais aussi pcq elle investit dans des obligations d’Etat à rendement nul ou négatif. Mais les marchés n’accepteraient jamais de finnancer l’opérationnel. Il fallait donc la ponction sur les dépôts pour le faire…
      De mémoire, c’est une vache à lait très intéressante car les clients sont captifs…

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