Agriculture: Comment « le prix des pommes subventionne celui du Nutella ». BASTAMAG. Projet de loi. F Ruffin

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Rémunérer enfin les agriculteurs au « juste prix » : telle est l’ambition du projet de loi présenté ce 31 janvier en Conseil des ministres. L’enjeu est de taille alors qu’un tiers des producteurs vivent avec moins de 350 euros par mois et que les agriculteurs font les frais des promotions et des marges réalisées par les grandes surfaces. Ses détracteurs critiquent cependant un texte « sans vision » : une loi peut-elle se contenter de réguler les relations commerciales au sein d’un secteur agro-alimentaire en crise profonde sans prendre en compte les enjeux de santé publique pour les consommateurs, ceux du climat et de l’environnement ? Explications.

Serait-ce un retour en grâce de Philippe Risoli, célèbre animateur pendant les années 1990 de l’émission intitulée « Le juste prix » ? Avec la loi agricole attendue pour le mois d’avril à l’Assemblée nationale, le terme inonde les discours sur le sujet. À commencer par ceux du ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation en charge du texte de loi, Stéphane Travert, qui le présentera ce mercredi 31 janvier, en Conseil des ministres. Mêmes « éléments de langage » au plus haut sommet de l’État, lors de la visite dans le Puy-de-Dôme, jeudi 25 janvier, au cours de laquelle le président Macron a présenté ses vœux au monde agricole : « Chaque agriculteur doit être rémunéré au juste prix payé. Ils ne demandent pas des aides mais de ne pas être le seul secteur où la vente à perte est devenue la règle ».

Consécutif des Etats généraux de l’alimentation qui se sont tenus à l’automne, ce projet de loi se veut le résultat de ce processus de consultation, censé avoir réuni tous les acteurs du secteur pendant cinq mois – et ce en dépit de l’absence remarquée du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, lors de la clôture le 21 décembre dernier. L’objectif : établir de nouvelles « relations commerciales » permettant de redonner un revenu décent aux producteurs. Une véritable gageure à l’heure où un agriculteur sur trois perçoit un revenu inférieur à 350 euros par mois [1].

Comment « le prix des pommes subventionne celui du Nutella »

Pour mieux répartir la valeur dans la chaîne de production alimentaire, le gouvernement met le paquet sur sa mesure phare : la fin des promotions dans les rayons de supermarché. Terminées donc les offres « un produit acheté, un produit offert », la réduction ne pourra désormais plus excéder 34 % maximum. « Il s’agit de lutter contre les promotions excessives qui pervertissent aux yeux du consommateur la notion de juste prix », expliquait ainsi Stéphane Travert dans un entretien accordé au Parisien, la semaine dernière. Le timing est parfait, en pleine polémique sur les pots de Nutella : la semaine dernière, une importante démarque de 70 % sur la pâte à tartiner appliquée par Intermarché avait provoqué ruées et bousculades dans les magasins.

L’épisode illustre un système dénoncé de longue date par les agriculteurs, et dont le PDG de l’enseigne d’hypermarché Système U lui-même s’était fait le contempteur : « Le pot [de Nutella, ndlr] de 400 grammes coûte à peu près 2,40 euros. Toute la distribution française prend une marge de 8 centimes d’euros. Vous prenez 1 kg de pommes, qui est vendu à peu près le même prix. Toute la distribution prend environ 80 centimes. Est-ce que vous trouvez normal que les produits agricoles, dont on fait l’apologie dans le cadre du plan nutrition santé, financent les produits les plus connus issus du marketing ? Nous sommes dans une péréquation infernale », détaillait ainsi Serge Papin dans une interview à Franceinfo. Ou comment « le prix des pommes subventionne celui du Nutella ».

Reste à « voir s’il y a un quelconque retour pour le producteur »

Pour lutter contre cet effet pervers, le gouvernement consacre le tout premier article de son texte de loi à rehausser le seuil de revente à perte. Là où un distributeur était jusque-là autorisé à écraser sa marge, voire à vendre à perte, sur certains produits (parmi lesquels figuraient également les boissons gazeuses), il sera désormais obligé de recouvrir l’ensemble de ses coûts (logistique, personnel, mise en rayon…) à hauteur de 10 % sur tous les produits. L’idée est de lisser l’effort sur l’ensemble des gammes, afin que les agriculteurs ne soient pas ceux qui supportent, seuls, l’impact de la marge : « On peut toujours espérer que cela fera descendre certaines marges excessives sur les produits agricoles ou sur le bio, mais de là à croire à un rééquilibrage… Ce n’est pas en donnant plus de latitude à la distribution que cela se répercute sur la production, on le sait depuis longtemps », analyse Nicolas Girod, secrétaire national à la Confédération paysanne, qui appelle à une évaluation rapide de cette mesure, dans les prochains mois, « pour voir s’il y a un quelconque retour pour le producteur ».

Autre mesure importante, « l’inversion du calcul du prix » telle qu’elle est portée depuis octobre par le gouvernement. Autrement dit, le producteur doit désormais pouvoir proposer son prix à l’acheteur, qu’il soit transformateur ou distributeur. C’est l’article 3 du projet de loi qui invoque les « critères et modalités de détermination du prix » : « Ceux-ci prennent en compte des indicateurs relatifs aux coûts de production, aux prix des produits agricoles et alimentaires constatés sur les marchés et à la traduction de la qualité, de la traçabilité, du respect des cahiers des charges », tel que le résume l’exposé des motifs. Une mesure qui va dans le bon sens, selon la Confédération paysanne, à condition qu’il existe un véritable arbitrage public dans ces relations commerciales. « L’État doit jouer son rapport de force et faire respecter cette disposition pour qu’elle ne soit pas seulement une déclaration de bonne intention », souligne Nicolas Girod.

Vers une remise en cause du label « Agriculture biologique » ?

À part tenter d’instaurer ce « juste prix », la loi demeure muette. Le mot « bio » n’apparaît qu’une seule fois, à l’article 10, consacré à la restauration collective. Celui-ci confirme la promesse de campagne d’Emmanuel Macron de proposer dans les cantines scolaires ou restaurants d’entreprise 50 % de produits dits bio ou locaux d’ici 2022. Problème, le projet de loi ne fixe pas d’orientations pour y parvenir. L’objectif de produits spécifiquement bio dans les cantines reste cantonné à 20 %, et sera ultérieurement précisé par décret. « Cela ne va pas assez loin, on demandait 30 % », rappelle Laure Ducos, chargée de mission agriculture à Greenpeace France.

Au-delà de ces 20 % d’aliments bio, quels types de produits dits « locaux » composeront les repas en cantines scolaires et restauration collective pour atteindre ces fameux 50 % ? Ces aliments proviendront aussi bien d’exploitation en conversion vers le bio que de produits « bénéficiant d’autres signes de qualité ou mentions valorisantes ou présentant des caractéristiques équivalentes », stipule le texte. « Qu’est-ce qu’une équivalence ? Et qui la détermine ? C’est une formulation très ambigüe et de ce fait très dangereuse : cela peut être une façon de remettre en cause la certification des labels existants, et ainsi de les affaiblir. Il y a une vraie menace de détricotage du label AB », s’inquiète Sophia Majnoni, déléguée générale de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab). Un produit cultivé avec seulement un peu moins de pesticides sera-t-il jugé « équivalent » à un produit bio ? La notion de produits « locaux » n’est, elle, pas non plus définie.

Rien sur le climat, l’environnement ou la consommation de viande

L’engagement est d’autant plus faible qu’il ne dit mot des moyens concrets de réalisation. Augmenter la part des aliments bio en restauration collective signifie ainsi diminuer celle de la viande, dont la production bio demeure trop faible – environ 4% des élevages bovins sont en bio, 1% pour les poulets – pour répondre à cette demande. « Il n’y a rien sur la question des protéines animales et végétales, qui est pourtant fondamentale pour atteindre les 50 %. Comment voulez-vous mettre en place un tel objectif si vous ne vous attaquez pas à la consommation de viande ? C’est mathématique », s’interroge Sophia Majnoni. (…)

Un texte « sans vision, sans souffle, sans ambition »

(… F Ruffin)  a publié la semaine dernière le projet de loi, qui n’était pas alors rendu public, sur son propre site, par « souci de transparence ». Dans un propos liminaire, il y dénonce un texte qui « ne propose rien, ou presque rien, pour aller vers un autre modèle d’agriculture. Il se concentre sur la “plomberie” : les relations agriculteurs/transformateurs/distributeurs, qui ont un intérêt comme mesure d’urgence, à court terme, mais sans vision, sans souffle, sans ambition. Autrement dit, le premier chantier des États généraux de l’alimentation, “création et répartition de la valeur”, est repris dans ce projet de loi. Mais du second chantier, à peine des miettes. »

Des miettes que tente de récupérer le gouvernement à grands coups de « plans » sans mise en cohérence. Le 18 janvier, le gouvernement lançait un plan de réduction de la dépendance de l’agriculture aux pesticides. D’autre part, une mission parlementaire doit se pencher sur la question de l’accaparement des terres et de la régulation du foncier (concentration des terres, spéculation foncière, grignotage urbain), à partir du 8 février prochain. Sans oublier un hypothétique plan « ambition bio », qui serait en cours de préparation : « Des annonces sont attendues pour le Salon de l’agriculture, mais nous n’avons absolument pas été sollicités, remarque à ce sujet Sophia Majnoni, de la Fnab. Si cela avance, cela se fait donc sans nous… ». Drôle de façon de saucissonner la politique agricole : parler économie et relations commerciales sans aborder les coûts environnementaux, sanitaires ou climatiques, ce n’est certainement pas le meilleur moyen d’obtenir le « juste prix »…

Barnabé Binctin

Source: https://www.bastamag.net/Le-bio-la-sante-et-le-climat-tout-bonnement-oublies-par-le-nouveau-projet-de

Exclusif. Le projet de loi Agriculture dévoilé : aucun cap, pas de vision

25 janvier 2018

En avant-première, et avant le ministère, le groupe la France insoumise vous livre ici le projet de loi sur l’agriculture, qui sera discuté à l’Assemblée ce printemps.
Je l’ai lu tôt ce matin.

Mon analyse minute :
Entendu par la Commission des affaires économique, le président de la Fédération nationale bovine, Bruno Dufayet, réclamait un « nouveau contrat social entre les agriculteurs et la société ». Je le cite : « Qu’attend-on de nous ? Vous voulez la compétition, le modèle néo-zélandais ? On le fera. Une agriculture familiale, de proximité, qui intègre le bien-être animal ? On le fera. Vous voulez tout à la fois ? C’est aux Français, et à vous, les politiques, de fixer un cap. »

Eh bien, comme redouté, ce nouveau cap ne sera pas fixé. Pas l’ébauche, ici, d’un nouveau contrat social.
Ce texte ne propose rien, ou presque rien, pour aller vers un autre modèle d’agriculture.
Il se concentre sur la “plomberie” : les relations agriculteurs/transformateurs/distributeurs, qui ont un intérêt comme mesure d’urgence, à court terme, mais sans vision, sans souffle, sans ambition. Autrement dit, le premier chantier des Etats généraux de l’alimentation, “création et répartition de la valeur”, est repris dans ce projet de loi. Mais du second chantier, à peine des miettes.

Aussi, nous redisons ici notre conviction :
Abandonnons les cours mondialisés, choisissons des prix régulés.
Pour bâtir un contrat social clair, avec une agriculture qui assure d’abord notre autosuffisance, le souci de sauvegarder l’environnement, d’être attentif au bien-être animal, d’offrir une alimentation saine, de faire vivre dignement les producteurs.
Ne racontons pas d’histoire : cette réorientation ne sera pas facile. Nous ne prétendons pas qu’en un tour de main, tous les agriculteurs passeront au bio, à l’agro-écologie, à la permaculture, comme par miracle. Il y faudra du temps. Mais le plus important, aujourd’hui, est d’offrir un cap. Le nôtre est clair : nous devons changer de modèle, casser la trajectoire du déclin, sortir l’agriculture de la mondialisation.

Nous œuvrerons du mieux que nous pourrons, en commission, dans l’hémicycle, pour que faire entrer un “cap” dans ce projet de loi. Mais quel chemin à parcourir !

https://francoisruffin.fr/wp-content/plugins/pdf-viewer/stable/web/viewer.html?file=https://francoisruffin.fr/wp-content/uploads/2018/01/PJL_secteur-agricole-et-alimentaire1.pdf

https://francoisruffin.fr/exclusif-le-projet-de-loi-agriculture-aucun-cap-pas-de-vision/

7 réflexions sur “Agriculture: Comment « le prix des pommes subventionne celui du Nutella ». BASTAMAG. Projet de loi. F Ruffin

  1. partage C très technique mais un sentiment de malaise saisi le lecteur. Suis partiale, sûrement, mais rien de bien ne parait a l’horizon que des rapieces dont les agriculteurs n’en demandent pas l’aumône.
    Volonté ancienne de tuer la plus belle agriculture du monde en son temps, vendue et démembrée dans un projet de destruction secteur par secteur de la France, corporation par corporation, population urbaine contre population agricole et celui-ci contre population de gros exploitants agricoles. Syndicat inaudible et gouvernement a la botte de directives européennes. Batailles rangées inutiles, couteuses et désespérantes.
    Nous assistons, en direct, a notre mise a mort.
    Rien de positif n’atteindra la descente au trou de la France, car il faut associer à ce rien le retour du spirituel. Omnia restaure in Christo, tout restaurer dans le Christ.
    Voilà, la seule décision à prendre pour les agriculteurs et pour le reste des français. Succès garanti.

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  2. Je retiens surtout que les agriculteurs indépendants soutiennent les marques qui s ont aux mains du marché financier.
    Le harcèlement des agriculteurs risque de se poursuivre jusqu’à ce que l’agriculture passe elle aussi en mains du marché…

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  3. Adieu veau vache cochon !

    L’agriculture française va mourir à cause de ces soit disant agriculteurs qui n’en sont plus mais sont devenus surtout des exploitants dans le sens propre du terme, toujours plus accros aux rendements. Des bourrins qui continuent inexorablement la fuite en avant.

    Et je parle en connaissance de cause car j’ai passé le plus clair de ma vie à la campagne donc j’ai bien cotoyé et pu observer le milieu. J’ai vu les petits veaux qui naissaient la nuit en plein hiver dans les champs par moins 10 degrés dans la neige, les batteries de poulets ou de dindes entassés dans les hangars avec épandage des fientes dans les champs et l’odeur pestilentielle alors que le fumier de vache est une bénédiction. J’ai vu les vaches crevant la dalle essayer de défoncer mon portail pour venir brouter dans mon terrain. J’ai même dû subir l’épandage de fosses septiques dans les champs à côté de chez moi car de vidanger chez les particuliers permettait d’arrondir leurs fins de mois alors que c’est strictement interdit. Mais attention, ne vous avisez pas de dénoncer un agriculteur ! Sans parler du brulage des sacs plastique et des pneus qui leur servent à maintenir les baches pour l’ensillage. J’ai même vu un couple aller en Afrique pour adopter deux gosses afin de pouvoir avoir de la main d’oeuvre gratuite à la ferme. Je les ai souvent entendu injurier les chômeurs alors qu’ils empochaient de belles subventions européennes et que leur femme touchait plein pot le RSA à rien foutre. J’ai même laissé un hectare de terre à disposition sans rien demander en retour et lorsque je demandais juste un coup de main pour tailler ma haie m’entendre répondre non; alors que le bonhomme avait profité de ma terre pendant des années pour mettre ses vaches sans débourser un centime et y faisait les foins tous les étés. J’ai même été obligé de piquer ma crise car ils se permettaient de venir tirer au fusil juste derrière chez moi à 20 m de ma maison pour chasser le gibier. Je ne dis pas que tous les agriculteurs sont à mettre dans le même sac mais malheureusement, il y en a pas mal qui ont le même profil : ils ne respectent pas leurs semblables et encore moins les animaux qu’ils élèvent.

    A la base les agriculteurs sont tous coupables car ils se sont voués au Veau d’Or de l’industrie agro-alimentaire et de Bruxelles pour le profit. J’ai vu dès le début des années 2000 fleurir les gros tracteurs flambant neuf et tout le matériel qui va avec, sans parler des gros 4 x 4. C’était à celui qui avait le plus gros. Le fric coulait à flots et personne ne se plaignait alors. Sauf qu’aujourd’hui la grande majorité va être sacrifiés car après les avoir caresser dans le sens du poil, la Babylone Union Européenne veut maintenant instaurer le modèle américain qui se fait déjà en Allemagne et aux Pays Bas.

    Et voilà ce que leurs fermes usines vont donner. Celle-ci est justement en Allemagne :

    Voyons maintenant comment tout a dérapé car le problème ne date pas d’hier !

    Voici donc mon message aux agriculteurs de France :

    Vous êtes des ânes car vous avez sciez la branche sur laquelle vous étiez assis. Vous étiez une corporation importante, respectée avec du poids autant culturellement que politiquement. Vous possédiez les meilleures terres d’Europe et une agriculture la plus enviée peut être du monde. Mais dès les années 50, vous avez préféré adhérer totalement à l’agro-alimentaire et avez encore récidivé en 2000 pour toucher ces fameuses subventions européennes, Résultat, aujourd’hui non seulement vous mourrez de travailler votre propre terre devenue stérile car vous vous empoisonnez avec les pesticides que vous répandez à tour de bras, mais les petits exploitants qui veulent bien faire leur boulot se tuent à la tache pour un travail qui ne les nourrit même plus. Et le pire c’est qu’aujourd’hui vous en êtes rendus à vous suicider. Mais vous n’avez qu’à vous en prendre qu’à vous même ! Vous avez remis votre avenir mais aussi notre santé entre les mains des politiques corrompus en échange de privilèges, avantages et subventions. Vous avez permis que votre syndic de vendus, la FNSEA, devienne un véritable empire, cette institution qui a le culot de se vanter de nous produire une excellente alimentation alors que celle-ci est devenue totalement pathogène et que nous en crevons. Mais qu’importe tant que cela lui rapporte gros.

    https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-3/pieces-a-conviction/pieces-a-conviction-du-mercredi-18-janvier-2017_2013268.html

    Et bien ne vous plaignez pas car à vouloir manger avec le Diable on finit dans son assiette ! .

    Vous vous êtes fourvoyés par vos choix et vos acceptations à toujours plus de rendement pour le profit. Vous avez pourri tout le territoire et avez nui à la population par l’empoisonnement de tout ce qu’elle mange, boit et même respire. Car c’est bien vous au final qui les épander ces fameux produits soit disant « phyto-sanitaires » ! La France est aujourd’hui le premier pays d’Europe dans l’utilisation des pesticides !

    Vous avez acceptez de piquer les veaux aux hormones pour les engraisser plus vite, de donner des farines animales à vos vaches mais aussi de les bourrer d’antibiotiques pour élever encore plus en batteries. Aujourd’hui, votre lait est tellement pourri que de plus en plus de monde n’en boit même plus vu les problèmes de santé qu’il engendre. Et ne parlons pas des conditions d’élevage abominables des cochons, des poules et du reste car cela ne vous empêche sûrement pas de dormir. Aujourd’hui vous ne faites que subir les conséquences de ces pratiques honteuses qui perdurent depuis des décennies. Ce qui vous tue aujourd’hui c’est votre cupidité.

    https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/agriculture-comment-la-financiarisation-des-terres-piege-le-modele-francais_2156097.html

    Car la financiarisation des terres agricoles mais aussi leur disparition ne peuvent se faire que parce que des propriétaires agricoles les vendent à prix d’or aux industriels et chaines de supermarché ! Alors il serait peut être temps de faire un peu le ménage dans vos rangs et de dénoncer vos brebis galeuses !

    Et vous aviez le culot de nous dire que vous étiez les garants de nos campagnes ? Mais regardez donc ce qu’elles sont devenues nos campagnes et où vous en êtes arrivés. Etes vous fiers du résultat maintenant que vous avez tout saccagé pour le plus grand profit des industriels ?.Quel gâchis ! Et il est bien temps maintenant de pleurer et de vous insurger car c’était il y a bien des années que vous auriez dû le faire. Aujourd’hui c’est l’addition qui vous est présentée et nous en payons tous le prix fort.

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  4. De rien, chère Liliane et c’est avec plaisir. En ce qui concerne les videos que j’ai postées, il ne m’a fallu que quelques minutes pour les trouver sur Youtube car elles sont disponibles pour chacun de ceux qui veulent se donner la peine de chercher et surtout de s’informer. Tout est totalement accessible mais le problème c’est que tout le monde s’en fout. Il ne faut donc pas s’étonner que tout fonctionne à la va comme j’te pousse. Nous crevons tout simplement de notre indifférence et de notre passivité et les industriels le savent bien.

    Mais ce qui est le plus cynique dans l’histoire est que tout le modèle que je viens de décrire de l’agriculture française est exactement dans le même moule que la gouvernance du pays depuis 40 ans. Tout le monde pleure mais l’électeur français continue de voter et élire irrémédiablement les mêmes comme si il était subjugué par ses bourreaux. Dingue non ? J’espère qu’en Suisse vous serez assez forts pour ne pas suivre notre exemple qui n’est vraiment pas une référence.

    Bon week end à vous !

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  5. La faucheuse est dans le pré …

    Parallèlement au plaidoyer sensé sinon sincère de Literato, le nombre d’agriculteurs (trices) en détresse ne cesse d’augmenter. Après les cancers et maladies cardio-vasculaires, les suicides représentent la troisième cause de décès dans le monde agricole, nous dit-on.

    Mais tous ne sont pas adhérents ou sympathisants des thèses et fadaises FNSEA. J’en connais.

    Par-delà les pudeurs sémantiques des budgétivores parés de leur habituel masque de circonstance qui squattent dorénavant les plateaux télé pour y exhaler la doctrine canonique, que font réellement les bureaucrates et élus locaux sinon entendre sans jamais écouter ?

     » …le suicide chez les agriculteurs reste un phénomène difficile à estimer… ».
    (http://www.msa.fr/lfy/documents/98830/11180475/Etude+-+Les+d%C3%A9c%C3%A8s+des+non-salari%C3%A9s+agricoles+%C3%A0%20la+suite+d%E2%80%99un+accident+du+travail,%20de+trajet+ou+d%E2%80%99une+maladie+professionnelle+en+2012,%202013+et+2014.pdf)

    Il est plus confortable pour les pouvoirs publics de décortiquer les suicidés en catégories de cotisants, ce qui a pour effet immédiat de relativiser sinon diminuer le nombre total de victimes (chefs d’exploitations, conjoints, personnels non salariés agricoles, personnels non déclarés ….)

    Aimé par 1 personne

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