Favoritisme de la BNS: l’horlogerie suisse supplantée par Apple ! Liliane Held-Khawam

Source: http://www.fhs.swiss/fre/origins.html

La grande nouvelle du jour est que Apple aurait vendu plus de montrer dans le monde que toute l’horlogerie suisse réunie.

Ces chiffres sont tout de même à relativiser fortement, car ils sont le fruit d’analyse de marché, diffusés par le CEO de Apple lui-même….

Exportation de montres apple.PNGEn rouge, l’industrie horlogère suisse dans sa totalité face à Apple en bleu. Ainsi, selon ces chiffres, Apple aurait vendu 8 millions de montres contre 6,8 pour l’ensemble de l’industrie suisse.

A supposer que ces chiffres reflètent la réalité, ils nous montrent quelque chose d’intéressant:

  • La vente de montres suisses s’est légèrement tassée entre 2016 et 2017.
  • La vente de montres Apple a explosé dans le même intervalle de temps.

Ces deux points peuvent donner à penser que l’explosion de la vente de Apple est un phénomène quelque peu indépendant de la vente de montres suisses.

Les chiffres montrent qu’un nouveau marché pour un nouveau produit semble émerger et venir se rajouter au précédent à celui de l’industrie suisse… En effet, selon ce graphique, les ventes de montres cumulées avec les Apple sont passées de 37, 2 millions en 2016 à 42,6 en 2017. La croissance de Apple est reflétée par celle du marché global. Une sorte de superposition de deux marchés…

Il se pourrait du coup que la comparaison soit même un non-sens commercial. La définition d’une montre Apple devrait peut-être être différenciée de celle d’une Rolex ou d’une Blancpain…

Un simple coup de marketing? Possible. Toutefois, la question essentielle pour la Suisse serait de se demander comment une seule et unique marque arrive en si peu de temps à concurrencer tout un marché, vieux de plusieurs siècles.

Il aura fallu un gros coup de pouce!

Or, nous savons sur ce site que ce coup de pouce vient en bonne partie de la politique monétaire américanisée de la Banque nationale suisse elle-même. Cette entreprise, qui accumule les capitaux des banques commerciales et qui n’a rien à faire sur le marché des actions, a investi abondamment l’argent des suisses dans … Apple!

Top 20 Shares

Ce sont ainsi 3 milliards provenant de Suisse qui boostent la Apple au détriment de l’industrie suisse. Ce faisant, non seulement la BNS fausse la libre concurrence, mais galvanise artificiellement la valeur de l’action de l’entreprise de la Silicon Valley! Un cumul de gains et d’argent facile qui dope la recherche certes, mais qui permet de vendre à de meilleures conditions. 

Cours apple 2018.PNG

 

Cours Apple. Nous voyons l’impact de l’enrichissement facile de ces dernières années auquel participe la BNS, banque centrale de l’industrie horlogère  suisse, qu’elle prétendait défendre avec le coûteux arrimage du franc suisse à l’euro…

 

Nous avons là un fruit visible et quantifiable du favoritisme de la BNS, qui devrait être considéré comme un délit et qui trahit une fois de plus sa mission d’oeuvrer pour le bien-être économique du pays dont elle porte le nom….

D’autres résultats défavorables à l’économie, aux finances, et à la monnaie suisses risquent de se préciser ces prochains temps… Hélas!

Dans tous les cas, nous sommes face à un évènement majeur de l’histoire de l’industrie horlogère suisse qu’il conviendrait d’analyser plus soigneusement par les principaux intéressés. Ce phénomène porte en lui de potentiels dangers pour l’économie du secteur!

Liliane Held-Khawam

Notre dossier sur le sujet:

 

14 réflexions sur “Favoritisme de la BNS: l’horlogerie suisse supplantée par Apple ! Liliane Held-Khawam

  1. Décidément, on finit par se demander dans quel monde vit la BNS, qui semble flotter dans une dimension toute autre que la Suisse. On finit par se demander, à part nuire à notre pays, à quoi sert cette institution. Il y a des pans de notre pays à réformer beaucoup plus urgemment que d’autres. Qu’elle serait devenue outil du NWO, avec l’aval des traîtres du CF ne nous étonnerait donc qu’à moitié.

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  2. La BNS se plie aux dictats américains, comme la BCE et bien d’autres… L’ impérialisme de nos « amis » américain est une réalité !

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  3. Appel aurais vendu bien 11.9 million Apple Watch, selon Fortune, le problème c’est que l’horlogerie suisse est pour les élites mondiales pour la plupart des ventes si on exclut Swatch Groupe qui a raté ce train.
    Appel ne concurrence pas l’horlogerie suisse puisqu’il a inventé un produit…..
    Quant à la « BNS International », (oui ce nouveau logo lui irais à la perfection) rien d’étonnant puisque c’est la 666&Co. qui gère ces avoir…..avec l’avale du C.F. ?

    http://fortune.com/2017/02/08/apple-watch-2016-sales/

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  4. Autant je souscris en plein à l’essentiel de vos analyses concernant la BNS autant je ne vois pas en quoi acheter des actions Apple « booste au détriment de l’industrie Suisse ». Il ne s’agit pas là de nouvelles émissions d’actions mais du « flottant » qui est échangé en bourse. Apple ne touche rien sur ces transactions. Pas plus que SMH ne bénéficierait d’un hypothétique investissement par la BNS.
    Maintenant si notre banque centrale venait à acheter de la dette Apple ça serait une autre affaire… Est-ce qu’elle publie une liste des obligations corporate de son portefeuille ?

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  5. La capitalisation boursière a plusieurs impacts sur la gestion financière d’une entreprise et par la suite sur sa capacité d’investissement, d’endettement et de croissance. Voici quelques données:
    – L’entreprise peut détenir ses propres actions. Une croissance de la demande va augmenter sa valeur boursière. Du coup, la valeur des actions détenues augmente aussi. L’augmentation de sa capacité à investir et à s’endetter augmente avec. (Détention de ses actions propres autorisée. Voir ici: https://epargne.ooreka.fr/astuce/voir/624633/actions-propres)

    – Voici un extrait intéressant: »Si une entreprise cotée voit son cours baisser, cela peut également donner un mauvais signal sur le plan financier, et l’entreprise pourrait ensuite avoir plus de difficultés à se refinancer quand elle en aura besoin. En revanche, si le cours progresse fortement, cela peut être une porte ouverte pour procéder facilement à une nouvelle augmentation de capital de manière à poursuivre l’accélération de la croissance de l’entreprise. » http://www.boursorama.com/actualites/quels-sont-les-avantages-et-les-inconvenients-d-une-introduction-en-bourse-9590fc7d33e7d575d143f3b996f1135b

    -« La théorie financière permet de relier capitalisation boursière et profits futurs de la société. Si l’on suppose que les actionnaires recherchent uniquement leur profit financier et que les marchés fonctionnent de manière efficiente, alors la capitalisation boursière dépend de deux facteurs uniquement : les profits futurs attendus pour les actionnaires, et le risque financier, qui leur est associé. Pour un niveau de risque donné, la capitalisation boursière sera d’autant plus élevée que les profits attendus sont élevés, pour un niveau de profit donné. Inversement pour une espérance de profit donnée, plus les prévisions sont incertaines, moins la capitalisation boursière sera élevée ». https://fr.wikipedia.org/wiki/Capitalisation_boursi%C3%A8re

    – Voir le Ratio PER. Il est lié à une capitalisation boursière et devrait être un indicateur prévisionnel de croissance et de développement (en théorie)… Le marché a tendance à rechercher un PER élevé… Donc une capitalisation boursière élevée (sous conditions bien sûr). https://www.zonebourse.com/formation/PER-265/

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  6. Quelques arguments effectivement pertinents mais ça reste un soutien indirect.
    Ceci posé si on admet (ce que n’est clairement pas mon cas, mais c’est un autre débat) que la BNS achète des montants colossaux de US$ il me semble que de les investir partiellement en bourse n’est pas la pire idée. Si ça pouvait être fait de manière transparente (qui sont les conseillers, comments sont ils rémunérés, quelle est la politique de placement, de gestion du risque) ça serait encore mieux !

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  7. Alex T, je vous mets encore deux références malheureusement en anglais:
    – Vous verrez les liens entre la capitalisation boursière et la valeur de l’entreprise, et par conséquent, sa capacité à lever des fonds…https://books.google.ch/books?id=-QLqAQAAQBAJ&pg=PA11&lpg=PA11&dq=Net+Debt+to+Market+Cap&source=bl&ots=2gPFm9BgnZ&sig=XdY6qHrRU2JC-Qr-1IfWmZnsuJY&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjgpvnmtazZAhXG0xQKHQioBl0Q6AEIYjAH#v=onepage&q=Net%20Debt%20to%20Market%20Cap&f=false

    – Le ratio « Net Debt to Market Cap » sert aussi à évaluer le degré d’endettement. https://www.stockopedia.com/ratios/net-debt-to-market-cap-5125/

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  8. Bien sûr que ce qui est le plus dérangeant est que l’opacité est de mise dans toutes les banques centrales et pas seulement à la BNS.
    L’impact de la capitalisation boursière est très important. Il ne faut pas le prendre juste au niveau comptable de base. Il influence énormément d e paramètres d’un marché, spécialement le niveau d’endettement.
    Pour faire simple, la capitalisation boursière surévaluée va engendrer un taux d’endettement injustifié. Cela finit par devenir injuste vis-à-vis de la concurrence qui ne bénéficie pas des mêmes avantages.
    (Une forte capitalisation boursière va améliorer le rating et donc améliorer le coût de la dette…)

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