L’Etat français est-il encore maître de sa sécurité?

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Avant-propos: Nous découvrions récemment dans « Daëch, partenaire financier de la Haute finance internationale? » que l’organisation supposée terroriste opérait sur le marché financier international au travers de ses 24 banques.

Nous nous posions la question de la double posture des autorités financières qui se voulaient chantres de l’argent propre mais qui toléraient la manne aussi bien financière que pétrolifère d’une organisation qu’elles considèrent comme terroriste.

Et voilà que dans ce contexte de perplexité grandissante sur les motivations qui dirigent notre monde un article du journal Libanais L’Orient le Jour retient notre attention.

Il est signé de l’excellente journaliste et analyste de la région, Mme Scarlett Haddad. Elle y revient sur la prospérité économique de Daëch. Mais un passage en particulier a retenu notre attention:

« Comment la France n’a-t-elle pas vu venir la menace ? Une source diplomatique étrangère au Liban précise que les autorités françaises auraient obtenu des assurances de la part de la Turquie, après l’attentat contre Charlie Hebdo (en janvier), de peser de tout son poids sur Daech, pour éviter de nouvelles attaques en France. Mais il semblerait que depuis la mort du bras droit d’Abou Bakr el-Baghdadi, Abou Moslem al-Turkmani, en août dans un raid de la coalition sur Mossoul, les assurances ne seraient plus valables, cet homme étant une sorte d’intermédiaire entre les services turcs et l’organisation terroriste. »

Ce passage est fondamental car Mme Haddad est une journaliste de confiance, voire d’exception. Et la liberté d’expression est de mise dans ce petit pays qu’est le Liban. Alors que devrions-nous comprendre? Que le gouvernement français se serait compromis avec Daëch via la Turquie? Que la Turquie a de l’influence auprès de Daëch? Si tel était le cas, quelle peut être encore la marge de manœuvre du gouvernement français pour assurer la sécurité des citoyens? A quoi servirait un état d’urgence si les causes du problème ne sont envisageables qu’à travers une triangulation avec la Turquie?

Les questions sont de taille dans une Europe meurtrie. Elles sont sans réponses. Pourtant les doutes qu’elles soulèvent nécessitent obligatoirement des explications.

A l’heure où de gros efforts sont demandés aux citoyens pour restreindre leurs libertés et leur vie privée au profit du tout sécuritaire, un début de réponse et de vérité semblent un minimum vital.

Liliane Held-Khawam

La guerre contre Daech change la donne. Par Scarlett Haddad

Les événements régionaux et internationaux semblent se précipiter. Le Liban, la France et le Mali, trois pays dans trois continents différents, ont été frappés en huit jours par le terrorisme islamiste qui semble étendre ses tentacules de haine un peu partout et menace de nouvelles capitales d’agressions du même type. Le monde entier se mobilise désormais contre Daech, et des frappes ciblées et intensives sont menées par les Français. Ce qui d’ailleurs suscite une question élémentaire : que faisait jusqu’à présent la coalition internationale menée par les États-Unis qui avait déclaré la guerre à Daech depuis près d’un an et demi ? Toujours est-il qu’en quelques jours, l’opinion publique internationale a basculé, poussant les dirigeants du monde à agir contre cette organisation terroriste.

Cette opinion publique découvre soudain que le groupe État islamique (EI) occupe un territoire qui a à peu près la même superficie que le Royaume-Uni et bénéficie de grandes ressources financières. Il aurait ainsi un budget mensuel de 165 millions de dollars, recueillant près de 1,6 million de dollars par jour des ressources pétrolières et autant du racket et autres rançons, ainsi que du trafic de pièces antiques. Il bénéficie aussi d’aides de diverses associations de bienfaisance islamiques. Daech dispose aussi d’un important arsenal sophistiqué et pourrait même être en mesure de fabriquer des armes chimiques, alors qu’il semble avoir un réservoir humain inépuisable. Pour une centaine de ses membres qui meurent dans des combats et des opérations diverses, il y a un millier de nouvelles recrues. Selon des statistiques sérieuses, près de 35 000 combattants étrangers enrôlés sous la bannière de l’EI seraient morts depuis 2012, mais l’organisation n’aurait aucun problème de recrutement.

L’encadrement militaire viendrait essentiellement d’anciens officiers de Saddam Hussein recyclés dans le terrorisme, qui se basent sur l’idéologie wahhabite et de vastes réseaux sociaux. Les experts du monde entier se penchent désormais sur cette organisation et cherchent à en comprendre le mode de fonctionnement. Aux dernières nouvelles, l’organisation aurait choisi de délocaliser ses cellules infiltrées dans les sociétés occidentales en leur fournissant le budget et en leur laissant toute la liberté pour le choix des cibles et des opérations. Ce qui rendrait encore plus difficile la lutte contre des groupes dotés d’une grande autonomie et bien cloisonnés.
Huit terroristes ont ainsi bouleversé la Ville Lumière et ses millions d’habitants et de visiteurs. C’est dire la capacité de nuisance de cette organisation qui ne recule devant rien pour déstabiliser les sociétés en place et leur faire perdre leur confiance en elles-mêmes, frappant là où elle trouve une faille. (…)

Selon certains rapports diplomatiques en provenance des pays du Brics, les SR français auraient même encouragé près de 3 500 islamistes français radicaux à se rendre en Syrie, dans l’espoir qu’ils ne reviennent pas en France : soit ils parviennent à renverser le régime syrien, soit ils meurent sur place. L’idée du retour en territoire français n’était même pas envisagée, ou alors dans de petites proportions, ce qui ne devait pas remettre en question la stabilité de la France. Selon les chiffres avancés, il y aurait ainsi désormais 10 000 combattants de nationalité européenne qui se battent sous la bannière de l’État islamique.

Comment la France n’a-t-elle pas vu venir la menace ? Une source diplomatique étrangère au Liban précise que les autorités françaises auraient obtenu des assurances de la part de la Turquie, après l’attentat contre Charlie Hebdo (en janvier), de peser de tout son poids sur Daech, pour éviter de nouvelles attaques en France. Mais il semblerait que depuis la mort du bras droit d’Abou Bakr el-Baghdadi, Abou Moslem al-Turkmani, en août dans un raid de la coalition sur Mossoul, les assurances ne seraient plus valables, cet homme étant une sorte d’intermédiaire entre les services turcs et l’organisation terroriste. (lire la suite)

Scarlett Haddad

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