Comment on aurait forcé la Suisse à abandonner la couverture-or. Par Jane H Ingraham, the New American

Horizons et débats avait publié en juin 2002, un article de Jane H. Ingraham paru le 13 octobre 1997 dans la revue «The New American» et décrivant « les dessous et conséquences des attaques que les Etats-Unis menaient alors contre la Suisse ». Selon le journal et Mme Ingraham, ces attaques « avaient en point de mire la couverture-or de la monnaie suisse ». C’est ce point précis qui nous intéresse.

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Nous sommes en 2015 et nous constatons :

• Le bilan totalement calamiteux de la BNS est la conséquence immédiate de ces décisions prises entre 97 et 2003 (cf notre dossier BNS).
• La BNS soutient massivement la monnaie, les dettes publiques et les firmes transnationales américaines.
• La Finma détachée de l’administration fédérale et gérée par des proches des milieux financiers internationaux est sur le point de confisquer les dépôts des épargnants pour financer le casino financier planétaire
• Le financement des banques dites too big to fail a été institutionnalisé grâce à la BNS.
• La place financière suisse avec sa myriade de PME appartient au passé.
• Les capitaux ont été délocalisés vers l’Asie et vers l’Amérique du Nord.
• La politique de la BNS hors de contrôle installe le pays dans la déflation et le mène vers la récession.Celle-ci est freinée par le bétonnage de la Suisse et les grands travaux de construction. L’arrivée massive de population étrangère augmente la demande intérieure et font croire à un bien-être économique bien virtuel.

C’est dans ce contexte très précis et dans une recherche de vérité que le texte ci-dessous nous intéresse.

Il est bien évident que nous n’avons aucun moyen d’en vérifier le contenu. A chacun de se faire son opinion.

Liliane Held-Khawam

Adieu l’or!

Les réserves d’or de la Suisse en point de mire des « initiés » (1997)

Finalement, les élites d’«initiés» du «Council on Foreign Relations» (CFR, conseil des relations étrangères) ont découvert la morale. Comme ils l’avouent eux-mêmes, ces menteurs notoires célèbrent depuis peu leur conversion à la vie morale. S’ils reconnaissent que la «mondialisation du commerce» a certains attraits, ils réalisent subitement qu’il existe une force beaucoup plus importante que l’argent et la puissance – la morale.

Cette révélation émouvante est de la plume de Roger Altman (CFR), vice-ministre des finances de la première administration Clinton. Dans un article du «Los Angeles Times» du 3 août 1997, il se montre enthousiasmé par l’indignation morale qui force enfin un système bancaire suisse nébuleux et haï à restituer le patrimoine que les victimes de l’holocauste avaient confié aux banques suisses pour le préserver des nazis ou celui que les nazis avaient dérobé, puis déposé dans les banques sans laisser de traces.

Dans son indignation «morale», Altman n’est cependant pas seul: les médias ayant pignon sur rue avaient déjà fustigé la bassesse des banques suisses, accusant et condamnant celles-ci pour «financement de la machinerie de guerre des nazis», «détournement de l’épargne des victimes de l’holocauste» et mensonges à propos de ces infamies.

Le «New York Times» a prétendu que les banques suisses sabotaient avec arrogance, depuis des décennies, les enquêtes sur le rôle de leur neutralité pendant le nazisme, tandis que le «Washington Post» s’indignait que les banques suisses se fussent prétendument emparées des avoirs de déposants et eussent blanchi le patrimoine considérable volé par les nazis.

Bill Clinton, lui aussi, a profité de l’occasion pour se montrer scandalisé et a confié à Stuart Eizenstat (CFR), nommé récemment envoyé spécial chargé de la restitution de propriétés en Europe centrale et orientale, le soin de préparer un rapport complet sur les pillages scandaleux auxquels les Suisses se seraient livrés. Ce rapport vient de sortir; les bureaucrates de onze autorités fédérales se sont vouées pendant sept mois à «des recherches intenses»; le résultat de leurs activités: 210 pages de resucée de la politique pendant la Seconde Guerre mondiale, que personne ne lira jamais, mais que nous, les contribuables, devrons finalement payer.

Le Conseil fédéral et les banques suisses capitulent

Un procès au nom de toutes les victimes du régime nazi en vient au fait devant un tribunal fédéral des Etats-Unis les accusés sont les trois grandes banques suisses, l’Union de Banques Suisses, la Société de Banque Suisse et le Crédit Suisse, mais la formulation dénonciatrice des allégations (crimes de guerre, crimes contre l’humanité crimes contre la paix, génocide, etc.) inclut naturellement le gouvernement suisse. Les demandeurs affirment qu’ils sont les héritiers de titulaires de comptes bancaires ouverts avant la Seconde Guerre mondiale, décédés ultérieurement à la suite de l’holocauste et qu’ils se sont vu opposer une fin de non-recevoir quand ils ont tenté de recouvrer les fonds disparus de leurs parents.

Comme le faisait cependant remarquer The American Spectator dès mai 1997, «s’il s’agissait réellement de retrouver de l’argent disparu dans le système bancaire suisse, la cause aurait été plaidée dans le canton suisse où la banque détenait les fonds; or l’action a été intentée à New York et représente à ce titre un acte politique.»

Mais l’action a eu l’effet souhaité: l’attaque a été si violente que les trois grandes banques ont capitulé et créé un fonds de 100 millions de francs pour aider les victimes de l’holocauste et leurs héritiers (sans connexion avec quelque avoir décelé que ce soit). De plus, le gouvernement suisse a convenu avec le Congrès juif mondial l’Agence juive, le centre Simon Wiesenthal et d’autres groupements juifs qu’il nommerait une commission indépendante de personnalités éminentes pour examiner les registres des banques suisses relatifs aux avoirs des victimes de l’holocauste. Le président de la commission n’est autre que Paul Volker, ancien président de la Réserve fédérale (institut d’émission des Etats-Unis) et membre influent aussi bien du CFR que de la commission trilatérale (TC). Un communiqué récent de Volker nous informe que son enquête – dont la procédure probatoire sera assouplie – ne sera pas terminée avant la fin de l’année prochaine. En effet, ce serait un miracle que Volker respecte ce délai. The American Spectator explique: «Malheureusement, il n’existe pas d’examen indépendant ni peut en en être fait 60 ans après – même par des personnalités éminentes – qui puisse prouver d’où et comment l’argent est parvenu en Suisse pendant les années trente. […] On ne sait même pas dans quelle monnaie l’argent a été déposé, ni sous quelle forme. Un dépôt en reichmarks effectué en 1938 aurait été sans valeur à la fin de la guerre, tout comme les obligations d’une entreprise roumaine ou du gouvernement tchèque.»

En 1962, les banques suisses ont fait des recherches en toute forme sur les fonds en déshérence de personnes mortes pendant la guerre, mais le seul résultat a été 10 millions de francs payés à des survivants et à des parties juives. […] Si les réviseurs reprennent aujourd’hui l’affaire, ils trouveront une multitude de fusions par lesquelles le nombre de banques suisses a été réduit de 1051 à 413 à la fin de 1995.

Chantage de Bronfmann envers le Conseil fédéral

Abstraction faite de toutes ces considérations, c’est Edgar Bronfman (CFR), homme d’une richesse fabuleuse propriétaire de l’entreprise multinationale de spiritueux Seagram et président du Congrès mondial juif qui pendant des mois, a mené une campagne inlassable contre les banques suisses. Le 5 mars 1997, le «Journal de Genève» a fait état d’un avertissement étonnant de Bronfman: «Edgar Bronfman estime que si les banques suisses ne saisissent pas cette occasion exceptionnelle de rétablir leur bonne réputation, il prévoit la fin de la Suisse comme grand centre bancaire mondial, car tout signe de confiance aura disparu. […] Le monde libre pourrait un jour juger condamnable un tel système bancaire.»

A Lausanne, Jean-Marc Berthoud de la Documentation Chrétienne a constaté que «le message d’Edgar Bronfman avait été très bien compris par le Conseil fédéral». Peu après, Arnold Koller, président de la Confédération et membre du parti démocrate-chrétien, annonça que le Conseil fédéral avait créé une Fondation humanitaire suisse, dotée de la somme fabuleuse de sept milliards de francs. Les intérêts du capital seraient destinés à des personnes en détresse grave sur le plan financier, aussi bien en Suisse qu’à l’étranger; l’on suppose que, parmi les gens aidés, il y aura des descendants des Juifs victimes de l’holocauste. Curieusement, cette somme énorme ne correspond en aucune façon, aux dires de Koller lui-même, aux avoirs en banque d’origine juive.

Cette annonce a été accueillie avec enthousiasme par tous ceux qui avaient attaqué les banques, alors que Bronfman se déclarait vainqueur, proclamant: «Maintenant que le gouvernement suisse a fait machine arrière, je l’invite à coopérer.» Coopérer – en quelle matière? Pour comprendre ce que les «initiés» projettent, il faut négliger provisoirement le côté juif de l’affaire, qui est un sujet à part. Quoi qu’il en soit des avoirs en déshérence affaire qui doit absolument être tirée au clair, il devient de plus en plus évident que l’ampleur de l’attaque contre les banques est tout à fait disproportionnée par rapport à ce triste sujet. Bref, l’aspect juif est utilisé comme couverture et ne sert que d’instrument sur le plan émotionnel à des fins autrement plus importantes.

En réalité il s’agit de la couverture-or

Disons-le clairement: ce dont il s’agit, c’est de l’or qui couvre la monnaie suisse. En effet, la loi doit imposer à la banque émettrice d’échanger à tout moment monnaie et crédit en circulation contre leur équivalent en or. C’est cette garantie qui donne aux investisseurs étrangers leur grande confiance dans les institutions bancaires suisses

Elle confère indépendance, richesse et pouvoir à la place financière suisse, à partir de laquelle 30% des investissements internationaux sont traités.

Et empêche du même coup les «initiés» de contrôler l’ensemble de la monnaie et des crédits dans le monde.

C’est un fait étonnant que le franc suisse soit la seule monnaie au monde toujours liée à l’or [au moment de la publication, soit en octobre 1997. Remarque de la rédaction] Jusqu’au XXe siècle, la couverture-or était d’usage on connaissait très bien ses avantages. Son principal mérite était d’empêcher des politiciens rapaces, toujours en quête d’argent, de consacrer davantage d’argent à l’acquisition de voix afin de renforcer leur pouvoir personnel.

La discipline sévère de la couverture-or empêchait les politiciens de manipuler l’offre de monnaie et assurait ainsi une croissance continue de l’économie, source de richesse réelle. Si la production dépassait la quantité de monnaie en circulation, la valeur de celle-ci augmentait, ce qui revient à dire que les prix baissaient et que le niveau de vie montait.

Morgan et Rockefeller fondent aux Etats-Unis un institut d’émission privé

Il va sans dire que ce frein monétaire lésait les intérêts des banques dirigeantes et des politiciens. A l’orée du XXe siècle, des particuliers puissants de New York et de Washington ont préparé les banquiers et le public à l’idée d’un système d’émission monopolistique indépendant, basé sur un réseau de banques n’entrant pas en concurrence et adossant tous leurs prêts à la même quantité de réserves partielles: en bref, un cartel. Quand des leaders financiers, guidés par J.P. Morgan et les Rockfeller, ont mis secrètement sur pied notre institut d’émission en 1912 sur l’île Jekyll, en Georgie, il ont remarqué qu’ils avaient besoin du gouvernement comme partenaire

Non seulement parce que le monopole du cartel en serait protégé, mais aussi parce que seul le pouvoir étatique pourrait abolir l’étalon-or de notre monnaie quand il serait temps. Quand les politiciens ont réalisé qu’un mécanisme était en gestation pour fabriquer une masse de papier-monnaie à partir du néant et permettre ainsi au Congrès de dépenser de l’argent sans commettre de suicide politique en majorant les impôts, ils ont adopté la loi sur la Réserve fédérale et se sont faits ainsi complices d’une des plus vastes escroqueries jamais commises contre le peuple américain.

Causée elle-même par l’expansion, puis la contraction, de l’offre de monnaie faite par la Réserve fédérale, la grande dépression a ouvert la voie au passage décisif de l’or au papier. De 1913 à 1933, le ministère des finances et la Réserve fédérale ont émis du papier-monnaie. Ces billets étaient convertibles en or et ressemblaient tellement à celui-ci que les Américains, induits en erreur, n’ont pas remarqué la différence. Sous prétexte de combattre la crise économique, le président Franklin Roosevelt a confisqué l’or des Américains par décret, en 1933, et a aboli ainsi l’étalon-or aux Etats-Unis, comme s’il avait accompli un brillant coup. En réalité, il ne nous reste plus que notre monnaie de papier de la Réserve fédérale, qui n’a pas de valeur intrinsèque et dont la valeur a baissé de 99% depuis 1913 et de 45% depuis 1987.

L’institut d’émission des Etats-Unis, instrument de régulation économique

Ainsi, les «initiés» sont entrés en possession d’un outil de dépréciation continue de notre monnaie, désigné par euphémisme comme «instrument précis de régulation économique». Des sommes d’argent fantastiques – mais en fait inexistantes – sont créées par le mécanisme des réserves partielles qui permet à nos banques de conserver 10% seulement de chaque dépôt et de prêter indéfiniment la même somme contre intérêts, moins les 10%. Cette offre inflationniste de monnaie stimule artificiellement la croissance, ce qui paraît souhaitable un certain temps. Mais comme le taux d’inflation dépasse toujours le taux de production, la monnaie perd de sa valeur et les prix montent. L’institut d’émission doit alors maîtriser l’inflation en restreignant le crédit et en majorant les taux d’intérêts, ce qui conduit à la récession et au chômage. Ainsi, la Réserve fédérale produit subrepticement expansion et récession, ce qu’elle baptise habilement «cycle conjoncturel».

Prochaine étape: Bretton Woods

L’abolition de la parité or par Roosevelt n’était que le début d’un plan d’ensemble. La prochaine étape a eu lieu à la conférence de Bretton Woods en 1944, placée sous l’égide du socialiste britannique John Maynard Keynes et de Harry Dexter White, qui était simultanément membre d’un réseau d’espionnage communiste et ministre des finances adjoint des Etats-Unis. L’objectif de cette conférence était de mettre fin à l’usage de l’or comme base des échanges de devises et de le remplacer par un étalon de papier manipulé qui permettrait aux Etats de créer de la monnaie à partir du néant, précisément ce que les banques américaines faisaient déjà.

Cependant, les gouvernements étrangers et les banques centrales pouvaient encore échanger leurs dollars à Fort Knox à un prix fixe, à savoir 35 dollars l’once. Ainsi, le dollar est devenu la référence obligatoire de toutes les autres monnaies, car – contrairement à la valeur de celles-ci – la sienne était garantie. La plupart ignoraient l’existence du plan visant à fonder une banque centrale mondiale qui créerait un papier-monnaie commun à toutes les nations et permettrait d’égaliser les taux d’inflation. Toutefois, il ne fallait pas procéder trop vite car, ainsi que Maynard Keynes l’a formulé, «le seul espoir réaliste d’une monnaie gérée sur le plan mondial consistait en une évolution graduelle de sa constitution.»

Dès 1971 il était entendu de se débarrasser définitivement de cette parité-or toujours restrictive. Si le but était de créer un institut mondial à l’émission illimitée, il fallait détacher complètement le dollar de l’or. C’est pourquoi, par décret, le président Richard Nixon a fermé soudainement «la fenêtre de l’or» aux étrangers. Par cet acte, il a coupé le dernier lien avec l’or et laissé le monde entier inondé de dollars que l’on ne pouvait plus convertir en or. Or les nations n’avaient pas d’autre possibilité que d’accepter le dollar comme monnaie internationale de référence, assurant ainsi aux «initiés» une domination économique mondiale. A une exception près.

L’exception suisse

Car il restait un seul pays dont la monnaie était encore liée à l’or par sa constitution: la Suisse. Le dollar n’étant plus qu’une monnaie de papier soumise à l’inflation au gré de la Réserve fédérale, les nations du monde se sont tournées vers le franc suisse, monnaie stable, pour protéger les changes internationaux de manœuvres arbitraires. Involontairement, la monnaie suisse joue ainsi un rôle stabilisateur éminent dans la communauté internationale C’est la parité-or qui rend le franc suisse stable et explique le développement incroyable des banques suisses, qui sont maintenant en concurrence avec les plus puissants établissements bancaires des Etats-Unis.

Le franc suisse barre la route à l’instauration d’un nouvel ordre mondial

Mais c’est justement le succès des Suisses qui cause leur perte, peut-on constater maintenant. En effet, la présence d’une monnaie toujours liée à un métal précieux sur le marché mondial empêche les banques centrales d’Amérique du Nord, d’Europe et du Japon (le cartel trilatéral!) d’instaurer une domination financière mondiale absolue et de réaliser leur objectif ultime, une monnaie mondiale de papier qui puisse être accrue à volonté.

En bref: le rattachement du franc suisse à l’or barre tout simplement la route à l’instauration définitive d’un nouvel ordre mondial.

On notera avec intérêt que, si la vérité sur ces événements est étouffée aux Etats-Unis, elle ne l’est pas en Europe. Ainsi, Pierre de Villemarest a souligné ce qui suit dans le numéro de mars 1997 de la revue française Controverse: «En cette fin de siècle, la vérité est que les tenants de la mondialisation que dirige monsieur Bronfman veulent accélérer leur marche vers la destruction des nations individuelles et des peuples qui ont l’aberration de vouloir préserver leur culture et leur tradition, leur appartenance à l’Europe et, malgré la diversité des langues, à une chrétienté opposée à un matérialisme contemporain qui se prétend inévitable au nom d’un Ordre Nouveau et entend remplacer les lois des nations par celles du marché et des sociétés multinationales. L’instauration d’une monnaie unique en Europe part de cette vue globale, que la Suisse perturbe par son importance financière et par sa gestion qui se soustrait au contrôle des gourous mondialistes.»

Ce n’est naturellement pas un secret que les «initiés» avaient toujours le plan de créer un système monétaire mondial, ce qu’ils ont constamment réaffirmé. Dans son livre irremplaçable intitulé «Le terrorisme financier», John Mc Manus, président de l’Association John Birch, cite une série de telles déclarations, comme celle de Richard Cooper (CFR, TC): «L’essentiel est que le contrôle de la monnaie serait aux mains d’une nouvelle banque centrale et non de quelque gouvernement national. Or une monnaie unique ne se conçoit qu’avec une politique monétaire unique. Comment des Etats indépendants peuvent-ils y parvenir? Ils doivent transmettre leurs compétences en matière monétaire à une collectivité supranationale.» Zbigniew Brzezinski (CFR,TC) se prononce de manière analogue: «Il faut déployer des efforts encore plus intenses pour créer une nouvelle structure monétaire mondiale.»
Et Richard Nixon de déclarer: «Il convient de réformer radicalement le système monétaire mondial. […] Les EtatsUnis se joindront à d’autres Etats pour créer un ordre économique mondial moderne et y participer.»

La conspiration de Bronfman

Mais revenons aux sept milliards de francs dont la Fondation humanitaire suisse doit être dotée selon les vœux du Conseil fédéral. Dans son œuvre très instructive intitulée «L’étalon-or suisse et le nouvel ordre mondial», Jean-Marc Berthoud explique que sept milliards supplémentaires ont été ajoutés à la fondation pour corrompre le peuple suisse et lui faire accepter la décision impopulaire du Conseil fédéral. Nous en arrivons au centre des attaques des «initiés» le lien entre les 14 milliards de francs et l’or va être tranché; en même temps, la Banque nationale suisse commencera à vendre ses réserves d’or.

Berthoud explique: «Du fait que les 14 milliards de francs sont détachés des réserves d’or de la Banque nationale et que le Conseil fédéral prend la décision de vendre les réserves d’or sur lesquelles se fonde notre monnaie, il a fait le premier pas pour libérer le franc de son lien avec l’étalon-or. C’est ce premier pas dramatique – et non la somme relativement modeste mise à disposition des descendants des Juifs assassinés par les nazis – qui a tant soulagé les organisations juives internationales et les porte-parole de l’opinion mondiale autorisée.»

On trouvera une autre confirmation dans 24 heures du 7 mars 1997: «Le Conseil fédéral propose d’anticiper une réforme qui entrerait seulement en vigueur avec la révision totale de la constitution. Les articles 38 et 39 actuels seront remplacés par le nouvel article 89 du projet de réforme, lequel abolit le lien entre le franc et l’or.»

Il est étonnant de voir comment a été comprise la menace d’Edgar Bronfman de détruire la Suisse en tant que centre financier. Ainsi s’explique la jubilation de Bronfman au sujet d’une loi qui n’a rien à voir avec les fonds en déshérence. Il faut comprendre que Bronfman agit à ce propos non comme Juif, mais comme conspirateur. Le peuple juif – aussi peu informé de l’existence des «initiés» que le sont les Américains – est abusé honteusement et n’est pas responsable des tares de quelques-uns de ses chefs.

En effet, les commentaires les plus intelligents sur la chasse aux avoirs non réclamés sont de la plume de Juifs israéliens dont la plupart montrent peu d’intérêt à ce sujet. Pour beaucoup, la confrontation avec la Suisse laisse un arrière-goût amer. Le commentaire suivant du journaliste israélien Tom Segev, cité le 27 juillet dans le «New York Times», en est un bon exemple: «S’irriter à propos des avoirs en banque de particuliers est une banalisation de l’holocauste. Les Israéliens se sentent mal à l’aise face au langage emphatique que les gens du Congrès juif mondial utilisent. Un sentiment qui peut être exprimé ainsi: «Ne m’utilise pas, n’utilise pas l’holocauste pour ta publicité personnelle.»

Or ce sont justement les Juifs israéliens qui rappellent au monde que le thème moral des réparations avait déjà été épuisé il y a 45 ans. A cette époque, les sommes étaient beaucoup plus grandes et les sentiments plus violents. C’était dans les années cinquante, lorsque les débats portaient sur la question de savoir s’il fallait accepter des réparations de l’Allemagne de l’Ouest. Israël a accepté des sommes qui atteignaient des milliards de dollars, mais il s’agissait de réparations à la nation juive et non à particuliers titulaires de comptes en banque.

Une crise provoquée artificiellement

Nous devons vouer notre attention au fait que les attaques des «initiés» contre le franc suisse ne sont rien d’autre qu’un pas sur la voie de l’élimination définitive de l’obstacle de l’or. Le 10 septembre 1997, le Wall Street Journal rapportait négligemment que tous les responsables des banques centrales mondiales convenaient que, «comme l’or ne jouait plus qu’un rôle restreint dans le monde financier international, il ne se justifiait plus» de le détenir en tant que patrimoine. Prétendant qu’un bien «extérieur au système n’aura plus beaucoup de valeur», les banquiers, y compris ceux de Suisse, vendent en catimini leurs réserves d’or. Depuis 1989, de l’or a été vendu pour la contrevaleur de 16,6 milliards de dollars, ce qui en a fait chuter le cours. Un fonctionnaire de la Banque d’Angleterre a déclaré que les banquiers d’aujourd’hui «ne voulaient plus traîner la charge de leurs prédécesseurs».

La dernière étape pourtant – la réalisation – n’est qu’esquissée. Comme les précédentes, elle n’aura pas lieu très vite. Tout d’abord, la monnaie européenne doit être instituée en janvier 1999. [En tant que numéraire, l’euro a été introduit le 1/1/2002.] Bien que ce modèle constitue une expérience précieuse pour les «initiés», la réalisation mondiale ne sera pas si simple. Le cas échéant, on aura besoin d’une crise provoquée artificiellement.

A moins que les nations du monde ne se soulèvent et ne détruisent les plans sans scrupules d’une poigné de fous assoiffés de pouvoir. Alors, nous serions vraiment témoins d’un «triomphe de la morale».

Jane H Ingraham, The New American

Source en français Horizons et débats no 12/juin 2002

Avec nos remerciements à Horizons et Débats pour leur autorisation de reproduire ce texte.

Articles à lire:

La loi qui a permis la financiarisation à haut risque de la BNS. LHK

7 réflexions sur “Comment on aurait forcé la Suisse à abandonner la couverture-or. Par Jane H Ingraham, the New American

  1. Article historique très intéressant mais dont les sombres prédictions sous-jacente ne se vérifient pas. A tout le moins pas encore. En effet, et peut-être à tort et par un réflexe pavlovien des marchés, la Suisse et sa monnaie ont démontré dans la crise récente qu’elle demeuraient des refuges… la politique menée par la BNS depuis 2011 n’aurait effectivement pas été possible avec le lien à l’Or… le pardaoxe c’est que le CHF monte et que l’Or baisse depuis que le bilan de la BNS explose. La vieille théorie économique selon laquelle la mauvaise monnaie chasse la bonne se vérifierait-elle ?

    Aimé par 1 personne

  2. Seb, vous avez raison si on part du principe que la monnaie est créée par la BNS et que le marché est anonyme. Votre raisonnement serait moins vérifiable si les achats de la BNS se font avec les liquidités des banques commerciales et le trafic de paiement d’une part et que le marché n’est pas anonyme. Dans la 2ème hypothèse, la Suisse serait dans une posture bien plus délicate et tenue de près par les patrons du fameux marché.

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