Quelle est la mobilité du futur? Par Nicolas Meilhan

Et si le véritable problème, en termes de mobilité urbaine, n’était pas que les voitures soient thermiques, mais plutôt qu’elle soient individuelles ?

Sept défis majeurs sont à prendre en compte pour concevoir la mobilité de demain :

Deux défis globaux :

  • les émissions de CO2
  • l’épuisement des énergies fossiles

Trois défis locaux :

  • la pollution
  • les bouchons
  • le stationnement

Deux défis « écos »:

  • l’emploi
  • la balance commerciale

La voiture électrique ou la voiture partagée ?

Dans cette configuration, la voiture électrique individuelle s’inscrit-elle vraiment comme le futur de la mobilité ? Nous pensions tous, en effet, que le problème était son moteur à essence ou diesel. D’où la cristallisation autour de la voiture électrique soi-disant « propre ».

Mais le véritable problème ne serait-il pas plutôt qu’elles ne sont occupées en moyenne que par 1,3 personne alors qu’elles peuvent en transporter 4 ou 5 en même temps? Si l’on augmentait de 10 % seulement le taux d’occupation moyen de nos voitures – de 1,3 à 1,4 personne par voiture, cela suffirait pour résoudre la grande majorité des bouchons du jour au lendemain !

En effet, que ce soit d’un point de vue énergétique ou d’emprise au sol, le bus, le scooter ou le vélo sont des moyens de transports bien plus efficaces que la voiture individuelle dans les espaces limités et contraints de nos villes. Il faut monter à 8 personnes dans une voiture électrique pour être aussi efficace qu’un vélo en terme d’emprise au sol et à 140 personnes si l’on regarde plutôt l’efficacité énergétique !

Plus des trois quarts de la population vivant en milieu urbain où l’espace est contraint, il n’est plus possible que chacun d’entre nous aille tous les jours tout seul au travail dans sa propre voiture alors que des alternatives pratiques existent. La mobilité urbaine du futur sera partagée ou ne sera pas (mobile) !

Et l’on peut faire confiance aux gens qui choisiront toujours l’alternative si elle est meilleure. Un changement de paradigme s’opère donc entre la voiture objet social, de liberté et de progrès vers une mobilité propre,  multimodale, partagée, géo-localisée, iphonisée…
Si l’on s’intéresse maintenant de plus près nos problèmes de saturation d’infrastructures, quatre solutions s’offrent à nous pour les résoudre :

  • construire plus de routes
  • rouler dans des voitures plus petites
  • monter à plus de personnes par voiture
  • réduire le nombre de voitures

La fin des constructeurs automobiles?

Cependant, l’usage du véhicule partagé, qui est une excellente alternative pour la ville, ne sera couronné de succès qu’à condition, dans le même temps, de décourager l’usage de la voiture individuelle, ce qui ne plaira sans doute pas à ceux qui fabriquent des voitures.

Le transport en commun (ou partagé) est aussi une excellente alternative. La convergence de nouvelles technologies – internet, la géolocalisation et les smartphones – a permis à ces alternatives de se développer et devenir beaucoup plus attractives qu’il y a encore quelques années.

Certains constructeurs automobiles comme Daimler ont cependant pris le virage de la mobilité partagée, de la petite voiture à l’auto-partage en passant par le parking intelligent ou le taxi (Smart, Car2Go, Car2share, Car2gether, Gotta Park, Carpooling.com, T my taxi, Tiramizoo) ! Mais avec la perspective que cela ne représente que 1 à 2% de leur chiffre d’affaire à horizon 2020, il va quand même falloir qu’ils continuer à vendre quelques voitures, et individuelles si possible…

La voiture 1L/100 km

Dans un contexte d’énergie contrainte plus particulièrement en Europe, et alors que les voitures fonctionnent à 99,9% au pétrole, il est primordial de (re) développer des voitures légères, peu voraces en pétrole et économiquement accessibles à tous.

La voiture 1L au100 km n’est plus une option, mais une nécessité absolue ! Une voiture électrique de 600 kg équipée d’un petit prolongateur d’autonomie fera parfaitement l’affaire.

Gardons aussi en tête que la mobilité de demain devra soulager notre déficit commercial – 85 % des 65 milliards d’euros de dégradation du solde commercial français entre 2004 et 2012 étant due à l’augmentation des importations d’énergie fossiles et au déclin de notre industrie automobile.

Evidemment, la question à 100 000$ : la voiture autonome sera-t-elle la nouvelle mobilité du futur après la voiture électrique individuelle ? Ma réponse : si elle est légère, petite, électrique et partagée, pourquoi pas ?! On peut même imaginer qu’elle soit pliable, réduisant son emprise au sol lors du stationnement.

Quelle est donc la mobilité du futur?

Je donne ma langue au chat…

Lien vers la tribune originale postée sur le site de l’Argus

http://pro.largus.fr/s_informer/economie/quelle-est-la-mobilite-du-futur-6031386.html#.VQdgj2TF_rA

Lien vers la présentation en images sur slideshare Quelle est la mobilité du futur? Nicolas Meilhan

Source: Les Econoclastes http://leseconoclastes.fr/2015/03/quelle-est-la-mobilite-du-futur/

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