Le franc suisse va s’effondrer par Dr Keith Weiner (partie I) /Zerohedge

  effondrement suisse

J’ai veillé à garder ce texte lisible, et aussi bref que possible. Mon sévère diagnostic exige la preuve et le raisonnement à l’appui. On ne peut pas expliquer l’effondrement de cette monnaie avec la vision conventionnelle. «Ils vont imprimer de l’argent à l’infini, » peut être populaire, mais ce ne est pas exact. La destruction à venir n’a rien à voir avec la quantité de monnaie. C’est une histoire de ce qui arrive lorsque les taux d’intérêt baissent dans un trou noir (taux d’intérêt négatifs).

Les rendements sont tombés au-delà de zéro

La courbe de rendement suisse ressemble à un navire en perdition. Toutes les obligations –sauf celles de 20 et 30 ans- sont maintenant en dessous de la ligne d’eau.
Schéma 1

Taux obligataires suisses 1
Regardez combien il a été submergé en seulement une semaine. La ligne supérieure (jaune) est du 16 Janvier, et celle en dessous a été prise juste une semaine plus tard en Janvier 23. Il est terrifiant de voir à quelle vitesse l’ensemble de la structure des taux d’intérêt a coulé. Voici un graphique de l’obligation à 10 ans depuis Septembre. A titre de comparaison, le bon du Trésor à 10 ans ne serait pas tenir sur ce tableau. L’obligataire américain paie actuellement 1,8%.

taux obligataires suisses 2

Le rendement suisse de 10 ans a atteint 37 points de base sur vendredi 2. En Janvier le lundi suivant, il avait plongé à 28, ou -25%. En Janvier 15 le jour de la Banque nationale suisse (BNS) a annoncé qu’elle retirait qu’elle retirait le taux plancher avec l’euro le rendement avait plongé à seulement 7 points de base. Il a été en chute libre depuis, -26 points de base.

Comment expliquer cet effondrement épique? Pourquoi l’ensemble du marché obligataire suisse se noie-t-il?

La noyade est une métaphore appropriée. Dans ma thèse, je décris plusieurs signes avant-coureurs de l’effondrement financier et monétaire. Le premier, c’est quand le taux d’intérêts sur les obligations à long terme arrive à zéro. Je discute le fait qu’une baisse du taux détruit le capital, et que les taux les plus bas signifient un fardeau élevé de la dette. Si le taux des obligations à long terme est à zéro, la valeur actuelle nette de toutes les dettes (qui est effectivement perpétuelle) est infinie. Les débiteurs ne peuvent pas transporter une charge infinie. Comme nous le verrons, tout système monétaire qui dépend de débiteurs service de leur dette doit s’effondrer lorsque le taux passe à zéro.

Je pense que le franc a atteint la fin. Avec des taux négatifs sur 15 ans, et un rare 33 points de base sur le 30 ans, c’est fini…

Ce n’est pas de l’impression monétaire mais des emprunts

Prenons un peu de recul pour un moment, et regardons comment les évènements récents se sont déroulés. Cette nouvelle étape a commencé par des quantités d’emprunts massives en franc de la BNS. La plupart des gens disent imprimé, mais il est impossible de comprendre ce désastre sans précédent avec une telle compréhension approximative. Ce n’est pas de l’impression, mais de l’emprunt.

Pensez à un acheteur qui emprunte $ 100 000 pour acheter une maison. Il n’a jamais l’argent sur son compte en banque. Il signe un tas de paperasse, puis à la fin de la journée, il a une obligation de la dette à rembourser, plus le titre de la maison. L’ancien propriétaire a l’argent.

C’est le même principe qui s’applique à toute banque centrale qui veut acheter un actif. À la fin de la journée, la banque propriétaire de l’actif, et l’ancien propriétaire de l’actif détiennent désormais l’argent. Cette trésorerie est la dette de la banque centrale. C’est sur le bilan de la banque comme un passif. La banque le doit.

Ceci est extrêmement important à comprendre, et il peut être très paradoxal. Si l’on pense au franc (ou dollar, euro, etc.) en tant que monnaie, et si l’on pense que les banques centrales impriment de la monnaie, on aboutira à la mauvaise conclusion ; à savoir que rien n’est dû et alors en effet il n’y a pas de débiteur. Dans cette perspective, le titulaire de francs dispose du cash, ce qui est un actif à court terme (à vue). Fin de l’histoire.

Cette conclusion ne pouvait pas être plus fausse.

Certes, l’idée de la banque centrale qui rembourse sa dette est absurde. Selon la loi, le paiement est réputé fait lorsque le débiteur paie en monnaie. Toutefois, le franc suisse dont nous parlons est la responsabilité même de la BNS. Comment la BNS peut-elle rembourser ses dettes en francs en utilisant ses propres engagements en francs comme moyen de paiement?

Elle ne peut pas. C’est une contradiction. Ainsi, il est crucial de comprendre qu’il n’y a pas d’extincteur de la dette dans le régime du papier-monnaie irrémédiable. Vous pouvez vous sortir de la boucle de la dette en payant en monnaie, mais ceci ne fait que déplacer la dette. La dette ne disparait pas parce qu’on la paie avec un IOU qui ne peut pas l’éteindre. Contrairement à vous, la banque centrale ne peut pas se sortir de la dette.

Cependant, elle peut honore sa dette. Par exemple, la Réserve fédérale aux États-Unis verse des intérêts sur les réserves. En effet, la banque doit rembourser ses dettes. Ce serait une calamité si un paiement devait manquer, si jamais la banque centrale venait à faire défaut.

La banque centrale doit également maintenir ses engagements/dettes qui ont financé ses actifs. Si les banques commerciales retiraient leurs dépôts (de leur compte à vue auprès de la banque centrale), ce qui est généralement possible, la banque centrale serait alors contrainte de vendre ses actifs. Ce serait contraire à ses intentions politiques, sans parler du choc conséquent sur les économies (des pays) fragiles.
Ne vous méprenez pas, une banque centrale peut faire faillite. Cela peut sembler difficile à comprendre alors que la loi rend la dette de la banque centrale légale (legal tender) et en fait un moyen de remboursement pour toute dette publique et privée. Une banque centrale est également autorisée à apporter au niveau de sa comptabilité (et du levier) des actions qui ne seraient pas tolérées dans une entreprise privée. Peu importe, il peut présenter des états financiers trompeurs, et même si la loi le lui permet, à la fin la réalité la rattrapera toujours. L’empereur peut prétendre porter de magnifiques habits royaux, mais il est toujours nu.

Si le passif dépasse l’actif, alors une banque – et même une banque centrale- est insolvable et les conséquences viendront bien assez tôt. Le cash-flow à disposition deviendra tôt ou tard insuffisant pour payer les intérêts des dettes. Aucune banque centrale ne voudrait être dans la position où elle est obligée d’emprunter – non plus pour acheter des actifs – mais pour financer un cash-flow négatif. C’est une spirale de destruction rapide. Il doit en quelque sorte faire baisser le taux d’intérêt sur ses dettes (qui sont généralement à court terme) pour maintenir le coût de financement de son portefeuille au-dessous des revenus générés sur les actifs.
Cela devient de plus en plus difficile quand deux choses se produisent. Le premier point concerne le rendement de l’actif qui devient négatif. (Le SMI a perdu 400 points dans le sillage de la décision de la BNS d’abandonner le cours plancher). Le deuxième point est celui où l’émission de monnaie supplémentaire entraîne une baisse des rendements dans des durées toujours plus longues (décrites en détail, ci-dessous).
Les évènements forcent la main de la banque centrale. Elle se dirige alors dans une voie où elle a de moins en moins de choix. Cela nous donne les actuels taux d’intérêt négatifs sur l’obligation à 15 ans.

Dr. Keith Weiner

Traduction Liliane Held-Khawam

Source complète : http://www.zerohedge.com/news/2015-01-28/swiss-franc-will-collapse

Biographie:

Dr. Keith Weiner is the president of the Gold Standard Institute USA, and CEO of Monetary Metals. Keith is a leading authority in the areas of gold, money, and credit and has made important contributions to the development of trading techniques founded upon the analysis of bid-ask spreads. Keith is a sought after speaker and regularly writes on economics. He is an Objectivist, and has his PhD from the New Austrian School of Economics. He lives with his wife near Phoenix, Arizona.
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10 réflexions sur “Le franc suisse va s’effondrer par Dr Keith Weiner (partie I) /Zerohedge

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  2. Bonjour !

    Sympathique article alarmiste au possible. Une banque centrale peut faire faillite ? Vraiment, c’est nouveau ça? Je ne suis pas spécialiste et je comprends bien les arguments de l’auteur, mais ne serait-il pas plus juste de dire qu’elle peut faire défaut sur une partie de ses créances ? Au pire elle est nationalisée et l’État refuse la récupération d’une partie des créances… Mais annoncer la fin du franc suisse est un délire de financier déconnecté de la population suisse qui utilise le franc tous les jours. Cette monnaie aura la valeur que voudra bien lui attribuer la population qui l’utilise.
    Des banques commerciales peuvent faire faillite, ok, mais y-a-t il des exemples historiques de faillites de banques centrales ?

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