L’architecte de l’euro passe aux aveux. Pierre Bourdieu (Septembre 1997)

bourdieu

Pierre Bourdieu:  » La politique qui vise à garder la confiance des marchés perd la confiance du peuple« 

Avant-propos: Voici une analyse  de 1997 qui n’a pas pris une ride. Une vérité atemporelle portée par un homme, visionnaire et lucide, doté d’une plume acérée. Du grand art! LHK

 Un entretien dévoile un univers. Lorsque la presse répercute la parole des « décideurs », dont chaque confidence peut faire vaciller les monnaies, on ne prête pas toujours attention à l’énorme somme de non-dits et de presque-suggérés que leurs propos véhiculent. Armés de leur « indépendance » conquise sur le pouvoir politique, les gouverneurs des banques centrales disposent désormais du pouvoir de changer le cours des nations. Quelle est leur vision du monde social ? Et, par exemple, quelle est celle de M. Hans Tietmeyer, grand architecte de l’euro ?

Ayant lu dans l’avion (1) un entretien du président de la Banque fédérale d’Allemagne (2), M. Hans Tietmeyer, présenté comme le « grand prêtre du deutschemark » — ni plus ni moins —, je voudrais me livrer à cette sorte d’analyse herméneutique qui convient aux textes sacrés : « L’enjeu aujourd’hui, c’est de créer les conditions favorables à une croissance durable et à le mot-clé — la confiance des investisseurs. Il faut donc contrôler les budgets publics. »

C’est-à-dire — il sera plus explicite dans les phrases suivantes — enterrer le plus vite possible l’Etat social et, entre autres choses, ses politiques sociales et culturelles dispendieuses, pour rassurer les investisseurs qui aimeraient mieux se charger eux-mêmes de leurs investissements culturels. Je suis sûr qu’ils aiment tous la musique romantique et la peinture impressionniste, et je suis persuadé, sans rien savoir sur le président de la Banque fédérale d’Allemagne, que, à ses heures perdues, comme le directeur de la Banque de France, M. Jean-Claude Trichet, il lit de la poésie et pratique le mécénat.

« Il faut donc, dit-il, contrôler les budgets publics, baisser le niveau des taxes et impôts jusqu’à leur donner un niveau supportable à long terme. »

Entendez : baisser le niveau des taxes et impôts des investisseurs jusqu’à les rendre supportables à long terme par ces mêmes investisseurs, évitant ainsi de les encourager à porter ailleurs leurs investissements. Continuons la lecture : « Il faut (…) réformer le système de protection sociale. » C’est- à-dire, bis repetita, enterrer l’Etat providence et ses politiques de protection sociale, bien faites pour ruiner la confiance des investisseurs, susciter leur méfiance légitime, certains qu’ils sont en effet que leurs acquis économiques — on parle d’acquis sociaux, on peut bien parler d’acquis économiques —, c’est-à-dire leurs capitaux, ne sont pas compatibles avec les acquis sociaux des travailleurs, et que ces acquis économiques doivent évidemment être sauvegardés à tout prix, fût-ce en ruinant les maigres acquis économiques et sociaux de la grande majorité des citoyens de l’Europe à venir, ceux que l’on a beaucoup désignés en décembre 1995 comme des « nantis », des « privilégiés ».

M. Hans Tietmeyer est convaincu que les acquis sociaux des investisseurs, autrement dit leurs acquis économiques, ne survivraient pas à une perpétuation du système de protection sociale. C’est ce système qu’il faut donc réformer d’urgence, parce que les acquis économiques des investisseurs ne sauraient attendre. Et M. Hans Tietmeyer, penseur de haute volée, qui s’inscrit dans la grande lignée de la philosophie idéaliste allemande, poursuit :

« Il faut donc contrôler les budgets publics, baisser le niveau des taxes et impôts jusqu’à leur donner un niveau supportable à long terme, réformer le système de protection sociale, démanteler les rigidités sur le marché du travail, de sorte qu’une — ce « de sorte » mériterait un long commentaire — nouvelle phase de croissance (…) ne sera atteinte à nouveau que si nous faisons un effort — le « nous faisons » est magnifique — de flexibilité sur le marché du travail. »

Une menace proche du chantage

Ça y est. Les grands mots sont lâchés, et M. Hans Tietmeyer donne un magnifique exemple de la rhétorique euphémistique qui a cours sur les marchés financiers. L’euphémisme est indispensable pour susciter durablement la confiance des investisseurs — dont on aura compris qu’elle est l’alpha et l’omega de tout le système économique, le fondement et le but ultime, le telos, de l’Europe de l’avenir —, tout en évitant de susciter la défiance ou le désespoir des travailleurs, avec qui, malgré tout, il faut aussi compter, si l’on veut avoir cette nouvelle phase de croissance qu’on leur fait miroiter, pour obtenir d’eux l’effort indispensable. Parce que c’est d’eux que cet effort est attendu, même si M. Hans Tietmeyer, décidément passé maître en euphémismes, dit bien : « Démanteler les rigidités sur les marchés du travail, de sorte qu’une nouvelle phase de croissance ne sera atteinte à nouveau que si nous faisons un effort de flexibilité sur le marché du travail. » Splendide travail rhétorique, qui peut se traduire : Courage travailleurs ! Tous ensemble faisons l’effort de flexibilité qui vous est demandé !

Au lieu de poser, imperturbable, une question sur la parité extérieure de l’euro, le journaliste aurait pu demander à M. Hans Tietmeyer le sens qu’il donne aux mots-clés de la langue des investisseurs : « rigidité sur le marché du travail » et « flexibilité sur le marché du travail ». Les travailleurs, eux, entendraient immédiatement : travail de nuit, travail pendant les week-ends, horaires irréguliers, pression accrue, stress, etc.

On voit que « sur le marché du travail » fonctionne comme une sorte d’épithète homérique susceptible d’être accrochée à un certain nombre de mots, et l’on pourrait être tenté, pour mesurer la flexibilité du langage de M. Hans Tietmeyer, de parler par exemple de flexibilité ou de rigidité sur les marchés financiers. L’étrangeté de cet usage dans la langue de bois de M. Hans Tietmeyer permet de supposer qu’il ne saurait être question, dans son esprit, de « démanteler les rigidités sur les marchés financiers » ou de « faire un effort de flexibilité sur les marchés financiers ». Ce qui autorise à penser que, contrairement à ce que peut laisser croire le « nous » du « si nous faisons un effort » de M. Hans Tietmeyer, c’est aux travailleurs et à eux seuls qu’est demandé cet effort de flexibilité, et que c’est encore à eux que s’adresse la menace, proche du chantage, qui est contenue dans la phrase : « De sorte qu’une nouvelle phase de croissance ne sera atteinte à nouveau que si nous faisons un effort de flexibilité sur le marché du travail. » En clair : lâchez aujourd’hui vos acquis sociaux, toujours pour éviter d’anéantir la confiance des investisseurs, au nom de la croissance que cela nous apportera demain. Une logique bien connue des travailleurs concernés, qui, pour caractériser la politique de participation que leur offrait en un autre temps le gaullisme, disaient : « Tu me donnes ta montre, et je te donne l’heure. »

Relisons une dernière fois les propos de M. Hans Tietmeyer :

« L’enjeu aujourd’hui, c’est de créer des conditions favorables à une croissance durable et à la confiance des investisseurs, il faut donc… — remarquez le « donc » …contrôler les budgets publics, baisser le niveau des taxes et impôts jusqu’à leur donner un niveau supportable à long terme, réformer les systèmes de protection sociale, démanteler les rigidités sur les marchés du travail, de sorte qu’une nouvelle phase de croissance ne sera atteinte à nouveau que si nous faisons un effort de flexibilité sur les marchés du travail. »

Si un texte aussi extraordinaire, aussi extraordinairement extraordinaire, était exposé à passer inaperçu et à connaître le destin des écrits quotidiens de quotidiens, qui s’envolent comme des feuilles mortes, c’est qu’il était parfaitement ajusté à l’« horizon d’attente » de la grande majorité des lecteurs de quotidiens que nous sommes. Or cet horizon est le produit d’un travail social. Si les mots du discours de M. Hans Tietmeyer passent si facilement, c’est qu’ils ont cours partout. Ils sont partout, dans toutes les bouches. Ils courent comme monnaie courante, on les accepte sans hésiter, comme on fait d’une monnaie, d’une monnaie stable et forte, évidemment, aussi stable et aussi digne de confiance, de croyance, que le deutschemark : « Croissance durable », « confiance des investisseurs », « budgets publics », « système de protection sociale », « rigidité », « marché du travail », « flexibilité », à quoi il faudrait ajouter, « globalisation », « flexibilisation », « baisse des taux » – sans préciser lesquels – « compétitivité », « productivité », etc.

Cette croyance universelle, qui ne va pas du tout de soi, comment s’est-elle répandue ? Un certain nombre de sociologues, britanniques et français notamment, dans une série de livres et d’articles, ont reconstruit la filière selon laquelle ont été produits et transmis ces discours néolibéraux qui sont devenus une doxa, une évidence indiscutable et indiscutée. Par toute une série d’analyses des textes, des lieux de publication, des caractéristiques des auteurs de ces discours, des colloques dans lesquels ils se réunissaient pour les produire, etc., ils ont montré comment, en Grande-Bretagne et en France, un travail constant a été fait, associant des intellectuels, des journalistes, des hommes d’affaires, dans des revues qui se sont peu à peu imposées comme légitimes, pour établir comme allant de soi une vision néolibérale qui, pour l’essentiel, habille de rationalisations économiques les présupposés les plus classiques de la pensée conservatrice de tous les temps et de tous les pays.

La satisfaction que procure le fatalisme

Ce discours d’allure économique ne peut circuler au-delà du cercle de ses promoteurs qu’avec la collaboration d’une foule de gens, hommes politiques, journalistes, simples citoyens qui ont une teinture d’économie suffisante pour pouvoir participer à la circulation généralisée des mots mal étalonnés d’une vulgate économique. Un exemple de cette collaboration, ce sont les questions du journaliste qui va en quelque sorte au devant des attentes de M. Hans Tietmeyer : il est tellement imprégné par avance des réponses qu’il pourrait les produire. C’est à travers de telles complicités passives qu’est venue peu à peu à s`imposer une vision dite néolibérale, en fait conservatrice, reposant sur une foi d’un autre âge dans l’inévitabilité historique fondée sur le primat des forces productives. Et ce n’est peut-être pas par hasard si tant de gens de ma génération sont passés sans peine d’un fatalisme marxiste à un fatalisme néolibéral : dans les deux cas, l’économisme déresponsabilise et démobilise en annulant le politique et en imposant toute une série de fins indiscutées, la croissance maximum, l’impératif de compétitivité, l’impératif de productivité, et du même coup un idéal humain, que l’on pourrait appeler l’idéal FMI (Fonds monétaire international). On ne peut pas adopter la vision néolibérale sans accepter tout ce qui va de pair, l’art de vivre yuppie, le règne du calcul rationnel ou du cynisme, la course à l’argent instituée en modèle universel. Prendre pour maître à penser le président de la Banque fédérale d’Allemagne, c’est accepter une telle philosophie.

Ce qui peut surprendre, c’est que ce message fataliste se donne les allures d’un message de libération, par toute une série de jeux lexicaux autour de l’idée de liberté, de libéralisation, de dérégulation, etc., par toute une série d’euphémismes, ou de double jeux avec les mots — réforme par exemple —, qui vise à présenter une restauration comme une révolution, selon une logique qui est celle de toutes les révolutions conservatrices.

Si cette action symbolique a réussi au point de devenir une croyance universelle, c’est en partie à travers une manipulation systématique et organisée des moyens de communication.

Ce travail collectif tend à produire toute une série de mythologies, des « idées-forces » qui marchent et font marcher, parce qu’elles manipulent des croyances : c’est par exemple le mythe de la « globalisation » et de ses effets inévitables sur les économies nationales ou le mythe des « miracles » néolibéraux, américain ou anglais. A la mythologie selon laquelle les inégalités sociales et économiques se réduiraient aux Etats-Unis, on peut opposer le travail d’un sociologue, M. Loïc Wacquant, montrant que, aux Etats-Unis, l’« Etat charitable », fondé sur une conception moralisante de la pauvreté, tend à se dédoubler en un Etat social assurant les garanties minimales de sécurité aux classes moyennes et un Etat de plus en plus répressif pour contrecarrer les effets de la violence liée à la précarisation des conditions d’existence de la grande masse de la population, noire notamment. Ainsi l’Etat de Californie, un moment constitué par certains sociologues français en paradis de toutes les libérations, consacre désormais à ses prisons un budget largement plus élevé que celui de toutes les institutions d’enseignement supérieur réunies, qui sont pourtant parmi les plus prestigieuses du monde.

Autre exemple, la Grande-Bretagne, dont on nous dit tous les jours qu’elle a résolu le problème du chômage, a en fait multiplié les emplois précaires, et les travailleurs britanniques découvrent avec envie les acquis sociaux encore survivants en France. Cela, paradoxalement, au moment même où l’on dit aux Français à quel point les travailleurs d’outre-Manche sont heureux de leur malheur.

Peut-être assistons-nous à un phénomène d’involution de l’Etat qui s’est constitué historiquement par concentration successive de force physique (la police et l’armée), de capital culturel (le système métrique, etc.) et de capital symbolique. Un des effets de la philosophie néolibérale, qui n’est que le masque d’une vieille philosophie conservatrice, est de conduire à une régression de l’Etat vers l’Etat minimal tout à fait conforme à l’idéal des dominants, c’est-à-dire réduit aux forces de répression, comme en témoigne l’augmentation des dépenses pour la police.

Confiance des marchés ou confiance du peuple

Revenons pour finir au mot-clé du discours de M. Hans Tietmeyer, la « confiance des marchés ». Il a le mérite de mettre en pleine lumière le choix historique devant lequel sont placés tous les pouvoirs : entre la confiance des marchés et la confiance du peuple, il faut choisir. La politique qui vise à garder la confiance des marchés perd la confiance du peuple.

Selon un sondage récent sur l’attitude à l’égard des hommes politiques, les deux tiers des personnes interrogées les considèrent comme incapables d’écouter et de prendre en compte ce que pensent les Français, reproche particulièrement fréquent chez les partisans du Front national (FN) — dont on déplore par ailleurs l’irrésistible ascension, sans songer un seul instant à faire le lien entre FN et FMI.

Il faut mettre la confiance des marchés financiers ou des investisseurs — qu’on entend sauver à tout prix — en relation avec la méfiance des citoyens. L’économie est, sauf quelques exceptions, une science abstraite fondée sur la coupure, absolument injustifiable, entre l’économique et le social qui définit l’économisme. Cette coupure est au principe de l’échec de toute politique qui ne reconnaît pas d’autre fin que la sauvegarde de l’« ordre et de la stabilité économiques », c’est-à-dire du deutschemark, ce nouvel absolu dont M. Hans Tietmeyer s’est fait le desservant…

Pierre Bourdieu, Sociologue, professeur au Collège de France.

Le Monde diplomatique

7 réflexions sur “L’architecte de l’euro passe aux aveux. Pierre Bourdieu (Septembre 1997)

  1. Je ne suis pas Pierre Bourdieu et n’est ni les connaissances ni les compétences de ce grand sociologue. Mais franchement, je n’ai pas eu besoin de ce monsieur pour me rendre compte par moi même depuis longtemps que l’euro et l’Union Européenne sont de véritables saloperies et que nous sommes en train d’en crever. Pas besoin d’être « clerc de notaire » pour prendre conscience de cette évidence. Il suffit de regarder ce que nous vivons tous les jours, d’être un peu curieux et de s’informer. Malheureusement, le courage intellectuel n’est pas le fort de la majorité des français qui sont également frappés d’amnésie et ont tendance à trop vite oublier.

    J’en profite Madame pour vous féliciter car vos articles sont toujours très intéressants et instructifs. Continuez car c’est grâce à des gens comme vous que nous pourrons être bien informés. Merci et bonne continuation !

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  2. cet article dit finalement simplement l’imposture de la ritournelle « économisiste » qui consiste à nous vendre comme modernes et révolutionnaires des réformes néolibérales absconses dont le but est le pillage de la richesse des états et des peuples pour sur pondérer le capital ce qu’on nomme dans le texte ci dessus: les marchés et les investisseurs.Est déjà bien avancé cette rhétorique qui a mis en place un système très efficace et pragmatique d’inversion des valeurs.Les libéraux seraient pour la liberté le bien être des peuples quand dans la réalité tout tend à monter le contraire:et pour exemple reprendre le cas de la GRECE,de l’ITALIE, de l’ESPAGNE, du PORTUGAL et aussi de la FRANCE qui s’enfoncent dans le chaos social , la pauvreté , la misère…etc mais bien sûr en FRANCE le discours de M.FILLON reprend cette rhétorique brutale de la mise en place de réformes à faire en urgence et à la hache contre les travailleurs quels qu’ils soient (bien qu’on offre en sacrifice premier les fonctionnaires pour faire passer la pilule amère aux autres salariés).La dialectique de M.FILLON est qu’il faut faire les réformes pour sortir la France de l’ornière économique mais ce sont ces mêmes réformes qui ont causé le chaos social ailleurs et même chez nos voisins allemands qui ne sont pas tous des salariés ou retraités heureux contrairement à ce qu’on nous vend , en effet les réformes Schroder sont là pour prouver leur caractère néfaste avec leur corollaire que développement économique (de quelques uns) ne peut se réussir qu’au détriment de la masse populaire. D’autre part derrière l’économie chercher l’élément fondateur de cette économie néolibérale:le système monétaire et les banques centrales qui appartiennent à des banquiers privés qui fabriquent la monnaie papier sans valeur avec création de la dette qu’aucun état ne pourra rembourser mais qu’importe puisque les états remboursent des intérêts conséquents et bien réels eux .Les états n’ont plus ni souveraineté monétaire ni souveraineté politique, ni souveraineté militaire et de défense du territoire.La création de l’union(sic) européenne n’est qu’une vaste arnaque vendue aux peuples crédule au nom de l’humanisme , de la paix pour toujours(ah bon nous sommes entourés de pays en guerre dont les motivations profondes sont très anciennes (à propos du moyen orient lire le plan Oded YiNON de destruction de sept états du moyen ORIENT dès 1981! entendre aussi à ce propos, le discours de Roland DUMAS!
    Merci pour vos articles qui sont plus intéressants que tous les média réunis de nos pseudo élites journalistiques qui comme le dit l’article sont effectivement programmés à devenir les perroquets de leur maîtres en sous mains.

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  3. Je partage totalement le regard critique du sociologue Pierre Bourdieu qui semble plus soucieux de la prise en compte de la complexité du monde dans lequel nous vivons que l’analyse simpliste du banquier central qui vide le réel de sa substance pour nous chanter l’ode des marchés libres et sans entrave censés produire le miracle économique avec sa croissance et la diffusion du bien-être pour tout le monde. J’ai choisi délibérément d’attirer l’attention sur l’une des faiblesses de l’analyse technique de Hans Tietmeyer;

    L’ancien banquier central allemand semble avoir une vision partielle de l ‘économie ou plus précisément son raisonnement se déploie dans un cadre d’équilibre partiel avec cette obsession de flexibiliser à outrance le marché du travail et de liquider les acquis sociaux des salariés (par ex le démantèlement de l’Etat social) dans le but de créer les conditions d’une croissance. Or même si l’on admet un marché de travail flexible ( sans salaire minimum, sans réglementation du travail et sans syndicats), il n’est pas sûr que la confiance accordée aux marchés engendre un équilibre de plein emploi, dès lors que l’on raisonne dans un cadre d’équilibre général, par exemple les ménages ne peuvent pas consommer autant qu’ils le souhaitent parce qu’ils sont rationnés sur le marché du travail et les entreprises ne peuvent pas vendre autant qu’elles le souhaitent parce qu’il y a du chômage et un climat pessimiste. Dans ce contexte de déséquilibre, la politique monétaire n’est en général pas d’un grand secours en particulier si l’économie est bloquée dans un équilibre de faible niveau d’emploi. Bref les remèdes préconisés par notre banquier central risqueraient de tuer le malade faute de supprimer les causes de la maladie.

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  4. Une majorité de richesses accaparée par une minorité, des inégalités qui se développent tandis que le Système (Deep State) ostracise ceux-là même qui sont victimes de cette évolution… Triste spectacle qu’offrent les « démocraties libérales avancées » !
    Merci pour cet article qui mérite un grand écho !

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  5. très bien …;nous sommes tous d’accord ….et maintenant… qui prends les armes??? voyez-vous j’ai beau retourner toutes les problématiques économiques,sociétales, je ne vois qu’une seule issue,susceptible de remettre de l’équité dans ce monde.Mais comme nous avons perdu le sens de l’humanité et de notre passage « sur terre »,( non.. point de notion religieuse dans ce terme) nous continuerons à nous plier à la soumission financière que nous imposent ceux qui contrôlent le monde.Aussi étrange que cela puisse paraître cette mondialisation,globalisation imposée ( américaine dans sa majorité) à un talon d’Achille , l’Afrique et le Moyen-orient, ou si vous préférez, l’islam…!! et voilà pourquoi pour retarder l’échéance d’une révolution mondiale contre l’occident (contre la globalisation: économico-américaine ) de l’islam …le monde financier à travers l ‘UE, offre pour retarder l’échéance les territoires d’Europe à l’immigration de masse …Mon commentaire est très succinct et peu développé ….mais réfléchissez à mes propos …Très cordialement

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  6. Joli cocktail Christian, mais je vous informe que vous êtes sur un blog Suisse d’informations économiques principalement, les blogs français sont plus enclin a vos questions politiques, puisque les Suisses n’ont plus fait la révolution depuis 700 ans. °smile°
    Bien cordialement.

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