La suprématie du dollar américain malgré la baisse du prix du pétrole. Liliane Held-Khawam + Vous avez dit… récession mondiale? Par Gérald Fillion

Remontera? Remontera pas? Remontera quand? Et s’il ne remontait pas?…

Chacun y va de ses graphiques plus complexes les uns que les autres pour expliquer et prévoir l’évolution du prix du pétrole….

Essayons de voir les choses de manière pragmatique et simplifiée mais en introduisant la complexité nouvelle des données d’un monde muté.

La mutation radicale du Système fait que les raisonnements qui étaient autrefois valables ne le sont plus aujourd’hui ou le sont moins.

Voilà notre hypothèse. L’Espace socio-économique est plombée et empêchera le prix du pétrole de remonter à son tour.

Le dollar américain installe confortablement sa suprématie en trônant sur les actifs de la planète. Il a diversifié son assise. Le poids du pétrole y est relativisé par l’accaparement via la globalisation  des richesses mondiales.

Le dollar américain n’a plus besoin d’un prix élevé du pétrole.

Par ailleurs,le prix du pétrole doit descendre au niveau où les gens pourraient continuer de le consommer.

Voici quelques réflexions sur cette hypothèse:

A. Epuisement du pouvoir d’achat

La vaste majorité des citoyens des pays aussi bien riches que pauvres voit ses ressources économiques et financières laminées.

Voici quelques raisons non exhaustives:

  • La destruction massive des emplois a saboté l’assise économique des foyers en Occident. Aucune perspective de recréation d’emplois ne semble poindre le bout de son nez. Pire, une propagande massive menée tambour battant par les médias mainstream nous vante les mérites de robots si performants pour des sommes défiant toute concurrence. La destruction d’emplois va se poursuivre et même s’accélérer. C’est une promesse!
  •  Le consommateur occidental est sollicité à tout bout de champ pour des impôts directs ou indirects, pour assumer les pertes du casino mondial, pour financer des guerres dont il ne veut pas, pour des dettes publiques dont les bases sont parfaitement illégitimes, etc.
  •  Les Etats ont été vidés de leur substance par une privatisation massive visible telle que cela se déroule en Grèce ou invisible à l’image de la Suisse. Cela signifie que les revenus publics sont sabrés au profit d’entités publiques devenues privées. Les caisses ont été vidées des revenus, mais aussi du patrimoine qui générait les revenus…
  • Le financement des arrivées massives de personnes depuis plusieurs années sans ressources est -au-delà de toute polémique de diversion- un consommateur d’importants volumes financiers.
  • L’importation du chômage grâce à la création d’un espace unique de prestations sociales affaiblit à n’en pas douter les prestations sociales pour l’ensemble des populations. Il s’agit là d’une dilution des réserves payées par la population active. Elle ne les retrouvera plus en cas de besoin. Voilà une précarisation supplémentaire.
  • Le contrat de travail à 0 heure, invention anglo-saxonne est une usine à créer des travailleurs pauvres et même SDF!

B. Les entreprises de proximité handicapées par l’ouverture des marchés et la libre-circulation des personnes:

Les entreprises de proximité ont vu aussi leur pouvoir d’achat s’effondrer avec l’ouverture des marchés publics à des entreprises qui bénéficient d’endettement à taux négatifs et de travailleurs à bas-coûts.

Les entreprises locales qui paient leurs impôts sur place sont disqualifiées par des entités venues d’ailleurs qui bénéficient souvent d’optimisation et de montages fiscaux qui finissent par les exonérer des impôts locaux…

Tout ce qui précède ne sont que quelques éléments qui participent à l’assèchement des rentrées d’argent public, de la création d’emplois et de la confiscation de l’argent des prestations sociales financées pourtant par l’argent personnel…

Du coup, la charge du financement de ce qui reste des infrastructures doit être financée par les mêmes, à savoir les citoyens et les entreprises locales qui sont les clients captifs du fisc…

Il y a fort à parier que la charge fiscale, confiscation  de l’épargne, recapitalisation de banques centrales, etc vont continuer d’augmenter dans les prochaines années appauvrissant toujours plus les populations.

C. Quid de l’inflation liée aux différents Qantitative Easing (QE)?

Reste la question de l’inflation qui aurait pu être générée par les multiples  QE. Nous n’y croyons pas sur ce blog. Notre thèse étant que ce qui est appelée « création monétaire centrale » est une ponction provisoire ou définitive de la masse monétaire en circulation sur le trafic de paiement.

De plus le circuit financier sur lequel circule les trillions de la haute finance internationale est clairement séparée de l’économie réelle du monde réel (cf notre article sur le double-circuit financier).

Dans cette hypothèse, seules les banques commerciales créent de la monnaie basée sur des dettes. Cela garantit le maintien de la spirale de la déflation…

D. Le dollar américain est le grand gagnant.

La financiarisation de la planète et la détention de l’essentiel des actifs et des créances par les firmes financières transnationales américaines et ses alliés font que le dollar américain donné récemment pour mort est en train de devenir la monnaie de réserve! Plus besoin du seul pétrodollar pour dominer…

Une des preuves disponibles est la parité du dollar avec le franc suisse et celle en cours de réalisation avec l’euro.

 

Bref, comme la récession globalisée semble bien installée, que le monde est appauvri et qu’il faut permettre aux habitants  de la planète de continuer de consommer, il faut baisser les coûts de production pour réduire les prix de vente.

TOUS les prix vont continuer de baisser y compris celui du pétrole! Dans ce contexte le bradage du pétrole par Daëch est très utile…

Liliane Held-Khawam

Graphique de Pierre Sabatier

Pétrole Prix et demande.PNG

Vous avez dit… récession mondiale? Par Gérald Fillion

Le mot récession apparaît dans l’analyse de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) diffusée en ce début de semaine sur l’état de l’économie mondiale. Au rythme actuel, la croissance du commerce planétaire en 2015 touche des niveaux qu’on considérait, dans le passé, comme étant « associés à une récession internationale ».

Plusieurs experts considèrent qu’en bas de 3 % de croissance, le monde est en récession ou se trouve dans un contexte économique qui ressemble à une récession. On associe généralement une croissance du PIB mondial qui se situe entre 3 et 3,5 % à un fléchissement des matières premières.

Or, l’OCDE révise sa prévision pour 2015 de 3 à 2,9 % seulement. Et pour 2016, de 3,6 % à 3,3 %. Pourquoi? Parce que la Chine ne cesse de décélérer. Ses importations dégringolent. L’OCDE prévoit une hausse du PIB cette année de 6,8 %, l’an prochain, de 6,5 % et en 2017, de 6,2 %. Vous comprenez que la croissance de la Chine demeure forte, mais le ralentissement de sa croissance a un impact marqué sur l’économie mondiale.

Des pays exportateurs, comme le Canada, sont particulièrement ébranlés par ce qui se passe en Chine. Plusieurs pays qui ont des liens importants avec la Chine demeurent en récession. C’est le cas de plusieurs pays émergents comme la Russie et le Brésil. C’est le cas aussi de la Grèce. Dans ces trois cas, il n’est pas prévu qu’une reprise se pointe avant 2017. (lire la suite).

 

2 réflexions sur “La suprématie du dollar américain malgré la baisse du prix du pétrole. Liliane Held-Khawam + Vous avez dit… récession mondiale? Par Gérald Fillion

  1. Article intéressant. Je vois que vous n’êtes pas la seule à vous gratter la tête pour savoir comment procèdent les BC. Sur la suprématie du dollar je suis d’accord mais je ne partage pas l’avis selon lequel cette suprématie se manifesterait par sa force actuelle qui est liée à des facteurs conjoncturels. Les américains n’ont pas besoin d’un dollar fort pour que celui-ci soit la monnaie de réserve et l’histoire nous apprend qu’ils n’aiment d’ailleurs jamais longtemps avoir un dollar fort… Par ailleurs et si l’on considère la divergence historique entre les politiques monétaires européennes (y compris suisse) et US, l’appréciation du dollar doit être grandement relativisée.

    Aimé par 1 personne

  2. Seb, d’accord avec vous. Mais là j’ai surtout parlé de l’assise du dollar. La prééminence mondiale de l’industrie financière américaine assoit celle de la monnaie…

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