UBS- Deutsche Bank, un mariage déraisonnable. LHK

UBS

UBS pourrait fusionner ses activités de management d’actifs avec celles du même secteur de la Deutsche Bank.

Une Deutsche Bank, DB, au plus mal.

Pour mémoire, nous rappellerons ici nos précédents articles sur la DB.

2015: Les paris de la Deutschebank qui font trembler l’Allemagne
2016 Deutsche Bank: Une arme de destruction massive de l’Allemagne. Dossier
2016 La chute de la Deutsche Bank se poursuit.

DB est aussi liée à de vastes scandales qui lui coûtent cher, et qui pourraient être amplifiés à l’avenir. Nous apprenons ainsi que « L’établissement allemand est l’une des seules grandes banques occidentales à avoir continué à prêter de l’argent à l’empire de Donald Trump après la mise en faillite de plusieurs de ses casinos dans les années 1990, aboutissant à des créances aujourd’hui évaluées à 330 millions de dollars. Ce rôle lui vaut d’être au centre de nombreuses enquêtes aux États-Unis.

Les élus démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants depuis janvier, lui ont adressé des demandes d’informations sur les taux d’intérêt accordés à la Trump Organization. Ils veulent également obtenir des détails sur les protagonistes d’une vaste affaire de blanchiment d’argent russe, qui a valu à Deutsche Bank une amende de 630 millions de dollars en janvier 2017 aux États-Unis. »

https://www.bfmtv.com/economie/deutsche-bank-se-soumet-a-la-justice-new-yorkaise-et-transmet-des-documents-sur-trump-1679801.html

Ailleurs, nous découvrons que « Mi-mars, la procureure de l’Etat de New York Letitia James avait intimé à la banque allemande de lui fournir de nombreux documents liés à des demandes de prêts et lignes de crédit octroyées à la Trump Organization, holding chapeautant les actifs du magnat de l’immobilier et dont les rênes sont tenues par ses fils Eric et Donald Trump Jr depuis son entrée à la Maison Blanche.

L’argent en question était destiné au financement de projets comme les hôtels Trump dans la capitale fédérale Washington, à Miami et à Chicago, avait indiqué le 12 mars à l’AFP une autre source sous couvert d’anonymat. Il n’était pas possible de savoir mercredi si Deutsche Bank avait déjà fourni tous les documents exigés par la justice new-yorkaise. »

https://www.20min.ch/ro/news/monde/story/Deutsche-Bank-transmet-des-infos-sur-Trump-22450001

Et voici l’évolution de l’indicateur censé refléter la santé de l’établissement allemand. La valeur de son action, autour de 7 euros, est au plus bas depuis 10 ans.

deutsche bank.PNG

Et pour être un peu plus complet, il est bon de rappeler que la DB est une arme de destruction massive car chargée de produits dérivés dont la quantité et la qualité relèvent des suppositions, voire des spéculations.

D’ailleurs, la filiale américaine de la banque allemande, cette banque too big to fail, est le seul établissement pour lequel la Réserve fédérale a constaté des « faiblesses importantes » dans le plan de capitalisation.

Deutsche Bank échoue aux stress tests de la Fed

De l’autre côté de l’Atlantique, les spécialistes alertent sur le fait que la DB pourrait bien être le prochain cygne noir européen.

As I have written in the past, I view (DB) as the next Black Swan in Europe:

« Like Sears (SHLD) , Deutsche Bank has no current profits, is in a state or operating flux, is being forced to sell assets, has an extremely low equity capitalization and a large and leveraged balance sheet.

https://realmoney.thestreet.com/investing/kass-i-view-deutsche-bank-as-the-next-black-swan-in-europe–14795851?puc=yahoo&cm_ven=YAHOO&yptr=yahoo

DB est obligée de vendre des actifs à cause d’une capitalisation très faible, un bilan hypertrophié, caractérisé par un important effet de levier. Mais aussi des résultats peu encourageants avec 409 millions d’euros de pertes pour le 4ème trimestre 2018.

https://www.rte.ie/news/business/2019/0201/1026851-deutsche-bank-results/

DB a besoin donc d’être renflouée. Elle a besoin d’apports extérieurs pour continuer de fonctionner. D’ailleurs, les experts  s’attendent à une fusion de la banque avec Commerzbank.

Concernant, la gestion des actifs qui a été mise à l’abri des turpitudes de la banque allemande, les voisins germaniques semblent avoir jeté leur dévolu sur UBS.

Les atouts stratégiques de UBS

  • 5 milliards de bénéfice en 2018. Un bénéfice trimestriel 2019 de 873 millions de dollars.
https://www.zonebourse.com/UBS-GROUP-19156942/actualite/Previsions-UBS-benefice-trimestriel-attendu-a-873-millions-de-dollars-28470904/
  • UBS est omniprésente dans les allées du pouvoir en Suisse. Elle est absolument PARTOUT. Elle est présente en direct, au travers de filiales, de ses alumini (anciens hauts cadres) dans des banques cantonales, agences Raiffeisen, Postfinance, etc. Pour mémoire, elle détient la gestion du dossier de Compenswiss,  les fonds AVS…
  • Mais UBS c’est aussi l’actionnaire majoritaire avec credit suisse de SIX group!!! La boîte sous-traitante de la BNS cher lecteur! Et là les enjeux et les dangers sont présents partout! A titre d’exemple, c’est une entité de Six group qui a développé un partenariat Public-Privé avec le Conseil fédéral pour la gestion numérique des transactions immobilières.
https://lilianeheldkhawam.com/2016/01/23/qui-dirige-la-bns-liliane-held-khawam/
  • UBS détient 1/4 des actions du concessionnaire exclusif de la BNS en matière de trafic de paiement en euros pour la Suisse. Tous flux financiers en euros avec la Suisse passent par la SECB. Et celle-ci  UBS, SIx group, et credit suisse l’ont établie en… Allemagne, à Francfort. Or, les directeurs de la BNS ont abandonné en 2016 l’usage du franc suisse au niveau international au profit de l’euro!
La politique monétaire suisse serait-elle vassalisée par l’Allemagne?

UBS asset management

Dans le jeu de restructuration des entreprises en général et des banques en particulier, la vision du management est cruciale pour déterminer les orientations de l’entreprise. Selon les cas, cette stratégie peut se solder par des licenciements. D’où notre intérêt pour les rumeurs qui vont bon train au sujet de la fusion des secteurs de l’asset management de UBS et DB.

UBS a longtemps été numéro 1 mondial de la gestion d’actifs. La crise des subprimes est passée par là, mais probablement que le pire fut tout de même la politique de Mme Widmer-Schlumpf et de la Finma dans leur désir de servir les US. Nous avons su depuis que les Delaware et autres paradis fiscaux furent les grands gagnants d’une stratégie autodestructrice de la place financière suisse.

Bref, UBS a dégringolé au 16ème rang de la gestion d’actifs, mais maintient une jolie activité dans le domaine. Elle est surtout rentable. 693 milliards d’euros (790 milliards de francs) de fonds sous gestion, qui ont généré ces dernières années plus de 500 millions de dollars.

UBS gestion actifs.PNG

DSW, filiale de DB

De son côté, la filiale allemande DWS affiche 662 milliards d’euros de volume d’actifs sous gestion, après avoir enregistré une sortie de 22 milliards d’euros de fonds. Elle est sur une pente négative malgré des promesses de croissance. Selon le FT qui rapporte ces informations, quatre mois seulement après son introduction en bourse, DWS a abandonné son objectif de croissance consistant à augmenter les actifs sous gestion de 3 à 5% par an. En fait, ils ont diminué de 5,4% pour atteindre 662 milliards d’euros en 2018.

Asoka Woehrmann, directeur général de DWS, a déclaré au FT en mars qu’il souhaitait participer activement aux activités de fusion et d’acquisition. «Nous ne devrions pas cacher notre taille et notre échelle», a-t-il déclaré. « Nous devons examiner les opportunités sur le marché. » Cependant, il a ajouté que DWS devait d’abord améliorer sa position.

Voilà donc pour DWS qui doit impérativement redresser la barre.

UBS cèderait ses activités de management d’actifs rentables à DWS

Depuis quelques mois, les discussions de fusion entre UBS et DB avancent. Du coup, les actions de DWS ont progressé d’environ 35% à 32 euros depuis le début de l’année.

DWS.png

Une nouvelle structure qui défavorise UBS

Nous avons peu de détails sur la nouvelle structure.

Voilà ce que nous détenons comme infos du FT.

UBS transfèrerait son unité de gestion d’actifs forte de 700 milliards d’euros, à DWS en échange d’actions du nouveau groupe. Actuellement, DWS est détenue à 79% par DB. 

Or, malgré tous les atouts de UBS et les difficultés de DWS, la DB resterait le principal actionnaire de la société, avec une participation diluée.

On comprend mieux pourquoi l’action de la DWS a flambé ces dernières semaines…


Autre surprise. Malgré les 500 millions de bénéfices, UBS détiendrait moins d’actions que DB dans la nouvelle structure DWS. Pourtant, la capitalisation totale de DWS serait selon FT de 6,42 milliards d’euros! Donc, même s’il devait y avoir augmentation du capital-action, nous ne comprenons pas les avantages de pareille opération!

Alors, si l’on comprend l’intérêt de DWS, nous ne saisissons pas la logique de UBS pour ce mariage fort coûteux!

Les arguments avancés par la presse suisse seraient la pression sur les commissions et les frais de gestion – surtout de la part des gros clients que sont les fonds de pension. Pourtant UBS génère quand même un joli profit!

Un autre argument des médias serait celui de concurrencer Blackrock, le plus gros gagnant de la crise des subprimes en matière de gestion d’actifs (cf livre Dépossession). Or, Blackrock est un fervent actionnaire de DB ET de UBS!

Shareholder Structure* Large Shareholders acc. to Art. 33, Sec. 1 German Securities Trading Act – as of March 26, 2019

4.81% held by BlackRock, Inc., Wilmington, DE March 19, 2019
3.14% held by Douglas L. Braunstein, date of birth: January 15, 1961, (Hudson Executive Capital LP) October 31, 2018
3.05% held by Paramount Services Holdings Ltd., British Virgin Islands August 20, 2015
3.05% held by Supreme Universal Holdings Ltd., Cayman Islands August 20, 2015
3.001% held by Stephen A. Feinberg, date of birth: March 29, 1960, (Cerberus) November 14, 2017
0.19%1 held by C-QUADRAT Special Situations Dedicated Fund, Cayman Islands March 26, 2019

1 Total percentage of voting rights: 4.91% (voting rights attached to shares: 0.19%, voting rights through financial instruments: 4.72%)

https://www.db.com/ir/en/shareholder-structure.htm

Et voici ce que nous indique Six group au sujet d’un des grands actionnaires de UBS:

Date 30.08.2018
Émetteur UBS Group AG
Ayants droit économiques / personnes pouvant librement exercer les droits de vote
  • BlackRock, Inc., (Mother Company), New York, NY, USA
Les droits de vote pouvant être exercés librement selon l’art 120 al. 3 LIMF sont déclarés sur une base consolidée au sens de l’art 10 al. 2 phrases 2 et 3 OIMF-FINMA.
Types de droits Nombre de droits Droits de vote Pourcentage de droits de vote ISIN / Conditions essentielles / Remarques
Positions d’acquisition (total) 4.99 %
Action nominative 159’236’406 159’236’406 4.13 %
Prêt de valeurs mobilières et opérations analogues avec des actions:
Actions mentionnés ci-dessus qui résultent de prêts de valeurs mobilières et opérations analogues (art. 17 OIMF-FINMA):
Action nominative 6’617’332 6’617’332 0.17 %
Acte juridique Autre
Remarques Repos (on the purchaser side) and/or collateral received with title transfer (non-repo)The dates of return transfer depend on the specific terms of the various agreements according to which the collaterals are granted
https://www.six-exchange-regulation.com/fr/home/publications/significant-shareholders.html#notificationId=TAI8S00025

Compte tenu de ce qui précède, il est très tentant d’imaginer que Blackrock, en tant qu’influent actionnaire, est derrière cette opération qui lui permettrait d’avoir sous contrôle les 1’400 milliards d’actifs de la nouvelle DWS.

De plus, ces fonds seraient à l’abri des dommages que promet la DB et ses expositions en produits dérivés.

Ce mariage ne s’explique que si l’on considère que le patron de UBS est Axe Weber,  ancien patron de la banque centrale allemande. Or, ce monsieur annonçait l’année dernière sur les ondes de la télévision d’Etat alémanique que les plans de liquidation de UBS était déjà dans les tiroirs. (Voir vidéo 4:50)

Voilà donc le fond d’une affaire, présentée de manière très positive par les médias de masse. Dans les faits, il s’agit d’un soutien que UBS apporterait à la DWS, et d’un potentiel phagocytage, direct ou indirect, à bon compte par Blackrock.

Un mariage déraisonnable donc pour UBS.

Liliane Held-Khawam

Note: Je vous conseille de lire l’article du FT. Les médias de masse suisses ne présentent pas le sujet de manière aussi explicite. https://www.ft.com/content/c1dba812-65de-11e9-9adc-98bf1d35a056

Ajout 21h41: La version francophone la plus proche de l’article de FT:

UBS et Deutsche Bank discutent d’une fusion dans l’Asset Management. Agefi

Les deux grandes banques seraient en discussion depuis quelques mois au sujet d’un éventuel rapprochement de leurs sociétés de management d’actifs.

UBS se séparerait de ces affaires et les fusionnerait avec DWS, filiale de Deutsche Bank.

 

UBS et Deutsche Bank sont en « discussions sérieuses » pour une fusion de leurs sociétés de management d’actifs, a rapporté le Financial Times mardi soir. UBS se séparerait de ces affaires et les fusionnerait avec DWS, filiale de Deutsche Bank.

Le cas échéant, cette fusion ferait naître le plus gros gestionnaire d’actifs d’Europe avec une masse d’environ 1,4 billions d’euros, toujours selon le journal. Cela lui permettrait de mieux se mesurer aux géants américains de la branche que sont Blackrock et Vanguard.

Au début de ce mois, Bloomberg avait aussi fait état d’un possible rapprochement d’UBS avec DWS. L’article de mardi soir du Financial Times indique que les deux grandes banques discutent du sujet depuis « quelques mois ».

UBS Asset Management gère actuellement près de 780 milliards de dollars de fortune et DWS 662 milliards d’euros. Deutsche Bank ne souhaite pas vendre DWS, selon le Financial Times. Après la transaction, la banque allemande resterait le plus gros actionnaire de la société.

DWS n’est pas à vendre, mais, au vu des discussions de fusion entre Deutsche Bank et Commerzbank, on spécule qu’il faudrait se séparer d’une partie de DWS pour faire passer la pilule. Actuellement, Deutsche Bank détient 78% de DWS. (awp)

http://www.agefi.com/home/entreprises/detail/edition/online/article/les-deux-grandes-banques-seraient-en-discussion-depuis-quelques-mois-au-sujet-dun-eventuel-rapprochement-de-leurs-societes-de-management-dactifs-487168.html

Ajout 27 avril 2019

Deutsche Bank et Commerzbank renoncent à fusionner. Le Monde

Les deux plus grandes banques privées d’Allemagne ont estimé qu’une fusion « n’apporterait aucune valeur ajoutée suffisante ».

 

Il n’y aura donc pas de champion bancaire allemand. Jeudi 25 avril au matin, Deutsche Bank (DB) et Commerzbank, les deux plus grandes banques privées du pays, ont annoncé renoncer à vouloir fusionner, après examen de leur situation respective. Depuis des mois, cette fusion géante, qui aurait amorcé un big bang dans le paysage bancaire allemand, faisait l’objet d’intenses spéculations. Le 17 mars, les deux établissements avaient révélé l’ouverture de discussions exploratoires. Le processus était suivi de près par le ministre des finances social-démocrate, Olaf Scholz, qui n’a jamais caché son souhait de voir l’Allemagne se doter d’une banque à la mesure de sa puissance économique.

« Après examen approfondi, les directoires sont arrivés à la conclusion qu’une fusion n’apporterait aucune valeur ajoutée suffisante, » ont déclaré DB et Commerzbank, dans deux communiqués séparés. Les risques et les coûts en jeu étaient supérieurs aux gains attendus, estiment les deux établissements. Il aurait en particulier été difficile de convaincre les actionnaires de DB de consentir à une incontournable augmentation de capital pour racheter la banque rivale, au vu de l’effondrement du cours depuis 2011.

Les problèmes du système bancaire allemand restent non résolus

La fusion avortée ne chagrinait personne, mercredi 24 avril. Les syndicats redoutaient un gigantesque plan social, beaucoup de responsables politiques craignaient la création d’un nouveau géant bancaire, qui aurait été dépendant du contribuable en cas de problème. Et les spécialistes des marchés financiers s’interrogeaient sur le sens d’une fusion entre deux grands mastodontes malades.

Reste que les problèmes du système bancaire allemand restent non résolus : les établissements sont nombreux et leur rentabilité faible, ce qui limite les investissements dans les technologies d’avenir. Les banques coopératives et les caisses d’épargne assurent certes le financement des petites entreprises, mais les seules grandes banques privées capables d’accompagner les groupes exportateurs n’ont jamais retrouvé leur puissance d’avant la crise financière. Alors que la conjoncture allemande se retourne, elles pourraient se retrouver, aujourd’hui, la cible de groupes étrangers.

 

Par Cécile Boutelet

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/04/25/deutsche-bank-et-commerzbank-renoncent-a-fusionner_5454864_3234.html

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