40 ans de croissance de la dette française en 2 graphiques. Liliane Held-Khawam

poids_de_la_dette

La globalisation du monde a un coût.

Ce coût est direct et/ou indirect.

Ce coût est qualitatif et quantitatif.

Ce coût est privé et public.

La globalisation a fait sienne la croissance par endettement. Nous avons vu dans la publication précédente le volume extravagant que représente le crédit aux secteurs publics .

Grâce à la financiarisation de tout ce que la planète englobe, la finance s’est détachée de l’économie réelle et finit par exister par elle-même et pour elle-même.

Ci-dessous, quelques données qui concernent la dette publique française, exprimée en milliards d’euros.

Avec 2’147,2 milliards, nous pouvons constater que le trend s’est incrusté depuis les années soixante-dix. Cela ne peut que réjouir l’industrie de la finance, qui rappelons-le crée de la monnaie scripturale privée (non garantie au plan national) en échange de reconnaissance de dettes (obligations d’Etat). Par la suite, elle va soit spéculer avec sur le marché financier, soit les échanger contre des liquidités en monnaie centrale cette fois (garantie par l’Etat de la banque centrale acquéreuse)…

De 1978 où la dette était de 74 milliards (France dette des administrations publiques) à près de 2’175 milliards d’euros actuellement, le volume de la dette publique globale française a été multipliée par environ 29 en près de 40 ans!

Quand les publications officielles optent pour l’affichage de l’évolution du ratio de la dette en fonction du PIB, l’ampleur du gouffre en est psychologiquement atténuée.  Sur les graphiques ci-dessous, la dette publique ne serait passée que de 21% à 95%… Elle n’aurait alors été multipliée que par 4.5. L’information en est alors biaisée.

Quand nous scrutons ces chiffres, on ne peut que constater que quelque chose de structurel s’est passé. Un système, installé et institutionnalisé, gangrène manifestement les finances publiques non pas depuis la crise des subprimes, mais bien depuis 78.Un système qui ne peut aboutir qu’à la faillite de la chose publique.  Force est de constater que les dettes avaient déjà pris l’ascenseur bien avant les opérations de sauvetage des banques à la fin des années 2000.

Ces énormes trous financiers ont en vis-à-vis des encaissements et des bénéficiaires. De nombreuses questions s’imposent. Il serait bon de savoir par exemple où sont passées ces sommes astronomiques?… Ont-elles servi à atténuer le choc de la mondialisation, avec ses lots de délocalisations, par un transfert au peuple à travers des dépenses publiques directes et/ou indirectes? Ont-elles servi à financer des travaux -de construction par exemple-  dont l’objectif a servi à faire tourner l’économie locale? 

D’autres questions se posent quant à l’enrichissement du système bancaire de plus de 2 trillions d’euros. Est-il convenable et concevable que le système bancaire privé ait eu l’immense privilège de créer ces 2 trillions d’euros ex nihilo qui lui auraient servi à acquérir des ressources ailleurs dans le monde?

Est-ce convenable et concevable qu’en plus de cette création monétaire inexpliquée, ces immenses dettes restent en mains privées prenant en otage un pays et son peuple? Quelle logique économique, voire même financière peut justifier autant de privilèges cumulés à une seule et unique corporation? Comment les dirigeants de la France peuvent-ils justifier pareille option injuste et injustifiable au pays des droits de l’homme et du citoyen?

Quel candidat à la présidentielle va remettre en question la création monétaire bancaire privée? Et alors, s’il devait exister, comment justifierait-il le maintien de la dette si le mécanisme qui la sous-tend est erroné?

Liliane Held-Khawam

dette administration publique france par sous secteur.PNG

Dette publique France 1979-2014T2.png

Source du graphique, Wikipédia

france dette des administrations publiques graphique.PNG

France Dette des administrations publiques au sens de Maastricht par sous-secteur en 2016

3 réflexions sur “40 ans de croissance de la dette française en 2 graphiques. Liliane Held-Khawam

  1. Bonsoir,

    Ces chiffres annoncent la ruine d’un pays auquels il faudrait mettre en parallèle la partie
    de production industrielle par rapport au pib.
    Et là le désastre est complet.
    Sans aucune possibilité de remonter la pente.
    Les synergies des autres compétiteurs étant dans des phases d’accélération.
    Ce qui va accroitre les différences.
    La notion du verbe et du plaisir par la dette va faire des ravages.
    Surveillons les taux d’intérêt. La clé de l’explosion est là.

    Jean SEGUR

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  2. On verra si le too big to fail s’applique aux états… et d’autres too big to fail sont dans des situations encore pires et tomberont bien avant la France (Japon, Italie…) qui au demeurant a largement les moyens de rembourser sa dette en allant taper dans les 12.000 milliards d’épargne des ménages. Les marchés le savent manifestement…

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  3. Ni convenable ni concevable pour autant qu’on ait une approche « fiduciaire » du phénomène généré, quand on sait que seulement 7% de l’argent en circulation concerne cette monnaie (espèces ou vrai cash), alors que les 93% restants concernent la monnaie scripturale, notamment les dépôts bancaires dans les comptes courants ou comptes chèques .

    Depuis les années 70, cette monnaie scripturale a insufflé le malaise grandissant de la finance mondiale dont les encours impalpables ne veulent plus rien dire.
    Si les chiffres atteignent des sommets vertigineux, que représentent-ils d’autre sinon une valeur virtuelle ?

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