Ces dirigeants acquis à la cause du business! Liliane Held-Khawam

Ca y est, nous avons une confirmation publique de la signature de l’accord de libre-échange entre la Suisse et le Canada. Un coming out qui, par un heureux hasard, suit de quelques jours la publication sur ce site de « Canada-Suisse: un traité de libre-échange signé en… 2008« .

Dans un article intitulé « La Suisse signerait le CETA les yeux fermés » que nous aurions eu envie de baptiser « Les Suisses ont signé malgré eux l’équivalent du CETA les yeux fermés« , l’information que nous devions avoir reçue en 2007 nous parvient en 2016. En prime, une photo de l’équipe signataire accompagnée de la date et du lieu de la rencontre… Vaduz 2007. Soit un retard de plus de 9 ans!

« VADUZ, le 28 juin 2007: Doris Leuthard, alors ministre des Finances, le Canadien Ted Menzies et la Liechtensteinoise Rita Kieber-Beck. L’accord de libre-échange signé ce jour-là entre le Canada et l’AELE, la Suisse le renégocie pour y introduire notamment une disposition spécifique relative à la protection des investissements. »
VADUZ, le 28 juin 2007: Doris Leuthard, alors ministre des Finances, le Canadien Ted Menzies et la Liechtensteinoise Rita Kieber-Beck. L’accord de libre-échange signé ce jour-là entre le Canada et l’AELE, la Suisse le renégocie pour y introduire notamment une disposition spécifique relative à la protection des investissements.
Et voici un extrait de l’article:
« Le CETA n’a pourtant aucune implication directe pour Berne. D’autant qu’un accord de libre-échange entre le Canada et l’Association européenne de libre-échange (AELE, qui comprend la Suisse, la Norvège, le Liechtenstein et l’Islande) est en vigueur depuis 2009. Il couvre le commerce des marchandises, notamment l’abolition des droits de douane pour les produits industriels. L’an dernier, les exportations suisses vers le Canada ont atteint 3,5 milliards de francs contre des importations à hauteur de 1,02 milliard.Mais, déjà en 2012 et à la demande de Berne et d’Oslo, des discussions ont été ouvertes pour une remise à jour de l’accord avec Ottawa. Le SECO entend y introduire le volet «Services» qui comprend notamment banques et assurances, voyage, tourisme, conseils.La Suisse, cinquième investisseur au Canada, pourrait aussi saisir cette occasion pour demander d’inclure une disposition spécifique relative à la protection des investissements et un mécanisme de règlement de différends. C’est justement ce point précis qui hérisse l’opposition au CETA à travers l’Europe. »

L’information est communiquée telle une évidence. Eh bien , il se pourrait que ce genre d’information qui arrive avec 9ans de retard puisse en déranger quelques-uns. Mais oui, ceux qui sont convaincus d’être un peuple souverain doté d’une démocratie directe ou même semi-directe….

Il va falloir informer ces gens sur le fait qu’ils n’ont plus leur mot à dire.

Il va falloir informer ces gens que les votations sont absolument inutiles, voire inutilisables.

Il va falloir leur dire que leur constitution s’est mutée en un gigantesque recueil de contrats bi ou multilatéraux qui font des confettis des législations nationales.

Il va falloir leur dire que leurs services publics ont été grandement privatisées.

Il va falloir leur dire que leur monnaie nationale ne vaut plus rien et que le slogan du franc fort est un pur marketing qui permet à la très souveraine BNS de se joindre à la fête globale de la liquidation des monnaies nationales pour mieux rejoindre la nouvelle monnaie unique mondiale.

Il va falloir dire à ces gens que les chiffres du chômage sont biaisés.

Il va falloir dire à ces gens que leur pays est en récession et ne s’en sort que parce que l’on brade les pâturages, la forêt, l’agriculture et tout ce qui va avec pour construire de vilains hangars et autres zones industrielles.

Le paysage suisse dépérit par la volonté de certains qui n’ont aucune sensation de satiété et d’autres qui ont intérêt à éloigner le plus possible le jour des explications sur l’effondrement financier du pays…

La signature de tous ces traités à commencer par Fatca a participé à tuer la place financière suisse. La flamboyante Genève est devenue l’ombre d’elle-même. Classée à plus de 20 au niveau des places financières mondiales, les financiers selon les besoins doivent aller chercher les fonds à Zurich.

Nous avons vu une équipe casser ce pays. Par ignorance? Par incompétence? Par corruption? Peu importe. Les résultats sont là. Et il faudra que certains vivent avec leur conscience. Et ça, ça ne s’achète pas.

Après cela et bien d’autres choses encore, oser traiter de complotistes les gens qui critiquent naïvement le système parce qu’ils sont mal informés, est au mieux un abus de langage.


Sans communication et sans transparence, se gargariser de démocratie relève au mieux du marketing et au pire du folklore.

Loin de moi l’idée de jeter la pierre à ce journaliste de l’Hebdo,  qui fait son travail et qui fait mieux que certains de ses collègues qui s’inquiétaient récemment de la pression que la Suisse allait subir suite à la signature du CETA par l’UE!

Non les responsables uniques de la mise en pièces de la démocratie, voire du pays et de sa Constitution, sont des élus qui dissimulent volontairement la vérité à la population qui paie pourtant leur salaire et autre rente à vie,  y compris lorsqu’ils sont administrateurs grassement payés par des groupes transnationaux, principaux bénéficiaires de leur politique.

Bref, ces traités de libre-échange sont éminemment importants car ils ne sont pas que commerciaux. Ils font exploser les législations nationales, les normes sanitaires et la protection des consommateurs pour le plus grand bénéfice de quelques-uns! Dans le cas de la Suisse, les principaux bénéficiaires de l’accord avec le Canada sont les grands groupes pharmas.

Entretemps, ces mêmes dirigeants acquis à la cause des firmes transnationales globales sont en train de nous servir, que dis-je? de nous imposer les OGM  qui sous peu seront semés en pleine terre. Tant pis pour les 8 millions de suisses forcés de consommer la M*** comme dit l’auteur de l’article ci-dessous. Tant pis pour la nature. Tant pis pour les générations à venir.

L’essentiel c’est que les nouveaux maîtres de l’échiquier-casino soient contents.

La démocratie est trahie. La Suisse est trahie. Les Suisses sont trahis. Tous ceux qui, de l’extérieur, croient que la Suisse est une belle démocratie sont trahis.

Tout compte fait, la Commission européenne a été plus transparente avec ses citoyens que ne l’a été Berne avec les Suisses.

C’est dire…

Liliane Held-Khawam

CETA, de la M**** dans nos assiettes. Jérémy Savioz (1dex.ch)3 novembre 2016

Le 16 octobre dernier, le président-ministre de Wallonie Paul Magnette faisait le buzz sur les réseaux sociaux avec un plaidoyer retentissant à l’encontre des dirigeants européens désireux de signer un vaste accord de libre-échange avec le Canada. Quelques jours plus tard, le leader aux allures d’irréductible gaulois acceptait pourtant un « compromis » qui n’en a que le nom. Le dernier rempart à l’arrivée du bœuf aux hormones dans nos assiettes a donc cédé.

« C’est de la merde » aurait crié Jean-Pierre Coffe. Avec CETA, l’Europe s’apprête en effet à inonder son marché de denrées nord-américaines produites selon des normes sanitaires et de qualité extrêmement basses, voire très mauvaises pour la santé. Pour comprendre cela, il faut d’abord évoquer le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement, plus connu sous son acronyme anglais TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), également appelé TAFTA (Transatlantic free trade area). Si ce nom évoque pour certain un groupe de pop-rock suisse du début des années 2000, il était il y a encore quelques mois le plus grand projet de libre-échange jamais imaginé, entre d’une part les USA et de l’autre l’Union européenne, ses 800 millions de consommateurs et ses industries équivalentes à un quart du PIB mondial. Le principe, relativement simple, tenait sur trois piliers : la quasi-suppression des droits de douanes (déjà très bas) pour booster l’import-export, l’ « harmonisation » des normes commerciales (nous y reviendrons) et la mise en place de tribunaux d’arbitrage pour, officiellement, protéger les entreprises d’abus de droit perpétrés par les Etats où elles s’installent.

S’il est légitime de parler de TAFTA au passé, c’est que le projet est aujourd’hui au point mort. L’opacité du traité, les négociations houleuses et la gourmandise des industries nord-américaines ont rendu de nombreux gouvernements européens sceptiques et soucieux pour leur souveraineté, notamment dans le domaine agro-alimentaire. Si l’opposition est née des milieux écologistes et de la population (plus de 3 millions de signatures récoltées via une pétition sur Internet), elle s’est rapidement étendue à d’autres mouvements et partis, notamment le FN en France, puis à des gouvernements entiers : Royaume-Unis, Belgique et France en particulier. Outre-Atlantique, Trump et Clinton se sont tous deux prononcés contre ce traité, signant de facto son arrêt de mort.

Un soulagement ? Certainement pas. Si beaucoup de négociateurs européens ne se sont pas obstinés sur TAFTA, c’est qu’un autre accord, mieux ficelé, était en préparation : le CETA (Comprehensive economic and trade agreement),  « Accord économique et commercial global » liant l’UE et, cette fois-ci, le Canada. Inutile de chercher de grandes différences entre TAFTA et le CETA, qui impliquent les mêmes mécanismes de suppression des barrières douanières (98% d’entre elles vont disparaître), d’harmonisation des normes et de juridictions indépendantes. La Wallonie a longtemps montré une farouche opposition à la signature de ce traité ; une opposition ayant valeur de veto puisqu’elle empêchait la Belgique et donc l’UE toute entière de ratifier le texte.

L’harmonisation des normes commerciales, en particulier, fait débat. Cette clause doit par exemple permettre aux constructeurs automobiles de vendre des modèles identiques sur les deux continents (jusqu’à présent, les normes diffèrent par exemple pour la taille des phares ou celle des pare-chocs). Mais c’est surtout l’application de ce principe à l’agro-alimentaire qui s’avère dangereuse. En effet, l’Europe applique un principe de précaution qui veut qu’un produit soit interdit tant qu’un doute subsiste sur ses risques pour le consommateur. Or, elle s’est dite prête à s’aligner sur le modèle canadien, qui préconise l’inverse : on attend que le risque soit avéré pour retirer un produit du marché ! Et nul besoin de préciser que le CETA signe l’arrivée en force des OGM non-labellisés (le Canada en est le 3ème producteur mondial), des pesticides, du bœuf aux hormones, du poulet blanchi au chlore et du porc enrichi à la ractopamine, une hormone interdite dans 160 pays. Ce principe « d’harmonisation » vaut d’ailleurs pour une multitude de domaines et permettra par exemple l’importation de gaz et pétrole de schistes obtenus par fracturation hydraulique, l’implantation de nouvelles compagnies de transport ou encore d’écoles privées pouvant exiger des subventions ; un affaiblissement du droit du travail et du droit syndical européen est même envisagé par les négociateurs canadiens.

Autre élément qui donne la nausée : la mise en place de tribunaux d’arbitrage, indépendants de la justice publique, pour régler les différends entre investisseurs et Etats. Le CETA, comme d’autres traités avant lui, autorise les entreprises à attaquer un Etat si celui-ci engage une politique publique allant à l’encontre de leurs intérêts. Certains exemples sont ainsi particulièrement marquants : L’Allemagne a été attaquée pour avoir décidé de sortir du nucléaire ; une société canadienne exige 250 millions de dédommagement à son gouvernement suite au moratoire québecois sur l’extraction de gaz de schiste sous le Saint-Laurent. Enfin, PhilIip Morris a traîné l’Etat australien devant les tribunaux pour sa politique anti-tabac.

Dans ce contexte, il est difficile de comprendre que seule une petite région d’Europe ait décidé de s’opposer au texte : la Wallonie, province de 3,5 millions d’habitants, trop peu pour véritablement inquiéter l’ogre CETA. Nul ne connaît précisément les pressions qu’a subies le président-ministre wallon Paul Magnette suite à son refus au soir du 16 octobre dernier. Toujours est-il que quelques jours plus tard, l’accord était finalement signé en grandes pompes, moyennant un compromis plus que discutable. La Belgique aurait en effet obtenu quelques garanties : le maintien de la législation européenne sur les OGM, le droit d’activer une clause de sauvegarde en matière agricole en cas de déséquilibre des marchés, des garanties sur les tribunaux d’arbitrage (les juges devraient être nommés et rémunérés par l’UE et non par les parties concernées qui pourraient alors influencer les sentences). Enfin, la Belgique pourra demander un avis à la Cour de justice de l’UE sur la conformité de ce fameux mécanisme d’arbitrage avec le droit européen.

Inutile d’avoir un doctorat en relations internationales pour comprendre que ces concessions ne sont rien de plus qu’un pétard mouillé. « La substance du traité n’a aucunement changé», a d’ailleurs rappelé Jean-Claude Juncker lui-même au moment de la signature de l’accord. Le CETA demeure une attaque frontale contre la souveraineté de l’UE, qu’il s’agisse de son système juridique ou de son industrie (agro-alimentaire en particulier). Un vrai traité, synonyme de progrès, se doit d’exiger des lois contraignantes en matière de santé publique, des normes sociales équitables, une protection du service public et une garantie des engagements climatiques, sur la base de critères au moins aussi stricts que ceux qui prévalent sur le continent européen.

Au final, beaucoup s’accordent à penser que le CETA n’est rien d’autre qu’un « cheval de Troie » de TAFTA. En effet, de nombreuses compagnies américaines ont des filiales au Canada qui leur permettront d’accéder au marché européen sans grande difficulté ; pour les autres, il leur suffira de déplacer leur siège social à Toronto ou Vancouver.

Reste pourtant une lueur d’espoir. Le traité n’est pour l’heure appliqué que de manière partielle et provisoire, le temps d’être ratifié par l’ensemble des parlements des Etats-membres et du Canada. Le psychodrame belge risque de faire des vagues dans d’autres pays de l’UE tout au long de ce processus, qui peut prendre des années. Il n’est pas impossible que certaines nations ouvrent les yeux sur les menaces émanant de ce traité et emboitent le pas à la Wallonie pour s’y opposer. Et ainsi sauver ce qui peut encore l’être.

15 réflexions sur “Ces dirigeants acquis à la cause du business! Liliane Held-Khawam

  1. Ce qui étonne c’est que la CETA est déjà entrée en vigueur complètement, selon la presse belge, avant que les parlements concernés l’approuve, un joli exemple de prévarication démocratique, si le mot démocratie signifie encore quelque chose, aussi après les mots du commissaire européen laisse songeur.
    http://www.lalibre.be/actu/international/pour-ce-commissaire-europeen-les-chinois-sont-des-brides-et-magnette-est-un-communiste-58161326cd70958a9d5a26b0

    Pour ce qui concerne la Suisse c’est un excellant article de LHK, d’une lucidité extrême qui mériterait de faire la une dans la presse suisse. Avis aux journalistes de la presse libre.

    Aimé par 1 personne

  2. Et regardez ce qui se passe en Grande Bretagne. On pourrait assister au plus gros hold-up démocratique de l’histoire… oseront-ils ?

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  3. « Post-démocratie »
    http://deutsche-wirtschafts-nachrichten.de/2016/11/05/wir-leben-mitten-im-weltkrieg-und-wissen-nicht-wer-der-feind-ist/
    « Nous sommes confrontés à une troisième guerre mondiale rampante,« l’ex-vice-chancelier autrichien Erhard Busek a déclaré à l’automne il y a quelque temps dans une interview pour le portail web Euractiv.

    Aucun pays en guerre dans l’histoire ont été régi par une démocratie, dans un pays en guerre toute information est muselée et déformer, le gouvernement fait passer des lois et des accords commerciaux avec peu ou pas de déclaration aux citoyens, mais puisque la guerre moderne n’est pas déclaré les citoyens ne sont pas informés, on ne voit que les conséquences économiques et les réfugiés, avec le mensonge de tous les gouvernements, qui est la nouvelle devise…..

    Voilà pourquoi en est transité sans le savoir à mon avis dans une post-démocratie.

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  4. Seb, vous trouver pas cela étrange ? La City au commande des journaux britanniques…..
    Plusieurs journaux britanniques à grand tirage ont publié des Unes incendiaires au lendemain de la décision polémique de la Haute Cour de justice britannique, qui a jugé que le Parlement devrait être consulté avant de pouvoir activer le Brexit.

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  5. Non pas du tout… ça s’appelle l’opium du peuple. Il faut bien les vendres ces torche-culs. Des titres incendiaires servant d’exutoires permettent de joindre l’utile à l’agréable.

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  6. En reprenant ici mon précédent commentaire « Post-démocratie » sur la situation politique actuelle.
    La « post -démocratie » est actuellement entrée dans sa phase ultime, le « new feudalism » a visage découvert, cela a été bien montré avec l’élection de Trump l’oligarque à la guide des US, mais il faut bien analyser la situation actuelle pour comprendre mieux les contradictions seulement apparentes, c’est-à-dire les liens qui unissent Trump et Putin et Marine Le Pen et Hassad et Hergodan est même le président du Mexique Enrique Pena Nieto d’un côté et le lien glacial des dirigeants anglais et européens et chinois et iraniens, y inclut le Vatican ???

    Comme dans le bon vieux temps du féodalisme les religions havent un rôle important entre toute disputes territoriales, malheureusement rien n’a changé dans notre temps moderne. Il s’agit bien d’une lutte mortelle entre les oligarques sataniques et les oligarques croyants (peut importe la religion) Il semblerait que les Suisses nous sommes dans le côté des oligarques sataniques, chose pas très sur parce que nos oligarques indigènes sont plutôt discrets, discrétion suisse oblige….

    Les oligarques croyants ont compris bien l’enjeu des différends traités commercial pour un nouvel ordre mondial satanique, cela est bien la raison pour laquelle s’opposent contre la vive opposition des oligarques américains sataniques qui recherchent de faire annuler la votation US par une guerre civile piloter directement par les fondations de l’oligarque satanique Soros, encore lui.

    Affaire à suivre attentivement.

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