Casques blancs: La conférence a eu lieu. Vidéo.

Reporters sans frontières a demandé au président du Club suisse de la presse d’annuler une conférence sur les Casques blancs.

Cette demande a été ressentie comme une censure et une atteinte aussi bien à la liberté d’expression qu’à celle  de la presse.

Les autorités suisses ont fort heureusement soutenu le Club et M Guy Mettan, et la conférence a eu lieu.

Compte tenu de ce qui précède, je partage la vidéo de la rencontre . LHK

Guy Mettan sommé d’annuler une conférence

Le Club suisse de la presse doit accueillir mardi une conférence de presse consacrée aux Casques blancs syriens. Un sujet sensible. Plusieurs fois récompensée pour son action sur le terrain au profit des populations civiles, l’ONG reste dans le collimateur des autorités syriennes et de son allié russe. Damas et Moscou n’ont eu de cesse de dénoncer la proximité de cette organisation crée par un ancien officier britannique avec les «rebelles syriens». Sous le titre «They don’t care about us» (Ils ne se soucient pas de nous. Casques blancs, leur véritable agenda), la conférence organisée lundi annonce la couleur. Ce qui n’est pas du goût de tout le monde.

Dans un courrier adressé jeudi au Club Suisse de la presse (lire ci-contre), Gérard Tschopp et Christiane Dubois, respectivement président et directrice de Reporters sans frontières (RSF) en Suisse, pressent son directeur, Guy Mettan, de renoncer à l’organisation de cette conférence de presse qui, selon eux, porterait «atteinte à l’image du Club suisse de la presse». Ils menacent de s’en retirer si la conférence n’est pas annulée. Ils accusent deux des intervenants – Vanessa Beeley et Marcello Ferranda De Noli, président de Swedish Doctors for Human Rights – d’être au service de «la propagande russe».

RSF, qui figure dans la liste des membres médias du Club suisse la presse, refuse d’être associé à un tel événement. Joint par téléphone, Guy Mettan avoue tomber de sa chaise (lire sa réponse intégrale ci-contre). «Je n’ai jamais vu une chose pareille, soupire le président. Voilà qu’une organisation qui défend la liberté d’informer me demande de censurer une conférence de presse

Guy Mettan, qui a souvent été «attaqué» pour ses engagements «prorusse», assure qu’il s’est toujours employé à donner la parole à tout le monde. «D’habitude, les pressions pour faire annuler des conférences de presse viennent de pays qui sont connus pour être des dictatures. La démarche de RSF me stupéfait. C’est prendre les journalistes pour des imbéciles. Comme s’ils n’étaient pas capables de se faire une opinion par eux-mêmes.» (TDG)

La lettre de RSF adressée à Guy Mettan

Genève, le 23 novembre 2017,

Monsieur le Directeur, cher Monsieur,

Nous avons eu connaissance de l’événement organisé par le Club suisse de la Presse le 28 novembre prochain: «They don’t care about us». About white helmets true agenda.» Nous avons également été interpellés sur notre «soutien» à cette conférence, le nom de notre organisation apparaissant dans la liste des membres médias.

Nous nous dissocions totalement de cet événement et ne souhaitons en aucune manière être associés à une conférence qui accueille une soi-disant journaliste, Madame Vanessa Beeley,qui justifie l’utilisation dela torture par lerégime syrien afin de le préserver.Quand bien même elle n’a jamais été publiée dans un média indépendant, il est étonnant qu’elle soit référencée au moins deux cents fois dans les médias russes de propagande (SputnikNews, Russia Today).

De plus, il est pour le moins inacceptable d’inviter Monsieur Marcello Ferranda De Noli, président de Swedish Doctors for Human Rights, une association qui, selon nos informations, agit comme un outil de propagande russe. Il est probable que vous n’avez pas eu connaissance de ces éléments d’information, nous tenons le cas échéant les liens utilesà cet effet.

Quoi qu’il en soit, nous vous invitons à renoncer à ce projet qui portera atteinte à l’image du Club suisse de la Presse. Selon votre décision, nous nous réservons l’opportunité d’étudier de conserver notre carte de membre.

Dans l’attente de vos nouvelles, nous vous adressons, Monsieur le Directeur, cher Monsieur, nos salutations les meilleures,

Gérard Tschopp et Christiane Dubois

La réponse de Guy Mettan à RSF

Chère Madame,
Cher Monsieur,

J’ai bien reçu votre courrier qui a retenu toute mon attention.
En ma qualité de membre fondateur de Reporters sans frontières aux côtés de François Gross dans les années 1980, je dois avouer que j’ai été atterré par sa teneur. Je peux comprendre que le fait de donner la parole à des voix dissidentes puisse susciter de la réprobation. Mais de là à exiger l’annulation de cette conférence de presse, il y a un pas dont je n’aurais jamais pensé que vous puissiez le franchir.

D’une part, cela me semble une atteinte grave à la liberté d’expression et en totale contradiction avec la «liberté d’informer et d’être informé partout dans le monde» que RSF prétend défendre dans sa charte et qui figure en toutes lettres sur votre papier à en-tête. Cela reviendrait ensuite à prendre les journalistes et les rédacteurs en chef pour des imbéciles incapables d’analyser les faits et les arguments qu’on leur présente et de se forger une opinion par eux-mêmes.

Par ailleurs, depuis 20 ans que j’exerce mes fonctions au Club suisse de la presse, j’ai toujours été soumis à des pressions afin d’empêcher des gens de s’exprimer. Mais jusqu’ici ces pressions sont toujours venues de régimes autoritaires ou dictatoriaux, tels que la Chine, l’Arabie saoudite, l’Egypte ou le Bahrein. C’est la première fois qu’une organisation de défense des journalistes d’un pays démocratique m’adresse une telle demande. Il va sans dire que je ne peux y donner suite. Ce serait déshonorer un métier qui, je l’espère, est toujours le vôtre.

Plutôt que de pratiquer la censure, je ne peux donc que vous proposer de participer à cette conférence de presse, comme je l’ai d’ailleurs suggéré aux partisans des Casques blancs, et de poser les questions que vous jugerez utiles aux intervenants. Pour ma part, fidèle à l’esprit d’ouverture et de recherche de la vérité qui caractérise le Club suisse de la presse depuis sa fondation, je suis naturellement prêt à accueillir une rencontre de presse avec les organisations qui soutiennent les Casques blancs afin qu’ils puissent faire valoir leur point de vue. Mais ils n’y ont pas donné suite pour l’instant.

Vous me permettrez de ne pas vous répondre en ce qui concerne les attaques personnelles que vous avez adressées à notre consœur Vanessa Beeley et à M. De Noli. Elles sont indignes du journalisme.

Enfin, je vous transmets par courrier séparé quelques-uns des innombrables messages de soutien que je reçois d’un peu partout dans le monde et qui me confortent dans la conviction que la liberté d’expression est désormais davantage menacée chez nous que chez les «autocrates» que vous prétendez dénoncer.

Avec mes messages confraternels

Guy Mettan

Source: https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Guy-Mettan-somme-d-annuler-une-conference/story/14091151

 

6 réflexions sur “Casques blancs: La conférence a eu lieu. Vidéo.

  1. Bonjour,

    Merci Liliane,

    Monsieur Dumas ancien ministre de Monsieur Mitterrand, aurait du être invité pour relater son entretien avec les services spéciaux de renseignements anglais pour lui demander qu’elle serait la réaction de la France =

    La deuxième partie moins connue serait les négociations  » préliminaires  » pour la passage
    sur le territoire Syrien de gazoduc en provenance d’Arabie Saoudite et du Qatar, qui s’est soldé par le refus de Monsieur Bachar , compte tenu des miettes proposées.

    Et maintenant, le nerf de la guerre étant toujours le même, les destinataires dits  » casques blancs  » ont vécu avec les miettes qui restaient au bout du rouleau. Le reste ayant certainement disparu au profit d’officines de toutes sortes.

    Beaucoup de bruits. Pour accompagner la souffrance.

    Jean SEGUR

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  2. « Propagande russe », « médias russes de propagande », « hackers russes »… toujours le même leitmotiv dans la bouche des médias (et assimilés) auto-proclamés vertueux. Et les médias Occidentaux, forcément, eux, ils ne font jamais de « propagande » ? Ils ne font jamais de promotion de leur point de vue, quitte à déformer les faits ou à en occulter une partie ? Bref, nos médias à nous, ils ne sont jamais partisans ? Foutaises… Le plus regrettable dans tout cela, c’est que ce sont tous les gens qui sont pris « pour des imbéciles incapables d’analyser les faits et les arguments qu’on leur présente et de se forger une opinion par eux-mêmes. » Avec des ficelles aussi grossières, il ne faut pas s’étonner de la défiance croissante des citoyens envers leurs médias, qui sont devenus pires que ceux qu’ils critiquent.

    Comme l’a écrit le grand reporter André Vltchek (citoyen américain né à l’époque en URSS) dans son livre « L’Occident terroriste » co-écrit avec Noam Chomsky : « Les Occidentaux font montre d’une crédulité ahurissante à l’égard de la propagande. Ayant grandi en Europe de l’Est je suis à même de savoir qu’on n’y croyait en rien les discours officiels du gouvernement. C’est pourquoi, d’une certaine façon, les gens étaient très conscients de ce qui se passait dans le monde et dans leur pays. Ils savaient tout des présumés « crimes » commis par leur propre système, mais n’étaient pas nécessairement au courant des crimes beaucoup plus horribles dont l’Ouest était responsable. Leurs perceptions étaient surtout influencées par la propagande occidentale, dont ils ont été alimentés pendant des décennies par l’entremise de stations de radio et de télévision. Si les Européens de l’Est subissaient un lavage de cerveau, celui-ci n’était pas attribuable à la propagande soviétique (jugée peu habile), mais bien à la propagande occidentale. »

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  3. Merci Liliane de revenir sur censure à propos de la conférence sur les « casques blancs » que Guy Mettant, Président du Club de la Presse, avait organisée. J’apprends donc qu’elle a eu lieu et cela m’a vraiment ravie. Je ne connais pas le contenu de cette conférence, mais le fait de l’avoir organisée signe Chez Guy Mettan un esprit d’indépendance admirable et son goût pour l’équilibre des offres en information. Sans cet équilibre, les débats seraient faussés dès le départ. Trop souvent nous devons nous contenter de communications unilatérales, ce qui revient à subir des propagandes et des mensonges.

    De mon point de vue, il a été le seul, en Suisse, à empoigner ce thème qui a été et sera, pour quelque temps encore, source d’interrogations sur l’identité des cette ONG des Casques-Blancs, parce qu’aucun journal écrit ou parlé de notre pays ne s’est avisé, à ce jour, à nous la présenter d’un peu plus près et il a bien fallu s’exiler dans d’autres territoires du journalisme, dans d’autres langues, pour en apprendre un peu de ce qui en est réellement sous la comédie des Casques Blancs – http://21stcenturywire.com/2016/06/21/who-are-the-syria-white-helmets/.
    Je mentionne ici au hasard des sites tels que Moon of Alabama, Zero Hedge qui en avaenit parlé peu après leur apparition, des sites bannis par l’impérieux Décodex – une stupide invention de l’éditeur Le Monde. Même les sites de certaines personnalités connues comme Paul Craig Roberts, Michel Collon et bien d’autres qui enseignent dans les grandes écoles et universités ont été calomniés et diabolisés. C’est le règne de minables pervers menteurs, de petits agents de la police de la pensée.

    Ce que je peux dire de mon ressenti sur le monde de l’information, est que les journalistes patentés ne sont pas libres et Reporters Sans Frontières – on commence à le savoir – sont la cinquième colonne corporatiste qui se met à occuper les entités de leur profession en vue de museler ceux qui bénéficient d’une audience de qualité, de crédibilité jamais démentie, qui deviennent des références sérieuses grâce à leur travail honnête et rigoureux.

    Pour moi, Reporters Sans Frontières sont des chiens de garde, les cerbères du temple des mensonges.

    Que les autorités de notre canton aient soutenu Guy Mettan et que la conférence ait eu lieu sont de bonnes nouvelles. Cela veut dire qu’il y a un début de prise de conscience sur l’état inquiétant des médias de notre pays et que le Club de la Presse représente un îlot, un flambeau solitaire qui survit pour nous éclairer. Peut-être, nos autorités ont-elles besoin que le silence se brise et que la porte s’ouvre sur des projets solides pour notre fragile économie: se retrouver à l’air libre et rejoindre les pôles de puissances montantes sans être sanctionné par la tutelle invisible.

    Si Reporters Sans Frontières n’avaient pas produit ce genre d’antécédents ailleurs, (et on se souviendra d’un de ses présidents, Robert Meynard, un psittacidé des propagandes de guerre), on pourrait en être choqué par cette injonction, mais que cela se produise en Suisse au sein d’un club privé de journalistes, il faut vraiment qu’il y ait eu, derrière cette injonction dans un mode de faire du plus mauvais goût, un désir de prendre le contrôle du club. C’était une tentative de coup d’état en son sein avec un but évident de renverser le Président au motif du discrédit qu’ils auraient fabriqué de toute pièce. Nous sommes tous surveillés!

    De quoi avaient peur ces deux auteurs RSF pour motiver une telle intimidation?

    Dans le même silence des grands médias, alors que l’U-Européenne se débat dans son propre enfermement, les grands pays qu’on nous appelle à dénigrer, continuent de construire le monde multipolaire, de réparer les régions mises à sac par l’Occident, avec ou sans les Européens. Ces pays ont subi pendant plus d’un siècle la domination et l’exploitation; après leur émancipation ils aspirent naturellement à la stabilité et à la sécurité qui leur permettront de déployer leur capacité de développement. Pour cela, ils ont besoin que leurs alliés et partenaires jouissent aussi de ces conditions élémentaires. Cela prouve qu’ils ont un programme pour le long terme et des ambitions plutôt pacifiques.
    Tout le monde ici, même l’illettré politique de la rue l’a compris et le pense mais il nous est interdit de le dire. Il est interdit aux journalistes de l’évoquer. Même la presse économique, intimidée, préfère s’auto-museller. Malgré ses commentaires enthousiastes, on y ressent surtout de l’immobilité. L’électrocardiogramme de notre économie montre un trait horizontal.

    https://www.les-crises.fr/russie-chine-un-tandem-qui-change-le-monde-par-gilbert-doctorow/

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  4. Bonjour,

    Les journalistes vivent dans la terreur de la fin de mois et de leurs emplois perdus.
    Ils ne faut attendre de ceux cis absolument rien.
    Au fond je les plains sincèrement.
    Ils naviguent au jour le jour sans projection de leurs convictions profondes.
    Par bonheur nous avons de nombreux blogs encore libres.
    Ils deviennent au fil du temps plus précieux chaque jour.
    Je suis devenu accroc de cette richesse qui est partagée.
    Un grand merci pour celles et ceux qui font cet effort de nous alerter.

    Jean SEGUR

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  5. Il semble que la charte de RSF et son slogan principal qu on trouve sur sa première page de son site est: « Agir pour la liberté du Journalisme et de la Presse ». C est une blague, non?

    Ces promesses de RSF n engagent que les simplets et les tordus de mauvaise foi qui les croient et nous, nous n en sommes pas. Avec l affaire de la conférence sur lesdits « Casques Blancs » montés par RSF et discutés par le Club Suisse de la Presse incluant les attaques infondées contre M. Guy Mettan, il faudrait que RSF change son slogan et dire: »Agir avec une violence inouïe pour museler le Journalisme et la Presse ».

    Bien à Vous (et certes pas à RSF!)
    Charles 05

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