
Le sentiment de « malaise dans la civilisation » n’est pas nouveau, mais il a retrouvé aujourd’hui en Europe une intensité sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. La saturation de l’espace public par des discours économiques et identitaires est le symptôme d’une crise dont les causes profondes sont institutionnelles. La Loi, la démocratie, l’État, et tous les cadres juridiques auxquels nous continuons de nous référer, sont bousculés par la résurgence du vieux rêve occidental d’une harmonie fondée sur le calcul. Réactivé d’abord par le taylorisme et la planification soviétique, ce projet scientiste prend aujourd’hui la forme d’une gouvernance par les nombres, qui se déploie sous l’égide de la « globalisation ». La raison du pouvoir n’est plus recherchée dans une instance souveraine transcendant la société, mais dans des normes inhérentes à son bon fonctionnement. Prospère sur ces bases un nouvel idéal normatif, qui vise la réalisation efficace d’objectifs mesurables plutôt que l’obéissance à des lois justes. Porté par la révolution numérique, ce nouvel imaginaire institutionnel est celui d’une société où la loi cède la place au programme et la réglementation à la régulation. Mais dès lors que leur sécurité n’est pas garantie par une loi s’appliquant également à tous, les hommes n’ont plus d’autre issue que de faire allégeance à plus fort qu’eux. Radicalisant l’aspiration à un pouvoir impersonnel, qui caractérisait déjà l’affirmation du règne de la loi, la gouvernance par les nombres donne ainsi paradoxalement le jour à un monde dominé par les liens d’allégeance. 19 août 2020
La gouvernance par les nombres est le titre d’un livre paru chez Fayard en 2015, qui rend compte d’une série de deux cours prononcés au Collège de France par Alain Supiot : le premier s’intitulait « Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres » (2012) et le second « Les figures de l’allégeance » (2013).
Chapitré et illustré, le film La gouvernance par les nombres, tiré du livre, est la résultante d’un long entretien avec le professeur Supiot. Exposé synthétique divisé en sept chapitres, il permet d’accéder avec fluidité au déroulement d’une pensée complexe qui nous ouvre les portes de l’histoire du Droit et du mode de gouvernement des hommes.
Nous découvrons comment le droit a toujours participé, avec l’art et la science, de l’imaginaire des hommes, véritable lien entre le réel et l’idéal, qui porte les civilisations.
Mais l’imaginaire industriel a fait son temps, et nous entrons aujourd’hui pleinement dans l’ère de l’imaginaire cybernétique, qui répond au vieux rêve occidental d’une harmonie fondée sur le calcul.
Un discours qui vise la réalisation efficace d’objectifs mesurables plutôt que l’obéissance à des lois justes, ne laissant aux hommes, ou aux États, d’autre issue que de faire allégeance à plus fort qu’eux, au mépris du droit social.
Véritable manifeste contre le Marché total et les usages normatifs de la quantification économique, ce film est un formidable outil pédagogique qui nous permet de pénétrer dans les arcanes du droit, les dysfonctionnements qui frappent l’Europe, et de mieux comprendre les soubresauts institutionnels qui bouleversent notre époque.
De quoi la gouvernance est-elle le nom ?
Dans ce premier chapitre, Alain Supiot analyse le passage d’un modèle de gouvernement fondé sur la loi à une « gouvernance par les nombres », un basculement qu’il qualifie de crise institutionnelle profonde. Le droit n’est pas qu’une technique, c’est une fonction anthropologique qui permet à l’être humain d’accorder sa vie biologique avec son imaginaire (le monde des représentations).
Historiquement, l’ère industrielle était dominée par l’image de la physique classique, voyant le monde comme une horloge et l’homme comme un rouage mécanique (taylorisme).
Après la Seconde Guerre mondiale, un nouvel imaginaire apparaît : celui de l’ordinateur et de la cybernetique. On ne demande plus aux individus une obéissance mécanique, mais d’atteindre des objectifs quantifiés.
C’est la « direction par objectifs » où l’individu est programmé pour s’auto-ajuster en fonction de résultats mesurables (le feedback). Ce changement se traduit par un nouveau vocabulaire : on ne parle plus de « gouvernement » mais de « gouvernance », ni de « loi » mais de « régulation ». Ce glissement vise à supprimer l’écart entre la règle et le sujet : l’individu doit incorporer la règle de manière spontanée, comme s’il était piloté par un programme.
Pour Alain Supiot, le dogme néolibéral actuel prétend que la simple juxtaposition des intérêts privés suffit à créer un monde juste, rendant inutile la définition d’un intérêt public. Or, cette vision fragilise les institutions qui sont censées être des lieux d’apprentissage de la liberté et du sens commun.
Chapitres : 00:14 – Le droit et l’imaginaire 03:29 – De l’imaginaire industriel à l’imaginaire cybernétique 08:03 – Les origines de la crise institutionnelle 11:24 – La mise en pilotage automatique des sociétés
Le rêve de l’harmonie par le calcul
Dans cette seconde partie, Alain Supiot explore l’évolution historique et philosophique de la quantification sociale, de l’Antiquité à l’émergence de l’État social. L’histoire occidentale est marquée par une aspiration récurrente à trouver les clés de l’harmonie sociale dans les représentations mathématiques.
Ce « rêve pythagoricien » postule que tout est réglé par le nombre, en s’appuyant sur l’analogie de l’harmonie musicale où des sons différents parviennent à produire une concorde.
Le nombre se distingue des mots par sa nature symbolique universelle ; là où le langage est sujet à l’interprétation, le chiffre offre une langue commune intelligible au-delà des frontières. La représentation quantifiée du réel s’est d’abord développée dans la sphère privée avec l’invention de la comptabilité en partie double par les marchands italiens à la fin du Moyen-Âge.
Parallèlement à l’invention du tableau dans l’art, cette technique visait à produire une « image fidèle » de la situation d’une entreprise pour établir la responsabilité du marchand. Un point de rupture est identifié à la fin du XXe siècle : l’abandon du principe de prudence. Historiquement, ce principe imposait d’enregistrer les biens à leur valeur d’achat plutôt qu’à leur valeur spéculative. Le passage à la « fair value » (valeur de marché instantanée) est présenté comme un facteur ayant contribué aux dérèglements financiers de 2008.
L’iconographie classique de la Prudence rappelle pourtant que la mesure et le calcul ne sont opérants que s’ils sont accompagnés de la conscience de l’expérience passée.
Au XIXe siècle, l’invention de la statistique transforme la perception de la société, qui devient un objet quantifiable placé devant le législateur. Cette capacité à mesurer le social a engendré deux courants de pensée divergents : le courant eugéniste qui attribue les comportements sociaux à des causes biologiques ou raciales, menant à des politiques de stérilisation ou d’extermination au nom d’une représentation scientifique du monde ; l’État social, qui postule au contraire que l’amélioration des conditions sociales permet d’améliorer les conditions physiques et biologiques des individus. L’État social est ainsi présenté comme un produit direct de cette volonté de s’appuyer sur le nombre pour légiférer et organiser la cité.
La croyance en un monde régi par les nombres 02:45 – L’invention de la comptabilité 05:15 – L’allégorie de la prudence 06:25 – L’essor de la statistique
Les noces du capitalisme et du communisme
Dans ce troisième chapitre de La Gouvernance par les Nombres, l’analyse d’Alain Supiot porte sur le phénomène d’hybridation entre les modèles capitaliste et communiste, un processus amorcé par les réformes de Deng Xiaoping et la chute du mur de Berlin. Ce basculement n’est pas interprété comme une simple victoire du capitalisme, mais comme la convergence de traits communs liés à la gestion par les chiffres.
Le modèle soviétique reposait sur un calcul d’utilité collective centralisé (le Gosplan). Ce système utilisait des « chiffres de contrôle » et des directives juridiques pour piloter l’économie depuis le centre vers la périphérie. Cette approche est qualifiée de « gouvernement par les nombres » en raison de la distinction maintenue entre les dirigeants et les exécutants. Des outils contemporains, comme le classement de Shanghai pour les universités, sont identifiés comme des sous-produits directs de ces techniques de planification soviétique. L’influence de l’école de Chicago et de théoriciens comme Richard Posner a introduit l’idée que toute règle juridique peut faire l’objet d’un calcul d’utilité. Cette doctrine se manifeste dans la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJEU) à travers le principe de proportionnalité.
Un exemple marquant est cité avec l’arrêt Viking, où la Cour soumet le droit de grève et la liberté syndicale à un calcul d’utilité économique. Dans ce cadre, le principe de dignité humaine, autrefois considéré comme intangible, est désormais « harmonisé » avec les impératifs de la libre entreprise et de la concurrence.
L’élargissement de l’Union européenne aux anciens pays du bloc de l’Est a renforcé cette vision instrumentale du droit au service de l’économie. La conversion de ces pays au néolibéralisme a été facilitée par une culture politique où la loi était déjà perçue comme un simple outil. En Chine, la constitution actuelle stipule que nul ne peut troubler l’ordre économique de la société, plaçant cet ordre au-dessus des droits sociaux.
Cette primauté de l’économique sur le juridique se retrouve également dans l’évolution des institutions européennes.
L’analyse souligne une perméabilité croissante entre la haute fonction publique et le monde de la finance. La « noblesse d’État » française, autrefois garante de l’intérêt général, s’est convertie au modèle du marché. Ce passage du secteur public vers des entreprises privatisées s’accompagne de bénéfices financiers personnels importants, marquant une rupture avec l’éthique traditionnelle du service de l’État. Ce mouvement est comparé à la transformation de l’oligarchie soviétique en classe capitaliste privée.
Chapitres : 00:15 – L’héritage soviétique 03:41 – Les reniements de la justice européenne
Les impasses de la gouvernance par les nombres
Dans ce chapitre 4 de La Gouvernance par les Nombres, l’analyse d’Alain Supiot explore les conséquences de la substitution de la loi par des objectifs quantifiés, soulignant une crise de la liberté individuelle et une déconnexion croissante vis-à-vis de la réalité.
L’analyse postule que l’autonomie du sujet n’est possible qu’au sein d’un cadre commun extérieur, ou hétéronome. L’exemple de la langue illustre ce principe : c’est en se soumettant aux règles préexistantes d’un langage qu’un individu acquiert la liberté de s’exprimer. La disparition de la loi commune au profit de la régulation par les nombres risque de transformer l’autonomie en une forme de dépendance ou d’allégeance envers les plus forts.
Dans l’univers cybernétique, le sujet tend à devenir un simple point de réactivité à des signaux, programmé pour ajuster son comportement selon un calcul d’utilité individuelle.
L’État occupait traditionnellement une fonction verticale de garant de « l’incalculable » (état civil, respect de la parole donnée, protection de l’environnement sur le long terme), permettant en retour le déploiement horizontal des contrats et du marché.
Le New Public Management cherche à abolir cette distinction en traitant l’État comme un simple opérateur économique.
Ce basculement force les entreprises privées à prendre en charge des questions de responsabilité sociale et environnementale autrefois dévolues à la puissance publique. On observe ainsi un double mouvement de privatisation de la chose publique et de publicisation du privé.
Contrairement à l’aliénation mécanique du travail industriel (Taylorisme), les nouveaux modes de gestion visent une emprise sur le fonctionnement cérébral. Les techniques psychologiques, telles que les entretiens d’évaluation, sont analysées comme des rituels de « feedback ».
Ces entretiens s’apparentent à une forme de confessionnal moderne où le travailleur doit se rendre transparent devant le manager. L’objectif n’est plus l’examen de conscience pour soi-même, mais une mise à nu permettant la reprogrammation des objectifs et des comportements de l’individu.
Une forme majeure de déshumanisation survient lorsque l’être humain est enfermé dans des systèmes de représentation (chiffres, symboles) entièrement coupés de l’expérience de la réalité. Cette rupture entre « la carte et le territoire » peut conduire à deux issues pathologiques : la fraude, Illustrée par l’affaire Volkswagen, où l’impossibilité d’atteindre des objectifs quantifiés contradictoires mène à l’utilisation de logiciels de triche ; le délire ou la dépression, illustrés par l’affaire Kerviel, où l’immersion dans un univers de symboles déconnectés du réel mène à des catastrophes financières.
En conclusion, le travail réellement humain est présenté comme une épreuve du réel où l’individu apprend à se connaître à travers ce qu’il est capable de produire, un équilibre menacé par le pilotage algorithmique des sociétés.
Le dépérissement de l’État
Dans ce chapitre 5 de La Gouvernance par les Nombres, Alain Supiot examine la remise en cause de la place centrale de l’État, un thème historiquement porté par le marxisme (Engels) qui refait surface sous les traits du néolibéralisme contemporain.
Ce basculement marque la fin d’un cycle où l’État social était perçu comme le rempart des démocraties contre les totalitarismes. Le modèle de l’État social, illustré par le discours des « quatre libertés » de Roosevelt, reposait sur l’idée que la protection économique des citoyens est une condition nécessaire à la survie de la démocratie.
À l’opposé, la pensée néolibérale, portée notamment par Friedrich Hayek, a cherché à renverser cette prééminence au profit d’un « ordre spontané » du marché. Cet ordre repose sur trois piliers fondamentaux issus de la philosophie de Hume : la propriété privée, la liberté contractuelle et la responsabilité civile. Cette idéologie du marché total a trouvé une consécration institutionnelle à travers deux leviers majeurs.
L’OMC (Organisation mondiale du commerce) : en soumettant les États à des règles relevant fondamentalement du droit privé, elle opère un renversement.
Désormais, les libertés économiques constituent la règle supérieure, tandis que les solidarités sociales sont traitées comme des exceptions locales ou des dérogations plus ou moins tolérées.
Les institutions européennes : celles-ci inscrivent les libertés économiques au sommet d’une hiérarchie quasi constitutionnelle, limitant l’action des États à des cadres de solidarité locale qui ne doivent pas entraver le marché. La globalisation permet aux multinationales de pratiquer le « law shopping », choisissant les législations les plus avantageuses et échappant ainsi à l’emprise des lois nationales.
Cette situation crée un vide juridique, illustré par la catastrophe du Rana Plaza au Bangladesh. En l’absence de juge international capable de trancher les responsabilités, les entreprises tentent de substituer à la loi impérative des démarches de responsabilité sociale (RSE), qualifiées ici de postures morales fragiles et peu tenables à long terme.
Le déclin de la loi commune, qui permettait de reconnaître tous les citoyens comme égaux, entraîne une fragmentation de la communauté politique.
Alain Supiot souligne les risques de ce délitement. Le retour du politique selon Carl Schmitt : Lorsque la foi en une loi commune disparaît, les groupes sociaux tendent à se reformer autour de la logique « ami-ennemi », cherchant des adversaires intérieurs ou extérieurs pour se définir. La crise du débat public : L’espace de la « controverse » (où l’on cherche une représentation commune de la société par l’échange d’idées) est remplacé par le « règlement de comptes ». Le débat public devient alors une confrontation visant à anéantir l’adversaire plutôt qu’à construire un sens partagé, signe d’une crise profonde des institutions.
Chapitres : 00:15 – L’inversion de la hiérarchie public/privé 05:26 – L’affaire du Rana Plaza 08:01 – La résurgence de la logique ami/ennemi
La mise à mal du travail
Dans ce chapitre 6 de La Gouvernance par les Nombres, Alain Supiot analyse comment les techniques de gestion industrielle, nées durant la Première Guerre mondiale, ont évolué pour aboutir à une mise en compétition généralisée des travailleurs et des systèmes de solidarité.
La Première Guerre mondiale est présentée comme la première expérience à grande échelle d’une gestion industrielle du matériel humain
Ce modèle de « mobilisation totale », théorisé par Ernst Jünger, a généralisé les méthodes tayloristes pour la conduite du conflit. Aujourd’hui, cette logique se retrouve dans la compétition économique mondiale (la « global race »), où le marché total occupe la place autrefois tenue par la guerre totale. Cette atmosphère de mobilisation permanente conduit à la suppression des limites protectrices du travail, comme l’illustre l’augmentation massive du travail de nuit ou du dimanche.
Le concept moderne d’emploi repose sur un pacte social né après la Première Guerre mondiale. Dans ce modèle, le travailleur renonce à son initiative et à sa liberté — un processus qualifié de « décérébration » par le taylorisme — en échange de compensations quantitatives : salaire, retraite et limitation du temps de travail. Ce pacte fondateur de l’État social s’effrite aujourd’hui, rendant nécessaire la redéfinition d’un « travail réellement humain » qui ne se limiterait pas à un simple échange marchand, mais permettrait une véritable émancipation.
La mondialisation des chaînes de production crée une dissociation entre les lieux d’exercice du pouvoir économique et les points d’imputation de la responsabilité.
L’exemple de la catastrophe du Rana Plaza illustre cette difficulté : les grands donneurs d’ordre peuvent tirer profit d’une organisation productive sans répondre des dommages humains qu’elle génère. L’analyse préconise une redistribution de la responsabilité indexée sur le degré de détention du pouvoir effectif au sein de ces réseaux d’allégeance.
L’idéologie néolibérale, notamment chez Friedrich Hayek, considère la solidarité comme un vestige archaïque faisant obstacle à la fluidité du marché ou « catalaxie ». Cette vision conduit à une hostilité envers la liberté syndicale, le droit de grève et les services publics.
Le démantèlement des solidarités instituées par l’État social ne supprime pas pour autant le besoin de protection des individus. En l’absence de cadres légaux communs, la solidarité tend à réapparaître sous des formes identitaires, communautaires ou tribales. Ces nouvelles formes de solidarité sont souvent décrites comme des solidarités de combat, marquant une rupture avec la bienveillance et l’universalité visées par le projet de mondialisation.
Chapitres : 00:15 – La mobilisation totale de 1914-1918 02:11 – De la guerre totale au marché total 05:18 – Réformisme et transformisme : les leçons de Bruno Trentin 09:37 – La responsabilité sociale des entreprises 11:59 – Le déclin des solidarités
Du déclin de la loi aux nouveaux liens d’allégeance
Ce dernier volet de La Gouvernance par les Nombres met en évidence un paradoxe : la quête d’un pouvoir impersonnel via le pilotage par les nombres favorise paradoxalement le retour de formes de dépendance personnelle.
La structure du management moderne, fondée sur la direction par objectifs, est analysée comme une transposition de la « tenure service » du droit médiéval. Dans ce modèle, une sphère d’autonomie est accordée à un subordonné (travailleur, entreprise ou État moins puissant) à condition qu’il rende compte de son activité au bénéfice exclusif de son supérieur ou « suzerain ».
Ce retour de l’allégeance est accentué par l’affaiblissement de l’État social.
Lorsque la loi commune ne garantit plus la sécurité de tous, les individus et les entités cherchent protection auprès de puissances plus fortes, acceptant en échange un lien de service et de dépendance. La gestion de la crise grecque en 2015 est citée comme une illustration majeure de ce basculement. L’accord imposé à la Grèce est décrit comme un acte de soumission où le peuple souverain est mis sous tutelle d’un administrateur judiciaire (la Troika). Cette approche traite l’État défaillant comme une entreprise en faillite, ce qui entre en contradiction directe avec les principes démocratiques. L’analyse récuse l’idée d’un retour au Moyen-Âge, y voyant plutôt la réactivation de structures de gouvernement permanentes dans l’histoire humaine, comme le modèle de la féodalité. Face à la mondialisation, chaque société est encouragée à inventer sa propre modernité en s’appuyant sur sa tradition juridique spécifique. La pratique actuelle des réformes, qualifiée de « chirurgie du docteur Frankenstein », est critiquée lorsqu’elle tente de greffer des éléments de droits étrangers incompatibles avec le terreau national. En France, les réformes sociales récentes (comme la loi El Khomri) sont jugées problématiques car elles privilégient l’expertise technique au détriment de la négociation issue de l’expérience pratique des acteurs du terrain. L’histoire du XXe siècle (traités de 1919 et 1944) montre que la justice sociale n’est pas un idéal utopique, mais une nécessité pragmatique pour éviter la violence et la guerre. L’injustice croissante et le démantèlement des solidarités sont présentés comme des facteurs prévisibles de désordres futurs. L’urgence politique réside donc dans la reconnexion des décisions avec l’expérience vécue des populations. La chose publique doit être réappropriée par les citoyens pour ne plus être confisquée par une classe d’experts ou de politiciens professionnels déconnectés de la réalité sociale. Chapitres : 00:11 – Le retour des liens d’allégeance 05:18 – Le gouvernement par les hommes et par les lois 10:31 – L’exemple français : la réforme du code du travail 14:15 – La justice sociale : condition de la paix sociale
ANNEXE1

Des palmarès variés connaissent une grande diffusion (souvent sous l’appellation anglo-américaine de benchmarking), en hiérarchisant les lycées, les Universités, et même les nations. Ce passage par la quantification, loin de fournir une image neutralisée des phénomènes, les transforme et les performe.
Ce livre propose des études de cas précis, enquêtes sur le budget des familles, commissions du plan, statistiques locales ou comptabilité nationale, analysant la production des statistiques publiques et leur usage par les autorités publiques. Et l’on verra comment la statistique s’est imposée à la fois comme un outil de preuve, dans les sciences empiriques, et comme un outil de gouvernement, selon l’intuition que Foucault avait déjà présentée dès les années 1970 sous le nom de gouvernementalité.


L’évolution industrielle, de la science et des sociétés finit par se confondre et fusionner. L’homme devient une machine, une chose, un ordi, un élément d’un tout, une fraction de l’ensemble.
On appelle cela la réification de l’humain.
La gouvernance par les nombre traduit cette évolution qui privilégie les sciences mécaniques, dures et exactes (mathématiques, physique, informatique, technologies) sur les sciences humaines, molles et versatiles (art, esthétique, morale, littérature, philosophie et religion).
La mondialisation et les voies de communications multiples et rapides favorisent l’apparition de grandes structures, de multinationales, d’institutions supra-nationales et de gouvernances mondiales qui structurent toujours plus les domaines de la vie.
Le structuralisme structure le système de fonctionnement de la société et de l’individu qui doivent s’adapter. Ce faisant, la structure remplace la réflexion et le libre-arbitre qui deviennent indésirables, car la structure implique des protocoles et des codes uniformes sans possibilité de transiger.
Le sujet qui évolue dans un monde numérique codifié et artificiel devient un rouage du système et privé de liberté. Le structuralisme structure aussi la conscience pour qu’elle suive sans contestation. C’est le Cyborg qui ne se reproduit plus. La famille et l’hétérosexualité n’ont plus lieu d’être.
Il s’agit bien d’un changement complet de nos habitudes, de nos comportements et de nos êtres. Tout est contre nature.
Lorsque l’on s’intéresse aux sujets qui concernent notre avenir, il faut prendre le temps de réfléchir pendant que c’est encore autorisé par les initiés kabbalistes qui nous dirigent.
Si rien ne vient interrompre leur programme, nous allons devenir des jouets entre leurs mains et certains vont passer à l’abattoir.
Derrière l’évolution sociale, il y a des stratèges appelés les supérieurs inconnus. Par cooptation, ils places leurs disciples à la plupart des postes-clés dans tous les domaines du fonctionnement de la société. En politique, ce sont les young global leaders.
Maintenant, on entrevoit comment le monde s’organise pour le meilleur ou surtout pour le pire.
LES QUESTIONS à se poser sont les suivantes :
1. qui sont les stratèges du plan organisationnel ?
2. quels sont leurs doctrines religieuses, spirituelles et philosophiques ?
3. comment fonctionne le réseau qui met en place le structuralisme social ?
4. peut-on leur faire confiance ?
REPONSES :
1. Le pouvoir profond des sociétés secrètes : les initiés judéo-égyptiens, les 13 familles, la noblesse noire, l’oligarchie, l’aristocratie européenne résiduelle, la Fondation Rockefeller, BlackRock, Vanguard, Palentir, Elon Musk et tout le gratin satanique.
2. La grande majorité suit la Kabbale et ses satellites : judaïsme ésotérique talmudique, sabbato-frankisme, monisme métaphysique, Ancien-testament, hermétisme, néo-platonisme, néo-pythagorisme, cosmopolitisme, cultes du Cosmos, culte de Baal, manichéisme, sciences occultes, etc.
3. Par les sociétés secrètes du WEF, Bilderberg, Berggrüen, Trilatérale, Skull and Bones, Bohemian’s Club, CFR, maçonnerie, Club de Rome, Institut Tavistock, adeptes du pentagramme, réseau Epstein.
4. Non
CONCLUSION :
Alain Supiot dévoile le plan des suppôts de Satan. Les mêmes qui ont commandé les spectacles d’ouverture des JO de Londres en 2012 et de Paris en 2024, annonciateurs de l’avenir qu’ils nous préparent. La pandémie en 2012 et Dionysos et le satanisme se moquant du Christ en 2024.
Ce plan est la mise en esclavage de l’Humanité à réduire drastiquement.
Les satanistes veulent un monde qui leur correspond, selon leurs croyances et leurs intérêts de minorité avide de pouvoir et de domination. Dans leurs livres, les Gentils ne sont pas bien vus, car le Christianisme défend Dieu auquel ils ne croient pas, la Raison, le réalisme, le respect de la Création, le temps linéaire, l’âme individuelle, le libre-arbitre, la liberté de penser par soi-même, l’universalisme et l’égalité devant Dieu.
Les peuples sont influencés par la propagande, les médias mainstreams, la presse, la doxa, le cinéma, les livres et l’instruction publique, tous aux ordres des gourous du satanisme mondial.
Il suffit de dire non.
Qu’est-ce qui prouve solidement que Satan existe ?
@Sprikritik
Satan n’existe pas.
Ce qui existe et que l’on nomme Satan, ce sont ceux qui cultivent leur cerveau reptilien, le cerveau inférieur primitif, producteur des intentions criminelles contre l’Humanité. On sait que les initiés des sciences occultes pratiquent des cultes à des démons (Baal, Baphomet, Moloch, Seth,..) pour stimuler leurs cerveaux reptiliens, à l’intérieur de sociétés secrètes ritualistes. On les appelle les satanistes. Ils pratiquent des sacrifices. Ils n’ont pas suivi le Christ et sont restés antiques dans leur esprit et dans leurs croyances.
Les satanistes inversent la pensée rationnelle, le langage, la morale et l’ordre naturel. Ils détruisent les civilisations, le sacré et la foi en Dieu. Ils mentent et manipulent la population par l’ingénierie sociale. Ils sont pour une société à deux vitesses entre eux et les non initiés (Goyim) qu’ils traitent comme des sous-hommes. Ils sont nazis et amoraux. Ils sont obsédés par la volonté de puissance, la richesse, les pouvoirs et l’autodéification.
Tous les adeptes du messianisme mondialiste sont sataniques. Ils combattent le Christianisme depuis 2000 ans avec la Kabbale qui signifie complot. Ils sont attachés à l’Antiquité, à l’idéalisme, aux mythes, à l’irrationnel, à la sorcellerie, à la démonologie et au tribalisme. Ils entretiennent perpétuellement des guerres. Ils fomentent des révolutions sanglantes, la terreur rouge et des génocides. L’Histoire nous prouve cela.
Macron, von der Leyen, Merz, Klaus Schwab, Harari, Attali, le WEF et les Young global leaders sont tous sataniques et des suppôts de Satan (Satan voulant dire le cerveau reptilien dominant de celui qui s’est initié à la démonologie et aux sciences occultes).
Le transhumanisme est leur but pour faire disparaître l’espèce humaine.
J’espère que vous n’êtes pas d’accord avec eux !
» La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu’il n’existe pas « . C. Baudelaire